Jaune ! Dans l’air du temps…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Jaune ! Dans l’air du temps…

En exergue de la partition l’indication martiale du compositeur :

« Alla marcia »

Yuja Wang

Rachmaninov – Prélude en sol mineur – Opus 23 N°5

(Enregistré en live à la Philharmonie de Berlin – 2018)

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La pluie… T’en souviens-tu ?

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

La pluie… T’en souviens-tu ?

L’amour

Entre dedans douillet et dehors pluvieux
Entre instant de plaisir et tristesse annoncée
Entre les gouttes entre les larmes
Entre l’ivoire mélancolique d’un piano mouillé
Et l’encre nostalgique des mots blessés.
Le « blues »
Entre les vers de Francis Carco
Et les arpèges de Bill Evans.
La pluie… ?
Oui ! Je m’en souviens !

Andrei Krioutchenko (peintre de Paris)

Il pleut — c’est merveilleux. Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.

Il pleut. Les taxis…       (Francis Carco)

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Le vide et la nuit

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Le vide et la nuit

Réduit au plus ténu du souffle

Être pure ouïe

Et faire écho en silence

Au respir des sycomores

Quand l’automne

François Cheng – A l’orient de tout – Poésie /Gallimard

Une poésie et une musique qui n’avaient sans doute pas envisagé de se côtoyer d’aussi près.

Le plaisir n’est-il pas dans l’imprévu de la rencontre de deux belles sensibilités que rien ne permettait de présager ?

Et pourtant leur dialogue au bord de la nuit semble se confondre dans un même écho…

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Schubert : La vie, la mort, la vie !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Schubert : La vie, la mort, la vie !

« Face à la musique de Schubert, les larmes coulent sans questionner l’âme auparavant, puisqu’elle se précipite sur nous avec la force même de réalité, sans le détour de l’image. Nous pleurons, sans savoir pourquoi ; parce que nous ne sommes pas encore tels que cette musique nous promet d’être, mais seulement dans… »

Théodore Adorno

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Jamais, dans l’œuvre de Schubert, sa musique n’aura entretenu une aussi étroite proximité avec la mort que dans l’Andantino de la sonate pour piano N° 20 en La Majeur (D 959) et l’Adagio du Quintette avec deux violoncelles (D 956), tous deux composés dans les dernières semaines de sa courte existence.

« Berceuse de la douleur ».
C’est ainsi que Brahms avait surnommé le deuxième mouvement Andantino de la sonate N° 20 – D 959 en La majeur. Et l’on comprend pourquoi :

Les premières notes de l’Andantino entament un chant hypnotique, rythmé par le seul pas pesant, las et douloureux, du voyageur résigné. Poignant.
Rien ne semble bouger, pas même…

A propos du Quintette en Ut à deux violoncelles, le grand pianiste viennois, Paul Badura-Skoda, écrit en 2001 :

« Seul celui qui a entrevu l’autre rive du Styx, le fleuve qui enserre le royaume des morts, peut créer une œuvre d’une telle portée. »

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Suis-je normal, Docteur ?

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Suis-je normal, Docteur ?

Je ne peux pas plus me passer de la musique de Jean-Sébastien Bach que je ne peux cesser de fréquenter le théâtre de Shakespeare.

— Suis-je normal, Docteur ?

Le plus souvent, lorsque je reviens d’un numineux voyage dans la lumière céleste, à califourchon sur la trompette d’un ange, auquel m’a invité le Cantor, c’est un personnage de Shakespeare qui m’accueille, l’espace d’un instant, sur le quai du retour.

— Suis-je normal, Docteur ?

[…]

Prendrez-vous votre diagnostic, cher Docteur, sans avoir rejoint un bref instant la joyeuse prière de ce chœur de Bach ? Sans avoir écouté le banquier Shylock, répondant au Marchand de Venise, brosser par quelques traits d’humour une caricature, hélas trop vraie, de ce que nous sommes ?  

— Suis-je normal, Docteur ?

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Une caresse de Cléopâtre… dans l’oreille !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Une caresse de Cléopâtre… dans l’oreille !

« Sa beauté, considérée en elle-même, n’était pas, dit-on, incomparable au point de ravir d’étonnement et d’admiration dès le premier abord. Mais sa fréquentation avait tant d’attrait qu’il était impossible de lui résister. Les charmes de son visage, soutenus par les appâts de sa conversation et par toutes les grâces qui peuvent émaner du plus heureux caractère, laissaient de profondes blessures. Sa voix était d’une douceur extrême. »

Plutarque – – (« Vie d’Antoine » 27-2)

Cléopâtre VII – Altes Museum Berlin

Quelques considérations sur cette légendaire Reine d’Égypte que les historiens romains ont affublée de tous les vices jusqu’à en faire, bien malgré eux, un mythe inébranlable qui n’a cessé d’inspirer, entre autres artistes, les compositeurs et librettistes d’opéra.

Manière de faire la part belle à une jeune cantatrice à la voix d’or qui a décidé avec bonheur de redonner vie par le disque, et le temps d’une aria, aux « Cléopâtres » des opéras inconnus ou méconnus :

Regula Mühlemann

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Les eaux de mon été -9/ Hymne à la Mer

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Les eaux de mon été -9/ Hymne à la Mer

[…]
Apaisé, je médite au bord du gouffre amer ;
J’aime ce bruit sauvage où l’infini commence ;
La nuit, j’entends les flots, les vents, les cieux, la mer ;
Je songe, évanoui dans cette plainte immense.

Victor Hugo – « Les quatre vents de l’esprit » XXXIII

Uehara KonenVague – 1910

A tout seigneur tout honneur ! C’est donc à toi, Mer, et à toi seule, source originelle unique de toutes les eaux, que ce dernier billet de la série « Les eaux de mon été » se devait de rendre hommage.

Cette révérence, je la souhaitais d’abord littéraire et poétique, mais quels mots, parmi ceux de « quelques marins qui se sont mis à écrire et de quelques écrivains qui surent naviguer »*, aurais-je dû choisir pour dresser ton portrait que chaque instant métamorphose ? Ceux de Melville embarqué sur le…

Je voulais également que cet hommage fût musical. Quelle musique alors pour accompagner ce poème enfiévré du jeune Borges, pour représenter les amplitudes…

Enfin fallait-il, pour que fût complète mon admirative évocation, que la couleur et les formes vinssent encore se mêler aux délices…

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