Introduction

Orphée a perdu son Eurydice.

J’aime à imaginer que chaque larme versée par ce cœur déchiré se transforme en un chant poétique inoubliable. Toujours le même sous ses millions de formes; à la fois hymne à l’amour, à la beauté, à la vie, et chant du désespoir ou lamento funèbre.

Frottement de plume sur le papier, martèlement de burin contre le marbre, caresse du pinceau sur la toile granuleuse, vibrato de la corde légèrement effleurée, souffle profond de la voix qui soupire, et l’œuvre nous est offerte! Belle, pure, don généreux de l’artiste. Larme qu’il laisse perler au coin de son âme sensible.

« Les chants désespérés sont les chants les plus beaux ».

Quand nous sommes quelquefois touchés par la grâce d’un poème, percutés par la force d’une image, enchantés par le charme d’une mélodie, ce devrait être un devoir de transmettre cette émotion, de la partager avec ceux qui sauront la recevoir. Amis proches, ou passants en maraude sur la toile. D’aucuns la découvrent, d’autres la retrouvent; certains s’en réjouissent quand d’autres encore y sont réfractaires. Qu’importe, elle circule, elle vit. Elle est objet d’échange heureux, voilà tout!

Une émotion que l’on garde pour soi pourrait bien être une émotion perdue!

Bien des blogs se donnent ce même objectif et quelques uns l’atteignent avec bonheur. Je vais, moi aussi, désormais m’essayer à ce genre de sport. Du « copier-coller » diront certains, et bien souvent ils auront raison. Ici, nulle prétention de créateur! Seulement le désir de transmettre, d’interpréter parfois, de partager toujours.

Et ma satisfaction sera complète, si chaque article publié trouve un seul amateur.

Nota Bene à l’attention des ayants droit :

N’étant pas compétent en matière de propriété intellectuelle et artistique, il m’arrivera sans doute de faire paraître sur ces pages des documents qui pourraient porter atteinte à ce droit.

Aucune intention de nuire ou de tirer quelque profit ; seulement le désir de faire connaître ou de partager ce que j’ai apprécié. Je retirerai donc l’objet contesté aussitôt la demande légitime formulée par les ayants droit qui, je l’espère, voudront bien me pardonner d’avoir voulu promouvoir une œuvre pour la seule raison que je l’ai aimée.

16 réflexions sur “Introduction

  1. C’est un très beau blog littéraire empreint d’une infinie douceur et de mélancolie. Comme si les mots et les images soulevaient les écorces du passé pour retrouver des sèves inconnues…

    • Je vous avais promis (sur un autre post, peut-être) de partager avec vous quelques mots d’Yves Bonnefoy. Promesse tenue : il les a écrits, en forme de conclusion, dans un article intitulé « La mélancolie, la folie, le génie – la poésie » publié dans ce passionnant ouvrage, « Mélancolie » qui servait de support et de complément à l’exposition éponyme au Grand Palais en 2005 (un grand moment!).
      « Ce ne sont pas les arts, comme tels, qui nous délivrent de la mélancolie : ils ne peuvent que s’y prêter, ils l’exacerbent. C’est à la poésie qu’il revient de nous guider hors de ce continent « où la folie rôde ». Bien qu’il faille penser aussi, mais cela n’a pas d’importance, que le voyage sera sans fin. »

      • Oui, car le mélancolique vit le tourment de la solitude, d’être séparé du monde. le travail d’écriture permet d’échapper à ce mutisme. Le langage renoue alors avec l’autre, ouvre à l’échange, à la réciprocité. Et votre blog le permet. L’exposition que vous évoquez était une belle exploration de ces esprits contemplatifs. on y frôlait aussi le danger de ces destins…
        « J’étais comme un bateau coulant dans l’eau fermée » écrira Supervielle..;

      • Je fis un feu,
        L’azur m’ayant abandonné,
        Un feu pour être son ami,
        Un feu pour m’introduire
        Dans la nuit de l’hiver.
        Un feu pour vivre mieux.
        Un feu pour vivre mieux.
        Je lui donnai ce que le jour
        M’avait donné,
        Les forêts, les buissons,
        Les champs de blé, les vignes,
        Les nids et leurs oiseaux,
        Les maisons et leurs clefs,
        Les insectes, les fleurs,
        Les fourrures, les fêtes.

        Je vécus au seul bruit
        Des flammes crépitantes,
        Au seul parfum de leur chaleur.
        J’étais comme un bateau
        Coulant dans l’eau fermée,
        Comme un mort je n’avais
        Qu’un unique élément.

        Paul Eluard – (et non… Supervielle ! lui, c’est « Les amis inconnus »

  2. Pingback: Perles d'Orphée | Blogs, lire, écrire (etc.) | Scoop.it

  3. Quel plaisir! Supervielle n’est donc pas mort! On parle encore de lui, est-ce possible?
    « Ce qu’il faut de jour
    « Sur la page blanche,
    « Ce qu’il faut d’amour
    « Au fond du silence. »

    • Il vous naît un poisson qui se met à tourner
      Tout de suite au plus noir d’une lampe profonde,
      Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,
      Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
      Que ses sœurs de la nuit les étoiles muettes.

      Il vous naît un oiseau dans la force de l’âge,
      En plein vol, et cachant votre histoire en son cœur
      Puisqu’il n’a que son cri d’oiseau pour la montrer.
      Il vole sur les bois, se choisit une branche
      Et s’y pose, on dirait qu’elle est comme les autres.

      Il vous naît un ami, et voilà qu’il vous cherche
      Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux
      Mais il faudra qu’il soit touché comme les autres
      Et loge dans son cœur d’étranges battements
      Qui lui viennent des jours qu’il n’aura pas vécus.

      Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
      Et les mots inconsidérés,
      Pour les phrases venant de lèvres inconnues
      Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
      Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.

      Extrait des « amis inconnus ». 1934.

      © Jules Supervielle.

  4. je ne suis pas un poète, tu le sais , mais j’aime, entendre, regarder, ton blog. Continu c’est toujours des moments de bonheur. Jean-Claude

    • Merci Jean-Claude, je suis très sensible à tes encouragements. Il est toujours agréable de recevoir un écho sympathique à son cri désespéré pour un monde meilleur.

  5. Qu’est-ce que cela veux signifier ton image de Gravatar assez répugnante a voir? Ça semble une tète écorchée.
    J’aime bien ton blog mais non pas ton Gravatar. Opinion personnelle bien entendu…

    • C’est l’image d’une tête sculptée par Messerschmidt, artiste autrichien du XVIIIème siècle. Il en a réalisées 69, appelées « têtes de caractère », qui exagèrent à l’extrême les différentes mimiques d’un visage humain. J’aime la force que contiennent ces visages caricaturés, en vérité preuve d’une fine observation de l’homme, et de la grande habilité de l’artiste.
      Lorsque je me suis trouvé face à quelques têtes, lors d’une exposition à Salzburg, il y a quelque 20 ans, j’ai eu un réel coup de foudre. (Tous les goûts sont dans la nature!)
      Mon choix de l’une d’elles en Gravatar est un clin d’œil, une grimace exagérée, mais toujours amicale, envers ceux qui me font le plaisir de me rendre visite ; un peu comme on dirait, par jeu pudique, « je te déteste », à quelqu’un qu’on aime.
      Voici le lien Wiki :
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Xaver_Messerschmidt

      Merci d’apprécier mon blog!
      J’espère que désormais ma grimace ne sera plus rébarbative.

      • Ces bustes sont saisissants. Leur faire face est du domaine du duel, leurs regards, leurs grimaces, leurs traits sinueux, profondément marqués sont autant de coups à l’estomac. Ils nous empoignent. Je n’arrive plus à me souvenir dans quelle expo je les ai tous vus alignés.
        Françoise

    • Je vous remercie, Monsieur, de votre générosité envers mon blog. J’ai bien sûr remarqué vos nombreux « Like », et je ne peux être que touché par votre sympathie.
      Je vais moi-même depuis la découverte des « Cosaques des frontières » vous rendre régulièrement visite avec plaisir, et j’avais également découvert vos pages musicales qui ne pouvaient évidemment pas me laisser indifférent.

      Vous avez apprécié mon billet sur Slauerhoff, j’en suis ravi, il est si peu connu chez nous mais il est, je crois, très important dans la culture poétique des Pays Bas.

      C’est bien évidemment avec joie que je communiquerai avec vous par courriel et pour ce faire je vous adresse aussitôt un message en direct.
      A bientôt et merci encore!

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