Un cœur en automne /6 : Mélange élégiaque

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Un cœur en automne /6 : Mélange élégiaque

Mais la tendre Élégie et sa grâce touchante
M’ont séduit. L’Élégie à la voix gémissante,
Au ris mêlé de pleurs, aux longs cheveux épars ;
Belle, levant au ciel ses humides regards.

André Chénier – « Élégie XXXII »

Irina Lankova – pianiste

Amours déçues, vision désespérée du futur, tourments de mort…
Et s’ouvre grand pour l’âme sensible du poète ou du musicien l’intime registre élégiaque.
Fugitive, une lueur de confiance parfois le traverse.

 

Un poème de Goethe, comme une invitation à noyer de nos larmes la plainte apaisée d’un cœur éploré :

« Réconciliation »

 

 

Une composition romantique comme un émouvant appel à fondre notre plus triste soupir dans l’envoûtante mélancolie d’une mélodie de Rachmaninov :

« Élégie », sous les doigts de Irina Lankova.

 

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D’où compter les étoiles ?

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

D’où compter les étoiles ?

Jean-Sébastien Bach à 30 ans (1715) par Johann Ernst Rentsch le vieux († 1723)

Il n’est pas exceptionnel qu’à l’écoute d’une musique de Jean-Sébastien Bach, s’entrouvrent devant nous les portes du ciel. Il n’est pas rare, non plus, que certaines interprétations engagent notre âme émerveillée sur ce chemin des anges qui tout droit conduit à leur seuil.

Mais il arrive aussi, parfois, que la musique du Cantor de Leipzig, nous raccroche très profondément, très substantiellement, à la terre qui nous porte.
Et, qu’on ne s’y méprenne surtout pas, non parce qu’elle aurait perdu la part de sublime émané…

[…]

La « Sicilienne » de Jean-Sébastien Bach, transcrite pour le piano par le grand Wilhelm Kempff dans les années 1950, interprétée par une prodigieuse jeune pianiste au jeu d’une rare sincérité, comme témoignage émouvant que l’Esprit de la musique de Bach quitte parfois le Royaume des Cieux.
Quel meilleur endroit que notre Terre, après tout, pour compter les étoiles ?

Béatrice Berrut

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Mozart… à la française !

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Mozart… à la française !

« … parce que j’ai le culte de la ligne mélodique et que je préfère Mozart à tous les autres musiciens. »   Francis Poulenc

Et quel plaisir, toujours renouvelé, d’apporter la preuve d’un tel propos, par l’exemple, avec le deuxième mouvement « Larghetto » du « Concerto pour deux pianos » en Ré mineur, que Poupoule, comme l’appelaient ses intimes, écrit en 1932 à la demande de la princesse Edmond de Polignac.

Lucas et Arthur Jussen – pianistes

Démonstration d’autant plus belle que ce « Larghetto », dans lequel Mozart a bien du mal à se cacher, est ici formidablement interprété par deux jeunes pianistes d’exception, les frères Jussen, et l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam placé sous la baguette de Stéphane Denève.

La réalisation vidéo étant elle-même remarquable, la tentation de retrouver les autres mouvements pourrait bien être irrépressible.

On découvrira alors combien Poulenc a composé ce concerto en caméléon, également inspiré pendant son travail par Bach, Ravel, Rachmaninov ou Stravinsky.

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En gants blancs, la Diva !

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En gants blancs, la Diva !

« Ne croyez pas les mains sans gants plus robustes que les autres. »

Gustave Flaubert

Shirley Horn

Porter des gants blancs n’est pas chose banale en vérité, à moins d’être Général en tenue d’apparat, Maître d’hôtel à l’heure du service, prestidigitateur sur scène ou autre huissier au Sénat…

Mais porter des gants blancs pour jouer du piano, et quel piano !… Voilà qui est certes particulièrement original, surtout si l’on tient à faire chanter son clavier avec la virtuosité et le toucher qu’exige le meilleur du jazz.

Et pourtant !…

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« Les baisers du soleil » : Butineurs d’ivoire…

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« Les baisers du soleil » : Butineurs d’ivoire…

« […] Les insectes sont nés du soleil qui les nourrit. Ils sont les baisers du soleil, comme ma dixième Sonate qui est une sonate d’insectes. […] Je les éparpille aujourd’hui comme j’éparpille mes caresses. […] Si nous percevons les choses ainsi, le monde nous apparait comme un être vivant. »

Alexandre Scriabine
(Extrait d’une lettre adressée au musicologue russe Sabaneïev)

Alexandre Scriabine (1872-1915)

« Toute la vie de Scriabine semble ainsi comme une tentative de vaste prélude à un dépassement et un au-delà de la musique par la musique elle-même. »

Jean-Yves Clément – Alexandre Scriabine – Actes Sud Classica – P. 34

Un élan vers la lumière, à travers la porte qu’ouvre grand pour nous sur le « silence des sphères » la sonate pour piano N° 10  de Scriabine, interprétée par Yuja Wang.

что еще ? (What else ?)

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Joey le messie…

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À mon ami Jacques T.
Pour aider sa convalescence à trouver son tempo : « swingando » !

Joey le messie…

Joey Alexander – né en 2003

Non, ce petit garçon indonésien souriant devant son clavier n’est pas un jeune et brillant virtuose comme les autres.
C’est un exceptionnel pianiste de jazz de 15 ans avec qui, depuis plusieurs années déjà, tous les musiciens de jazz d’aujourd’hui rêvent de faire le bœuf.

Son nom : Joey Alexander

Le grand trompettiste Wynton Marsalis, directeur général et artistique du Jazz au mythique Lincoln Center de New York l’appelle tendrement « mon héros », et le géant du piano, Herbie Hancock ne tarit pas d’éloges à son égard.

Joey a déjà sorti 4 albums entre 2015 et 2018, il a été nommé 3 fois aux Grammy Awards (en 2016 : Meilleur album de jazz instrumental et Meilleure improvisation de jazz solo, et en 2017 : Meilleure improvisation de jazz solo). Quant à son agenda…

Alors, le jazz est-il mort ?

« Le jazz est-il mort ? Nouvelle question ? Certes non ! Trouble chez certains amateurs et professionnels, assurément oui ! Mais pourquoi se poser cette question ? Pourquoi ne pas simplement se laisser aller au jeu et à l’écoute ? Parce que cette musique est un Art majeur et qu’il nous interpelle.

Il faut simplement se placer devant cette alternative : ou bien le jazz est une Grande Musique, ou bien il n’a été qu’un moment musical, cadré, daté, répertorié, modélisé, pour employer un langage scientifique. Si tu choisis la première prémisse… »   

Michel Yves-Bonnet

Une excellente façon de trouver réponse à la question :

Écouter Joey Alexander !

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