Mais vieillir – 5 – « When you are old »

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

Mais vieillir – 5 – « When you are old »

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.

Pierre de Ronsard – Sonnets pour Hélène – 1578

William Butler Yeats (1865-1939)

Le grand poète irlandais, Prix Nobel de Littérature 1923, a un jour choisi de s’inspirer de très près de son illustre prédécesseur français, Pierre de Ronsard. Comme lui, il a composé dans le même esprit ce poème devenu célèbre entre tous, dit aux quatre coins de la planète :

« When you are old ».

Il est toujours aussi bon de l’entendre avec la douceur et la discrétion qu’encouragerait certainement l’auteur. Mais le plaisir se prolonge volontiers dans l’adaptation qu’en proposent de talentueux chanteurs d’aujourd’hui. Ainsi la belle composition et interprétation de Gretchen Peters, en 1996…

Écouter, goûter . . .

‘Any man’s death diminishes me’ 11/09/2001

Mémorial du 11/09/2001 – World Trade Center – New York

Oh, little child, see how the flowe
You plucked bleeds on the iron ground;
Bend down, your ears may catch its voice,
A passionless low sobbing sound.

Oh, Man, put up your sword and see
The brother that you dig to death;
There is no hatred in his eye,
No curses crackle in his breath.

Henry Treece (poète anglais – 1911-1966)

Oh, petit enfant, vois comme la fleur
Que tu cueilles saigne sur la terre de fer
Penche-toi, tes oreilles peuvent capter sa voix
Un flot de sanglots bas et sans passion

Oh, homme, relève ton épée et vois
Le frère que tu as fait mourir
Il n’y a pas de haine dans ses yeux
Aucune malédiction n’exhale de son souffle

No man is an island, entire of itself; every man is a piece of the continent, a part of the main. If a clod be washed away by the sea, Europe is the less, as well as if a promontory were, as well as if a manor of thy friend’s or of thine own were: any man’s death diminishes me, because I am involved in mankind, and therefore never send to know for whom the bell tolls; it tolls for thee.

John Donne – Meditation #17
Devotions upon Emergent Occasions’ (1623)

« Nul homme n’est une île, un tout en soi ; chaque homme est part du continent, part du large ; si une parcelle de terre est emportée par les flots, pour l’Europe c’est une perte égale à celle d’un promontoire, autant que pour toi celle d’un manoir de tes amis ou même du tien. La mort de tout homme me diminue parce que je suis membre du genre humain. Aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi. »

Mais vieillir…! – 3 – Un vieillard

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Mais vieillir…! – 3 – Un vieillard

Ferdinand Hodler (Suisse 1853-1918)- Vieil homme lisant

« La taverne de la mer » :

Poème de Constantin Cavafy (poète grec 1863-1933)

Traduction en français depuis une réinterprétation du poème en chanson
par Lluis Llach, en catalan.

« Cavafy a peur de devenir ce petit vieux attablé à la taverne de la mer, et qui voit sa jeunesse enfuie et son dernier visage resté collé dans ses mains boursouflées, et qui ne pourront plus caresser un corps d’éphèbe que contre monnaie. Cette hantise de l’homosexuel vieillissant il l’aura porté très tôt. De bars louches en bars louches, là où se trouvent ses jeunes matelots d’une vingtaine d’années au plus, il part en fait plus à la recherche de sa jeunesse que d’un nouveau corps à habiter, à posséder. »

Gil Pressnitzer (« Esprits Nomades » – « Constantin Cavafy »)

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Les Don Quichotte

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Les Don Quichotte

« Les Don Quichotte vont de l’avant, les yeux fixés

« sur la pointe de la lance où flotte la bannière de l’Idée. »

Kostas Karyotakis

Museo Iconográfico del Quijote – Guanajuato

Un poète grec des années 1920, Kostas Karyotakis, regarde depuis son désenchantement personnel, comme dans un miroir peut-être, l’image à la fois drôle et dramatique du célèbre chevalier à la triste figure, mon vieux compagnon de toujours.

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Les rêves morts

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Les rêves morts

Albert Gyorgy – Mélancolie (Rotonde du Mont Blanc à Genève)

Je voudrais pour aimer avoir un cœur nouveau

Qui n’eût jamais connu les heures de détresse,

Un cœur qui n’eût battu qu’au spectacle du beau

Et qui fût vierge encor de toute autre tendresse ;

[…]

Gaëtane de Montreuil (Québec) 1867-1951

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Art de perdre, art de vivre

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Art de perdre, art de vivre

« I’d rather be called ‘the 16th poet’ with no reference to my sex, than one of 4 women—even if the other three are pretty good. » (Elizabeth Bishop)

(Je préfère être considérée comme la seizième poétesse sans référence à mon sexe, plutôt que l’une des quatre meilleurEs – même si les trois autres sont particulièrement excellentes.)

Elizabeth Bishop, 1940s; photograph © The Josef and Yaye Breitenbach Charitable Foundation, New York/Josef Breitenbach Archive, Center for Creative Photography, University of Arizona

« Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître ;
tant de choses semblent si pleines d’envie
d’être perdues que leur perte n’est pas un désastre. »

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Aube

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Aube

Premiers enchantements de l’été. Glisser son pas léger dans celui du poète et poursuivre, avec lui, jusqu’à l’extase, les voluptueux caprices de l’aube…

Aube

J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant…

Lire, écouter la suite du poème d’Arthur Rimbaud. . .