Rêve au crépuscule

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

Rêve au crépuscule

« Le crépuscule du soir, l’heure de tous les accomplissements »

Rainer Maria Rilke

Matthias Goerne (baryton) et Seong-Jin Cho (piano)

Entre soyeux de la voix  et moelleux du toucher, le lied dans sa plus belle expression harmonique…

Matthias Goerne chante « Traum durch die Dämmerung », extrait des  « Trois lieder op.29 » de Richard Strauss.

Lire, voir, écouter… Déguster !

 

Mon rêve de Noël – 1 & 2

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

Mon rêve de Noël (deux parties)

Just you and I, forever and a day
Love will never die because we’ll keep it that way
Up among the stars we’ll find a harmony of life to a lovely tune
East of the sun and west of the moon

Nicki Parrott (contrebassiste et chanteuse de jazz)

Quand un rêve nous surprend un soir de Noël, la probabilité est faible de le voir se métamorphoser en cauchemar.

Quel que soit l’âge que la vie nous a offert d’atteindre elle ne saurait à aucun moment anéantir la force des illusions et des espérances que notre enfance a édifiées.

Rêver : sans doute notre plus beau chemin de vie !

Joyeux Noël !

Lire, voir, écouter… Et rêver, rêver, rêver comme un enfant.

Après un rêve

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

Après un rêve

« Le réveil commence comme un autre rêve. »

Paul Valéry

Marie-Claude Chappuis – Mezzo-soprano

Splendeurs divines entendues : la mélodie française au firmament !

Marie-Claude Chappuis chante « Après un rêve » de Gabriel Fauré – Poème de Romain Bussine (1870)

Rêver, Écouter, Rêver, Écouter  . . .

 

Doux souvenirs : rembobiner !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Doux souvenirs : rembobiner !

« Nous sommes faits d’un étrange mélange d’acides nucléiques et de souvenirs, de rêves et de protéines, de cellules et de mots. »

Pr. François Jacob (Prix Nobel de Médecine 1965)

Film de ma jeunesse…

Musique de ma jeunesse…

Rêve de ma jeunesse…

Souvenir de ma jeunesse…

Illusions de ma vieillesse !

Rembobinez s’il vous plaît !

Lire, voir, écouter, rêver un peu, se souvenir beaucoup . . .

Aube

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Aube

Premiers enchantements de l’été. Glisser son pas léger dans celui du poète et poursuivre, avec lui, jusqu’à l’extase, les voluptueux caprices de l’aube…

Aube

J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant…

Lire, écouter la suite du poème d’Arthur Rimbaud. . .

Moi, j’ai un rêve !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Moi, j’ai un rêve !

André Martins de BarrosPositif-Négatif

Les poèmes de Anderson Braga Horta, les plus connus et les plus significatifs ont pour protagoniste l’homme vu sous ses aspects transcendantaux, un homme qui ne se contente de satisfaire ses besoins matériels ni ne se limite somme toute à son état physique. Le corps de cet homme est si fragile que la moindre adversité, la moindre pression externe, peuvent le réduire à néant, mais « sa tête chante », son esprit s’oppose à l’omnipuissance de la mort pour déclarer avec un orgueil presque insolent : « Moi, j’ai un rêve. Et, puisque j’ai un rêve, je suis un Homme ». (François Olègue)

Moi, j’ai un rêve.
Un rêve grand et beau
comme la vie.
Et je l’agiterai, mon saint drapeau,
devant la face de la mort.

Car j’ai un rêve… Pour les…

[…]

Lire, voir, écouter la suite . . .

En chaussons… A la poursuite du lapin blanc

Lapin en retard - Alice - Disney

« Je suis en retard ! En retard ! En retard ! »

Vite ! Vite ! Dépêchons-nous ! Courons, nous aussi, derrière le lapin blanc pressé qu’Alice suit déjà ! N’en doutons pas, il va tous nous entrainer dans un monde magique où nous partagerons avec elle des aventures étranges et fascinantes. Certes, nous l’avons déjà tous approché jadis, cet univers magnifique et bariolé qui a charmé – et parfois effrayé – les enfants que nous fûmes… Mais il faut admettre que demeure toujours intact le bonheur de le retrouver quelque fois dans le sourire nostalgique d’un miroir aux souvenirs.

Qui ne se souvient de ce chat philosophe, tout droit venu du Cheshire, qui apparaît et disparaît à loisir ; de ce chapelier fou, excentrique buveur de thé qui rassemble ses convives autour d’une table énigmatique ; de cette chenille curieuse conseillère ; de la Reine de cœur escortée de ses jardiniers qui, ayant perdu sa partie de croquet, veut décapiter notre courageuse Alice ? Lequel d’entre nous aurait-il oublié le griffon, la tortue ou le homard et la multitude des surprenantes créatures nées de l’imagination sans limite de Lewis Carroll ?

Cette fois-ci, pour les retrouver il nous faudra pénétrer leur monde sur la pointe des pieds… Et pour cause : le lapin blanc nous emmène à Londres et plus précisément à Covent Garden, au temple de la danse, sur la scène prestigieuse du Royal Opera House devenue pour la circonstance le « pays des merveilles ». Et quelles merveilles ! Les danseurs prestigieux du Royal Ballet s’y transforment en grenouille, jardinier, rajah, cuisinier, poisson ou duchesse et autre lézard, qui, dans une féérie de costumes aux mille couleurs, sautent et virevoltent de manière aussi facétieuse que virtuose, pour faire des énormes divagations de Lewis Carroll, une inoubliable réalité enchanteresse.

A supposer qu’il le fut un jour, le voyage au pays des rêves extraordinaires, grâce aux extravagances de ce formidable spectacle chorégraphique, n’est définitivement plus réservé aux enfants. Pour s’en convaincre, un bref coup d’œil à la brochure :

Le ballet s’immerge tout entier dans le monde inventé par l’écrivain, tant le chorégraphe, Christopher Wheeldon, demeure fidèle au conte. La musique de Joby Talbot, gaie, entrainante, mélodique à souhait, propulse avec justesse les danseurs dans la fantasmagorie et l’extravagance des décors surréalistes ingénieusement inventés par Bob Crowley.

Tous les danseurs, investis complètement dans leurs rôles, campent les personnages de cette folle fiction avec tant de facilité et de naturel qu’ils finissent par les rendre réels à nos regards de l’enfance revenus. Ainsi Edward Watson contaminé par les tics compulsifs d’un lapin blanc névrosé, Zenaïda Yanowsky dominée par les grimaces faussement agressives d’une capricieuse Reine de cœur, Eric Underwood en exotique millepatte oriental se contorsionnant au milieu de son harem, ou enfin, Sarah Lamb, frêle et délicate Alice, aussi naïve qu’aventureuse, qui grandit ou rapetisse au gré des péripéties absurdes de son voyage fantastique.

Émerveillement garanti à tous les tableaux.

Alice, qui a quitté précipitamment la maison du lapin, fait une halte près d’un gros champignon. Elle aperçoit et observe ébahie une chenille bleue, drapée dans son indifférence. Mais, comme il se doit, le mollusque ne résistera pas longtemps à sa propre curiosité. Avant de continuer sa route, la chenille conseillera à Alice de manger un bout du champignon, la laissant perplexe quant au choix du « côté » à croquer qui la fera grandir…

 

Voici la Reine de cœur qui a le bourreau facile, menaçant chacun de décapitation pour les motifs les plus futiles. Ici la très sérieuse affaire du vol des tartes ! Pourrait-on imaginer l’humour de la chorégraphie sans la virtuosité – de danseuse et de comédienne – de Zenaïda Yanowsky ?

Lewis Carroll n’avait certes pas imaginé que son livre serait adapté à la scène au XXIème siècle, et bien sûr, l’idée ne lui était pas venue qu’une petite touche sentimentale s’avèrerait indispensable pour séduire définitivement le public nouveau. Il est vrai par ailleurs que son Alice était alors bien jeune pour être concernée par les jeux de grands. Christopher Wheeldon, pour corriger cette bien légitime lacune de l’auteur, s’est permis la petite incartade heureuse d’inventer, dans la version révisée du ballet, une idylle entre Alice, désormais sortie de l’enfance, et le Valet de cœur. Prétexte à réunir les amoureux (Sarah Lamb et Federico Bonelli) dans un délicieux pas de deux auquel il serait dommage de ne pas assister.

 ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Ce ballet a été distribué dans les salles de cinéma en 2014. Il a fait l’objet de diffusion sur les chaînes de télévision musicale comme Mezzo, et un DVD est également paru.

Alice in wonderland DVD

Dans la cour de la prison…

Dans la cour d’une prison proche de Séville, au XVIIIème siècle, une jeune fille, Marzelline, rêve au futur couple qu’elle souhaiterait fonder avec le nouveau garçon de courses que son père, Rocco, le geôlier, a récemment engagé.

Elle est belle, gracieuse comme la fée d’un conte, et sa voix distribue des perles du plus doux des miels : Lucia Popp s’est glissée dans le costume de Marzelline.

Admirons-la ! Écoutons-la ! Emplissons-nous de ce rare bonheur, saisi en 1968 sur une scène d’opéra !

Mais ne nous méprenons surtout pas ! Ce n’est pas Mozart, très inspiré par sa Fiordiligi, qui a composé son aria, « O wär ich schon mit dir vereint »  (O puissè-je déjà être unie à toi)…

 . . .

O puissè-je déjà être unie à toi
et t’appeler mon époux !
Une jeune fille, il est vrai, ne doit pas avouer
la moitié de ce qu’elle pense,
mais dès lors que je n’ai pas
à rougir d’un tendre baiser passionné,
dès lors que rien au monde ne nous l’interdit.

L’espoir emplit déjà mon cœur
d’un doux plaisir inexprimable ;
Comme je vais être heureuse !
Dans le repos intime de ma demeure
je me réveille chaque matin,
nous nous saluons pleins de tendresse,
le labeur chasse les soucis.
Et le travail fini,
la douce nuit s’approche
où nous nous reposons de nos efforts.
L’espoir emplit déjà mon cœur
d’un doux plaisir inexprimable ;
Comme je vais être heureuse !

. . .

Marzelline est amoureuse de Fidélio qu’elle rêve d’épouser. Le voile est levé, Beethoven s’est un instant caché derrière Mozart qu’il admirait tant.

Mais elle ne sait pas que Fidélio, en vérité, n’est autre que Léonore, déguisée en garçon pour entrer dans la prison et se rapprocher de son époux aimé, Florestan, qu’elle espère libérer avant que le gouverneur de ladite prison, le tyrannique Don Pizzaro, qui l’a mis au secret, ne le fasse arbitrairement exécuter.

Cette lumière que diffuse la belle aria de Marzelline au début de l’unique opéra écrit par Beethoven, Fidélio, ne sera donc qu’un éphémère éclair de légèreté qui bientôt va laisser place aux ombres menaçantes du drame qui se prépare dans la noirceur des cachots. Mais malgré toute la beauté que nous pourrions y rencontrer, nous déciderons pour illuminer notre journée d’automne de rester dans la cour de cette prison, proche de Séville, au XVIIIème siècle…

Beethoven (1770-1827)

Beethoven (1770-1827)

« Ce léger parfum est mon âme »

meilland_the-mc-cartney-roseLe bal est fini. Le cœur encore auréolé des volutes de sa dernière valse, une jeune-fille retrouve dans la solitude de sa chambre les émois de son inoubliable soirée. Elle s’endort dans un fauteuil. Le parfum léger de la rose qu’un galant cavalier lui a offerte berce son premier sommeil.

Pendant que doucement se fane la fleur tombée à ses pieds, elle rêve :

 » Le spectre de la rose  » subrepticement l’a rejointe ; tantôt il s’adresse à elle dans la douce langue du poète portée par la voix la plus belle, tantôt, à son chevet, danse une danse du paradis.

La voix la plus belle pour cette mélodie extraite des « Nuits d’été » de Berlioz, c’est assurément celle de Régine Crespin qui confère à ce cycle une part de merveilleux que peu de cantatrices ont su exprimer avec autant de naturel, de simplicité et de raffinement. Ses paroles, le spectre les puisent dans les vers du poème que Théophile Gautier a écrit pour lui.

Un délice !

Le spectre de la rose

Soulève ta paupière close
Qu’effleure un songe virginal ;
Je suis le spectre d’une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d’argent de l’arrosoir,
Et parmi la fête étoilée
Tu me promenas tout le soir.

Ô toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser
Toute la nuit mon spectre rose
A ton chevet viendra danser.
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe, ni De Profundis ;
Ce léger parfum est mon âme
Et j’arrive du paradis.

Mon destin fut digne d’envie :
Et pour avoir un sort si beau,
Plus d’un aurait donné sa vie,
Car j’ai ta gorge pour tombeau,
Et sur l’albâtre où je repose
Un poète avec un baiser
Écrivit : « Ci-gît une rose
Que tous les rois vont jalouser ».

Théophile Gautier (in « Comédie de la mort »)

&

Quand il choisit de danser au chevet de la belle endormie, « Le spectre de la rose » se pare des pétales de la fleur moribonde. Dès que s’enflamment les premiers accords de « L »invitation à la danse » –  rondo pour piano de Carl Maria von Weber qu’Hector Berlioz orchestra en 1841 sous le nom de « L’invitation à la valse » – ,  le spectre tournoie et bondit autour de la rêveuse, tout attendri par sa beauté, lui fait faire quelques tours de valse entre ses bras, puis disparaît dans un saut stupéfiant…  Jamais public, depuis le premier saut final du mythique Nijinski en 1911, n’a vu le spectre redescendre…

Au réveil, la jeune fille comprend, en voyant la rose sur le sol, que son doux rêve est terminé.

Un splendide pas de deux qui est « essentiellement un solo pour l’homme », comme aimait à le préciser le critique anglais Richard Buckle.

La puissance et la grâce !

Dans l’impossibilité de faire un choix entre deux belles versions de ce ballet, le plus simple était de les proposer toutes les deux. Dans la même chorégraphie, celle de Mikhail Fokine, créée originellement pour la première représentation le 19 avril 1911 à l’Opéra de Monte-Carlo, par Tamara Karsavina et Vaslaw Nijinski. Et à partir du même livret de Jean-Louis Vaudoyer d’après le poème de Théophile Gautier.

Vladimir Malakhov – Nadja Saidakova

&

Igor Kolb – Zhanna Ayupova

Affiche ballet russe Monte Carlo 1911

La nuit 18 – Dans le secret des rêves

Igor Mitoraj - Tête craquelée

Igor Mitoraj – Tête craquelée

Les rêves

Le visage de ceux qu’on n’aime pas encor
Apparaît quelquefois aux fenêtres des rêves
Et va s’illuminant sur de pâles décors
Dans un argentement de lune qui se lève.

Il flotte du divin aux grâces de leur corps
Leur regard est intense et leur bouche attentive ;
Il semble qu’ils aient vu les jardins de la mort
Et que plus rien en eux de réel ne survive.

La furtive douceur de leur avènement
Enjôle nos désirs à leurs vouloirs propices,
Nous pressentons en eux d’impérieux amants
Venus pour nous afin que le sort s’accomplisse ;

Ils ont des gestes lents, doux et silencieux,
Notre vie uniment vers leur attente afflue :
Il semble que les corps s’unissent par les yeux
Et que les âmes sont des pages qu’on a lues.

Le mystère s’exalte aux sourdines des voix,
À l’énigme des yeux, au trouble du sourire,
À la grande pitié qui nous vient quelquefois
De leur regard, qui s’imprécise et se retire…

Ce sont des frôlements dont on ne peut guérir,
Où l’on se sent le cœur trop las pour se défendre,
Où l’âme est triste ainsi qu’au moment de mourir ;
Ce sont des unions lamentables et tendres…

Et ceux-là resteront, quand le rêve aura fui,
Mystérieusement les élus du mensonge,
Ceux à qui nous aurons, dans le secret des nuits,
Offert nos lèvres d’ombre, ouvert nos bras de songe.

Anna de Noailles  (« Le cœur innombrable » – 1901)

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