Toqué de toccata / 12 – Quand le jazz est là…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata / 12 – Quand le jazz est là…

« Artificiellement séparés par deux écoles, deux techniques et deux visions du son, le pianiste classique et le pianiste de jazz sont deux frères jumeaux, voire deux frères siamois, que la musique réunit parfois lorsque les barrières de nos préjugés s’effacent soudain. » 

La rencontre entre la toccata et le jazz était inévitable ? Elle eut donc lieu… Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

Quelques pages (sonores) de l’album de famille, Illustrées par des citations empruntées au « Dictionnaire amoureux du Piano » d’Olivier Bellamy (Plon).

Lire, voir, écouter . . .

Toqué de toccata /11 – II – … Et tous ensemble !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /11 – II – … Et tous ensemble !

Parmi tous ces nombreux compositeurs du XXème siècle – pas tous très connus certes – qui ont réservé dans leurs œuvres orchestrales une place de premier rang à la forme toccata, deux, différents l’un de l’autre à mille points de vue, ont utilisé le polymorphisme expressif du genre pour brosser musicalement une peinture de leurs pays et de leurs peuples respectifs : Heitor Villa-Lobos au Brésil et Dimitri Chostakovitch en URSS.

Mais, quand la toccata orchestrée par Villa-Lobos dans ses « Bacchianas brasileiras », se propose de jouer avec l’insouciance du folklore ou la légèreté légendaire du peuple brésilien, celle de Chostakovitch, autres lieux – autres mœurs, dépeint et dénonce avec vigueur et réalisme les souffrances extrêmes du peuple russe confronté aux fléaux de son temps, le fascisme, le stalinisme et la guerre. 

Tous ensemble ! L’orchestre symphonique :
Toccata de la légèreté, toccata du désespoir…

Lire, voir, écouter… écouter… écouter…

Toqué de toccata /11 – I – À un… À deux… À trois…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /11 – I – À un… À deux… À trois…

Pavel Kotlarevsky (Russe – 1885-1950), Still life with violin – 1913

Les compositeurs du XXème siècle, toujours plus nombreux, libèrent la toccata de son univers de prédilection, le clavier, lui offrant de mettre désormais à l’épreuve la virtuosité d’autres musiciens, sur d’autres instruments, à cordes, à vent, à percussion.

Corollaire naturel de cet affranchissement, ces musiciens, comme ils en ont l’habitude, se regroupent en diverses formations, et c’est en duo, en trio… ou même en formation d’orchestre symphonique qu’ils exercent leurs talents autour de la toccata.

La toccata

À un…

À deux…

À trois…

Lire, voir, écouter . .  .

Toqué de toccata /10 – Mes « matriochkas »

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :


Toqué de toccata /10 – Mes « matriochkas »

Serge Prokofiev, Dimitri Chostakovitch et Aram Khatchatourian (vers 1945)

 

Dès le début du XXème siècle, les compositeurs et pianistes russes, comme leurs confrères européens, prennent le plus grand goût au style de la toccata.

Très tôt, le jeune Sergueï Prokofiev va composer des pièces d’une audacieuse virtuosité, inspirée du style de la toccata, pour ses exercices personnels d’abord, puis pour la publication. Si la « Toccata en Ré mineur – opus 11 » affiche clairement son genre dans son intitulé, certaines autres pièces, authentiques perles du genre, n’en porteront pas le nom, cachées qu’elles seront derrière d’autres appellations, comme le Finale de la 7ème sonate, par exemple. Un joyau du genre.

De la même manière, nombre des compositeurs qui succèdent à cet enfant terrible de la musique russe, eux aussi épris du style de la toccata, dissimulent derrière d’autres intitulés, indications de tempo ou type de mouvement, les toccatas qu’ils composent et que seule l’écoute révèle. 

Une toccata dans un prélude de Chostakovitch, une autre dans un mouvement au titre presque romantique d’une sonate de Myaskovsky…

Jeu de poupées russes musicales au cours duquel j’ai choisi, pour le plaisir, quelques « matriochkas »…

Lire, voir, écouter . . .

Toqué de toccata /9 – II – Marquises des anches

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /9 – II – Marquises des anches

Orgue de l’église des Carmélites – Porto

Eugène Gigout en 1890, Léon Boëllmann quelques années plus tard, et Louis Vierne dans le premier quart du XXème, entre autres musiciens, ont composé, dans l’ esprit nouveau qui depuis Widor anime le retour de la toccata, de remarquables pièces du genre. Malgré l’excellent accueil que chacune d’elles a reçu, aucune n’aura obtenu la consécration dont furent, et sont encore, honorées leurs aînées.
Ainsi me suis-je permis, avec la même audace et le même sourire que précédemment, de baptiser ces nouvelles venues « marquises des anches », elles qui ne peuvent prétendre au titre de « madones des sommiers » que j’ai voulu réserver aux incontournables toccatas de Jean-Sébastien Bach et de Charles-Marie Widor.

Lire, voir, écouter . . .

Toqué de toccata /9 – I – Madones des sommiers

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /9 – I – Madones des sommiers

Orgue de Sainte-Marie d’Elseneur, dont Dietrich Buxtehude est titulaire entre 1660 et 1668

Entre Renaissance et époque baroque, la toccata se construit et se répand à travers l’Europe, portée par la séduction que ne manque pas de provoquer la liberté d’expression musicale dont elle est le vecteur. De Claudio Merulo à Dietrich Buxtehude, elle ne cesse de solliciter l’esprit d’invention et d’improvisation des clavecinistes et des organistes, jusqu’à se constituer en véritable école de style : le « stylus phantasticus ».

De retour d’un voyage à Lübeck auprès de cet immense organiste qu’il admire, Dietrich Buxtehude, le jeune Jean-Sébastien Bach, va, lui aussi s’approprier cet art de l’invention et de l’improvisation consubstantiel à la toccata, pour le conduire à son plus haut sommet, à travers ses compositions pour orgue. Dont, évidemment, la célébrissime « Toccata et fugue en Ré mineur » que toute évocation de la toccata se doit de citer.

Ses toccatas feront des émules de grand talent à la fin du XIXème siècle, ainsi Charles-Marie Widor dont le dernier mouvement, « toccata », de sa « Symphonie pour orgue N°5 », connaîtra à lui seul un succès si vif qu’il finira par estomper un peu trop le reste de son œuvre magistrale. 

De Bach ou de Widor, ces deux toccatas sont incontestablement les plus appréciées et les plus jouées dans le monde.

L’enthousiasme qu’elles ne manquent jamais de provoquer dans les églises, sous les buffets, ne vaut-il pas que dans un sourire admiratif je les baptise…

… « madones des sommiers » ?

Lire, voir, écouter  . . .

Toqué de toccata /8 – Trois mousquetaires…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /8 – Trois mousquetaires…

Les trois mousquetaires ne sont-ils pas toujours quatre ? Ainsi, cette compositrice et ces trois compositeurs français de la fin du XIXème siècle ont-ils remis, chacun pour sa part, sur la scène musicale, la « toccata » que les « romantiques » avaient abandonnée.

Choisissant d’assumer pleinement le caractère virtuose qui la caractérise ils n’hésitent pas, au travers des exigences techniques qu’ils combinent, à la traiter souvent comme une « étude ». Mais, Debussy et Ravel ne sont pas loin qui préparent déjà les remarquables toccatas qui les surpasseront toutes.

Lire, voir, écouter . . .

Toqué de toccata /7 – Paradisi per tutti…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /7 – Paradisi per tutti…

Pietro-Domenico Paradisi /  Naples,1707 – Venise 1791

« Paradis pour tous »… Paradis, peut-être, et peut-être pas ?

Une toccata hypnotique, addictogène, qui pourrait bien nous emporter dans son joyeux enfer, comme elle a envoûté les instrumentistes de tout poil qui n’ont eu de cesse de la transcrire pour se l’approprier.

Le compositeur qui lui a donné vie, ironie de l’histoire, se nomme Paradisi… 

Paradisi per tutti gli strumenti…

Lire, voir, écouter . . .

 

Toqué de toccata /6 – Schumann

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /6 – Schumann

Robert Schumann 1810-1856

« Cher Robert, ta toccata serait tellement, tellement plus facile à quatre mains... »

C’est par cette plaisanterie admirative que la très jeune Clara Wieck, déjà virtuose du piano, accueillit la Toccata opus 7 de son amoureux de 25 ans, Robert Schumann, dont elle deviendra bientôt l’épouse dévouée que l’on sait.

La « Toccata » de Robert Schumann, rare, sinon unique, vestige, au XIXème siècle, des toccatas baroques, demeure encore aujourd’hui une des pièces les plus difficiles du répertoire pour piano. Son appellation initiale laissait déjà peu de place à l’équivoque : « Étude fantastique en double-sons »…

Mais elle apparaît pour tous les pianistes comme une véritable injonction contradictoire, exigeant de l’interprète qu’il marie en une seule exécution agilité technique de premier ordre et sensibilité poétique.

Lire, voir, écouter . . .

Toqué de toccata /5 – « Génie oblige »

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :


Toqué de toccata /5 – « Génie oblige »

« Que la virtuosité soit [à l’artiste de l’avenir] un moyen et non une fin ; qu’il se souvienne toujours, qu’ainsi que noblesse, et plus que noblesse sans doute, Génie oblige. » 

Franz Liszt

 

J-S Bach 1685-1750

Mais qu’on ne se laisse pas aller à la facilité de croire que le Génie se vautre nécessairement dans l’austère… 

« Bach c’est Bach comme Dieu c’est Dieu ! »  – Hector Berlioz

Lire, voir, écouter la suite . . .