Toqué de toccata /9 – II – Marquises des anches

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Toqué de toccata /9 – II – Marquises des anches

Orgue de l’église des Carmélites – Porto

Eugène Gigout en 1890, Léon Boëllmann quelques années plus tard, et Louis Vierne dans le premier quart du XXème, entre autres musiciens, ont composé, dans l’ esprit nouveau qui depuis Widor anime le retour de la toccata, de remarquables pièces du genre. Malgré l’excellent accueil que chacune d’elles a reçu, aucune n’aura obtenu la consécration dont furent, et sont encore, honorées leurs aînées.
Ainsi me suis-je permis, avec la même audace et le même sourire que précédemment, de baptiser ces nouvelles venues « marquises des anches », elles qui ne peuvent prétendre au titre de « madones des sommiers » que j’ai voulu réserver aux incontournables toccatas de Jean-Sébastien Bach et de Charles-Marie Widor.

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Notre-Dame, l’orgue et la lune… Le sommeil des sommiers

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Notre-Dame, l’orgue et la lune…

Le sommeil des sommiers

« La langue de pierres que parle cet art nouveau [l’art gothique] est à la fois clair et sublime. Aussi, elle parle à l’âme des plus humbles comme à celle des plus cultivés. Quelle langue pathétique que le gothique de pierres ! Une langue si pathétique, en effet, que les chants d’une Orlande de Lassus ou d’un Palestrina, les œuvres d’orgue d’un Haendel ou d’un Frescobaldi, l’orchestration d’un Beethoven ou d’un Cherubini, et, ce qui est plus grand que tout cela, le simple et sévère chant grégorien, le seul vrai chant peut-être, n’ajoutent que par surcroît aux émotions que la cathédrale cause par elle-même. Malheur à ceux qui n’aiment pas l’architecture gothique, ou, du moins, plaignons-les comme des déshérités du cœur. »

J. F. Golfs – « La Filiation généalogique de toutes les Écoles gothiques. »
(Baudry, 1884) – Cité par Fulcanelli in « Le Mystère des Cathédrales »

On ne devrait jamais écouter les sonorités magnétiques des grandes orgues qu’au pied de leurs tuyaux. Aucun enregistrement, fût-il le plus abouti, ne saurait faire trembler notre corps et frissonner notre âme comme les réverbérations révérencieuses…

[…]

Et le jour reviendra sans doute où, dans le partage de la foi, pour l’amour de l’art, ou tout simplement par curiosité, nous nous retrouverons, par delà la voussure des tympans habités, réunis dans la lumière des vitraux, frissonnant sous le souffle inspiré des sommiers.

Pour l’heure, tendre nos oreilles à l’imaginaire et ouvrir notre cœur pour accueillir avec sagesse l’infortune du temps grâce aux tendres accords d’une mélodie nocturne composée par Louis Vierne en 1925 et interprétée récemment par Olivier Latry sur le Grand Orgue de Notre-Dame de Paris.

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