Amour, danse et beauté… Et commutativement !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Amour, danse et beauté… Et commutativement !

Il faut apprendre à être touché par la beauté, par un geste, un souffle, pas seulement par ce qui est dit et dans quelle langue, percevoir indépendamment de ce que l’on « sait. »

Pina Bausch

SpartacusAdagio (Anna Nikulina & Mikhaïl Lobukhin) – Bolchoï

— Transcendance de l’amour quand l’élégance de la musique fusionne dans l’harmonie d’un même élan la passion des corps et la profondeur des sentiments.

— Transcendance de la beauté quand l’amour se pare de l’éclat conjugué de deux étoiles : attraction gravitationnelle réciproque de la grâce pure et de la force maîtrisée.

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Les eaux de mon été -9/ Hymne à la Mer

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Les eaux de mon été -9/ Hymne à la Mer

[…]
Apaisé, je médite au bord du gouffre amer ;
J’aime ce bruit sauvage où l’infini commence ;
La nuit, j’entends les flots, les vents, les cieux, la mer ;
Je songe, évanoui dans cette plainte immense.

Victor Hugo – « Les quatre vents de l’esprit » XXXIII

Uehara KonenVague – 1910

A tout seigneur tout honneur ! C’est donc à toi, Mer, et à toi seule, source originelle unique de toutes les eaux, que ce dernier billet de la série « Les eaux de mon été » se devait de rendre hommage.

Cette révérence, je la souhaitais d’abord littéraire et poétique, mais quels mots, parmi ceux de « quelques marins qui se sont mis à écrire et de quelques écrivains qui surent naviguer »*, aurais-je dû choisir pour dresser ton portrait que chaque instant métamorphose ? Ceux de Melville embarqué sur le…

Je voulais également que cet hommage fût musical. Quelle musique alors pour accompagner ce poème enfiévré du jeune Borges, pour représenter les amplitudes…

Enfin fallait-il, pour que fût complète mon admirative évocation, que la couleur et les formes vinssent encore se mêler aux délices…

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Les eaux de mon été -8/ Au bord de l’eau

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Les eaux de mon été -8/ Au bord de l’eau

WhistlerVariations en violet et vert  (Musée d’Orsay)

[…]

« Au coin du feu », « sous les étoiles », « au clair de lune », « dès potron-minet » … Il y a des expressions circonstancielles, comme celles-ci, qui, me semble-t-il, se refusent à introduire toute évocation violente ou dramatique ; et…

[…]

« Au bord de l’eau » demande au temps une courte pause, un instant de paix loin des tracas du monde, pour, comme dit le poète, « sentir l’amour, devant tout ce qui passe, ne point passer ».

 

 

François Le Roux chante avec l’onctueuse profondeur de sa voix de baryton une mélodie de Gabriel Fauré, « Au bord de l’eau » inspirée par un poème de Sully Prudhomme. Courbet, De Vlaminck, Sisley, et quelques autres ont préféré leurs pinceaux pour accompagner cette évocation.

Le fringant Jean Gabin de 1936 chante, avec toute la troupe du film de Julien Duvivier, « La belle équipe », la chanson emblématique de ce célèbre mélodrame du cinéma français : « Quand on s’promène au bord de l’eau » 

Au bord de l’eau… une adresse pour le bonheur ?

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Les eaux de mon été -7/ Gondola mia

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Les eaux de mon été -7/ Gondola mia

« En vérité, la gondole est faite au pied de Venise. Nées de l’onde, l’une et l’autre. […] Je ne m’endors point, je n’ai point d’appui sur cette paix frémissante. La gondole, tout de même, n’est qu’un petit cercueil sur la mer. J’ai la sécurité d’un danger que je souhaite : la certitude enfin d’avoir quitté le monde. La séduction la plus puissante de Venise se révèle : loin d’être le calme, c’est l’indifférence à tout ce qui n’est pas un grand sentiment. »
André Suarès – « Le voyage du Condottiere » – « Vers Venise – XXVI »

 

James Wilson MorriceGondolas – 1901 (Art Gallery of Ontario)

Une gondole à Venise : sans doute le seul point du monde depuis lequel on devient à la fois, en un unique regard, voyeur extasié des orgies paradisiaques où la lumière s’accouple avec l’air et l’onde, observateur désespéré de l’épaisse…

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Les eaux de mon été -6/ Larmes, absolument !

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Les eaux de mon été -6/ Larmes, absolument !

« C’est tellement mystérieux le pays des larmes.« 

Saint-Exupéry – « Le Petit Prince »

Le GuerchinLes larmes de Saint-Pierre (détail) – Louvre

Jamais, heureux homme, ni la toute-puissance impitoyable du soleil, ni l’accablante tyrannie des cieux, n’auront…

¤

« Lasciami piangere » – Aria de Galsuinde extraite de l’opéra

« Fredegunda » composé par Reinhard Keiser en 1715

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Les eaux de mon été -5/ Le Cygne de Tuonela

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Les eaux de mon été -5/ Le Cygne de Tuonela

« Tuonela, le pays de la mort, l’enfer de la mythologie finnoise, est entouré par une grande rivière avec des eaux noires et un courant rapide sur lequel le Cygne de Tuonela flotte majestueusement, chantant. »

Sibélius (ou son éditeur) – Préface de la 1ère édition du « Cygne de Tuonela »

Akseli Gallen-Kallela – Keitele,1905 (National Gallery – Londres)

Quelle plus rafraîchissante fuite pouvais-je offrir cet été à ma rêverie, pour tenter d’échapper à l’horripilant tapage de la ville surchauffée, que cette divagation méditative sur les terres glaciales du Grand Nord, perdues entre l’impénétrable taïga et les eaux sépulcrales des « mille lacs » de Finlande ?

[…]

Sibélius, chantre musical de ce pays, propose au cor anglais le rôle du Cygne de la légende du Kalevala. 

Un sensible cinéaste a très opportunément fusionné  la magie de cette musique avec l’inégalable poésie des réalités de la nature…

Un enchantement !

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Les eaux de mon été -4/ La Seine a rencontré Paris

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Les eaux de mon été -4/ La Seine a rencontré Paris

Je ne sais, ne sais, ne sais pas pourquoi
On s’aime comme ça, la Seine et moi…

Mathieu Chedid & Vanessa Paradis (« La Seine » 2011)

Crépuscule sur Notre-Dame de Paris – Photo : serialpictures.fr

Après avoir donné, pour parler de ce fleuve qu’il aimait tant, la parole à ces parisiens qui quotidiennement le côtoient, un enfant, « devineur de devinettes », une amoureuse, un pilote de remorqueur, à un passant guindé, « désabusé », qui ose traiter la Seine — crime de lèse-majesté — de « fleuve comme un autre », Jacques Prévert s’octroie la conclusion sur « sa petite rivière à [lui] » en une tendre tirade sur le ton gouailleur, entre deux gorgeons, d’un « seigneur des berges ».

Une bien sincère déclaration d’amour qui se prolonge à plaisir dans un court-métrage réalisé sur la Seine par Joris Ivens en 1957.

Le poème de Prévert est sublimé par la qualité des images en noir et blanc, par la complète adéquation de la musique avec l’époque et la diversité des situations offertes au regard. Et Serge Reggiani, au rythme assuré du remorqueur qui progresse sur le reflet des eaux, dit le poème…

La réussite est totale et l’émotion réelle, intacte malgré les rides, ou à cause d’elles peut-être.

Le jury du Festival de Cannes en 1958 ne s’était pas trompé en attribuant à ce film son Grand Prix du court-métrage.

« La Seine a rencontré Paris »

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