Toqué de toccata /11 – I – À un… À deux… À trois…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /11 – I – À un… À deux… À trois…

Pavel Kotlarevsky (Russe – 1885-1950), Still life with violin – 1913

Les compositeurs du XXème siècle, toujours plus nombreux, libèrent la toccata de son univers de prédilection, le clavier, lui offrant de mettre désormais à l’épreuve la virtuosité d’autres musiciens, sur d’autres instruments, à cordes, à vent, à percussion.

Corollaire naturel de cet affranchissement, ces musiciens, comme ils en ont l’habitude, se regroupent en diverses formations, et c’est en duo, en trio… ou même en formation d’orchestre symphonique qu’ils exercent leurs talents autour de la toccata.

La toccata

À un…

À deux…

À trois…

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Zambra Mora

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Zambra Mora

Xuefei Yang

La guitare fait pleurer les songes.
Le sanglot des âmes perdues
s’échappe par sa bouche ronde.
Et comme…

Federico Garcia Lorca

 

Et quelques lignes à propos de la très sensuelle « Zambra Mora »,

tradition musicale et chorégraphique espagnole aux origines multiples…

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Un sanglot, une guitare

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Un sanglot, une guitare

Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare

Aragon (« Il n’y a pas d’amour heureux »)

Hubert Käppel – guitare

Hubert Käppel interprète la Fantaisie en Ré Majeur de David Kellner (1670-1748)

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Corde sensible

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Corde sensible

NobukataFemme avec lyre (détail) – XVIIe

« Le trémolo, c’est-à-dire la création d’une ligne mélodique par la répétition rapide d’une même note aiguë accompagnée par les notes graves de l’harmonie, est l’un des effets les plus charmeurs que la guitare puisse produire. »

Charles Duncan
Pédagogue américain de la guitare, auteur de « The Art of Classical Guitar Playing »

* * *

Deux magnifiques pièces emblématiques du répertoire pour guitare dans lesquelles l’usage du tremolo est porté au paroxysme de l’enchantement :

« Recuerdos de la Alhambra » (Souvenirs de l’Alhambra de Grenade) composé en 1896 par Francisco Tarrega comme un écho aux sonorités d’une des fontaines du palais.

« Una limosna por el amor de Dios » (Une aumône pour l’amour de Dieu), écrite par Agustin Barrios peu de temps avant sa disparition en août 1944.

A la courte liste des guitaristes qui ont frisé la perfection dans l’exécution du trémolo, il faut désormais ajouter, incontestablement, une jeune virtuose sud-coréenne déjà au sommet de son art :

Kyuhee Park

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Après un regard sur le monde…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Après un regard sur le monde…

« Dans les grandes perplexités astreins-toi à vivre comme si l’histoire était close et à réagir comme un monstre rongé par la sérénité. »

Cioran – « De l’inconvénient d’être né »

Andrew YorkHome

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Un cœur en automne /8 : Souvenirs à six cordes

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Un cœur en automne /8 : Souvenirs à six cordes

Ressouvenir

Ô passé des chants doux ! ô l’autrefois des fleurs !…
Je chante ici le chant des anciennes douleurs.

[…]

Renée Vivien (1877-1909)

Un cocktail mélancolique comme une potion cosmopolite du bonheur :

– Quelques vers languides d’une belle poétesse française,

– Une partition de musique nostalgique d’un compositeur brésilien,

– La délicate virtuosité d’une interprète chinoise…

 … faisant chanter la guitare d’un légendaire maître facteur espagnol.

Xuefei Yang

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Le vide et la nuit

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Le vide et la nuit

Réduit au plus ténu du souffle

Être pure ouïe

Et faire écho en silence

Au respir des sycomores

Quand l’automne

François Cheng – A l’orient de tout – Poésie /Gallimard

Une poésie et une musique qui n’avaient sans doute pas envisagé de se côtoyer d’aussi près.

Le plaisir n’est-il pas dans l’imprévu de la rencontre de deux belles sensibilités que rien ne permettait de présager ?

Et pourtant leur dialogue au bord de la nuit semble se confondre dans un même écho…

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Julia Florida

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Julia Florida

« Como queja de tu alma solitaria
« en cuya triste y mística plegaria     

  « florece sin cesar el sentimiento. »

 

La sérénade, l’homme mur que l’on surnommait alors, à juste raison, « le Paganini de la guitare », Agustin Barrios « Mangoré », l’avait certainement donnée à la jeune Julia Florida Martinez, de trente ans sa cadette, mais certainement pas à la manière d’un jeune premier grattant…

Agustin Barrios Mangoré (1885-1944)

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De la terre à l’âme : El duende

« Ces sonorités noires sont le mystère, les racines qui s’enfoncent dans le limon que nous connaissons tous, que nous ignorons tous, mais d’où nous vient ce qui a de la substance en art. Des sonorités noires, a dit l’homme populaire d’Espagne et il a rejoint en cela Goethe, qui donne la définition du duende à propos de Paganini, en disant : “Pouvoir mystérieux que tout le monde ressent et qu’aucun philosophe n’explique.”

Ainsi donc, le duende est dans ce que l’on peut et non dans ce que l’on fait, c’est une lutte et non une pensée. J’ai entendu un vieux maître guitariste dire : “Le duende n’est pas dans la gorge ; le duende remonte par-dedans, depuis la plante des pieds.” Ce qui veut dire que ça n’est pas une question de faculté mais de véritable style vivant ; c’est-à-dire, de sang; de très vieille culture et, tout à la fois, de création en acte.

Ce “pouvoir mystérieux que tout le monde ressent et qu’aucun philosophe n’explique” est, en somme, l’esprit de la Terre… »

Federico Garcia Lorca

(« Jeu et théorie du duende » – Ed. Allia 2010 – Traduction Line Amselem)

La vie, l’amour, la mort, le sang des hommes, la terre qui les amalgame, tout le sud brûlant de l’Espagne dans la voix « flamenco puro » de cette jeune cantaora, Rocio Marquez qui chante un « palo » des mineurs de la Sierra minera de Cartagena-La Unión, située dans la région de Murcie. La terre jusqu’aux tréfonds.

Si la peau se tend sous le frisson, si le poil se dresse, si un picotement de l’œil annonce la larme, alors il est là, « el duende ».   

Rocio Marquez n’a pas, dit-on, d’origine gitane, à l’entendre chanter le Flamenco on a quelque difficulté à le croire. Mais c’est sans doute cela qui lui confère aussi les libertés artistiques – de bon ton – qu’elles s’octroie en s’associant, souvent pour le meilleur, avec des musiciens moins traditionnels.

Il y a peu, à l’Olympia, sa voix et une guitare, dans la plus pure tradition  :

Et en décembre dernier, un vendredi flamenco à Pozoblanco, avec son accompagnateur habituel à la guitare, Manuel Herrera :

Elle chante les rêves d’une femme qui donnerait tout pour retrouver les promenades de son enfance sur le sable blanc de la plage, les appels de sa mère depuis la fenêtre de la maison, les regards chargés de désir des garçons, les roucoulades avec son amoureux… et le bruit des vagues d’autrefois.

« Que no daria yo » (Que ne donnerais-je pas…)

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