Clara : ‘Con fuoco’

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Clara : ‘Con fuoco’

« Il n’y a rien de plus grand que la joie de composer soi-même quelque chose, puis de l’écouter. […] Bien sûr, ce n’est qu’un travail de femme, qui manque toujours de force, et ici ou là d’inventivité. »

Clara Wieck-Schumann à Fanny Mendelssohn

Isata Kanneh-Mason

Clara Wieck, devenue en 1840 Clara Schumann par son mariage avec Robert, a choisi, l’époque aidant, de consacrer l’essentiel de sa vie à son cher époux, souvent perdu dans son imaginaire, et à ses enfants. Si elle a continué de se produire quelques fois en tant que virtuose très appréciée du piano, elle a dû prendre de sérieuses distances avec les exigences de la composition. Robert ne manquait pas de s’en attrister mais considérait qu’elle se satisfaisait de la situation.

De quels trésors avons-nous été privés, quand on entend les merveilles – heureusement désormais toutes révélées – qu’elle a léguées à la postérité ?

Heureux exemple, très inspiré par Chopin et Schumann, que ce Scherzo N°2, en Ut mineur opus 14, écrit en 1841, peu après son mariage, en utilisant le thème d’un des lieder sur des poèmes de Friedrich Rückert, dont Robert lui confia l’écriture musicale (« Er ist gekommen in Sturm und Regen »).

Le feu de la passion et la douceur tranquille d’une tendre mélancolie sous les doigts d’une jeune pianiste d’aujourd’hui qui semble trouver dans cette musique un miroir pour sa sensibilité.

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Humeur de printemps : allégresse mélancolique

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Humeur de printemps : allégresse mélancolique

Tout le printemps des paysages et des rivières
monte comme un encens dans mon cœur,

et le souffle de toutes choses
chante en mes pensées comme une flûte.

Rabindranath Tagore – « L’offrande lyrique »

Victor Borissov-Moussatov – Printemps 1901

« Allegro malinconico ». Tout est dit de l’humeur de Francis Poulenc dans ce titre oxymorique du premier mouvement de son emblématique « Sonate pour flûte et piano » au moment où il entreprend sa composition à Cannes entre février et mars 1957.

Frissonnements fébriles des variations en arabesques auxquels succède une calme mélodie, pensive, parfois sibylline, qui se termine et termine le mouvement en forme de question suspendue sur les quatre notes du premier thème.

Le plaisir est au bout du clic. . .

Piano oxygène

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Piano oxygène

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Oiseaux tristes

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Oiseaux tristes

« … des oiseaux perdus dans la torpeur d’une forêt très sombre pendant les heures les plus chaudes de l’été. »
(Ravel – 1928)

Koson Ohara – oiseaux

 

Madoka Fukami, en kimono, interprète magnifiquement Miroirs (1904-1906)
de Maurice Ravel
:

II. Oiseaux tristes

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« Mon meilleur moi ! »

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« Mon meilleur moi ! »

Clara et Robert Schumann

« Mein guter Geist, mein bess’res Ich! »

12 septembre 1840 : Robert Schumann et Clara Wieck peuvent enfin s’unir, pour le meilleur et pour le pire. Le père de Clara, par ailleurs leur professeur de piano commun, farouchement opposé à ce mariage, est condamné par la justice à ne plus faire obstacle à ce projet.

Robert offre à sa future épouse adorée un inestimable cadeau, un recueil de 26 lieder, « Myrthen », qu’il a composés à son intention sur des poèmes de Rückert, Goethe, Heine et autres Lord Byron ou Thomas Moore.
« Widmung » (dédicace) est naturellement le premier, composé sur un poème que Friedrich Rückert avait écrit vingt ans plus tôt en hommage à sa propre épouse. Schumann y exprime la profonde dévotion qu’il nourrit pour Clara, une émouvante déclaration d’amour qui ne masque rien cependant de ses fêlures, de ses doutes et de ses angoisses.

Partagée entre tendresse et déchirement, sa musique questionne autant qu’elle affirme. C’est sans doute ce qui en fait toute la beauté. Beauté de ce chant d’amour à laquelle Franz Liszt n’a pas résisté, ayant écrit de ce lied un arrangement virtuose, passionné et dramatique, que les pianistes concertistes se plaisent volontiers à inscrire dans leur liste de bis…

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Oiseaux prophètes

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Oiseaux prophètes

« Les oiseaux sont nos maîtres. »    (Olivier Messiaen)

Tardif rapprochement de deux émotions, aussi anciennes que sympathiques, autour d’oiseaux prophètes, héros de fable ou chanteur romantique dont les facéties de mon esprit m’avaient jusqu’ici caché la pourtant trop évidente gémellité.

Et les échos de leur chant de sagesse…

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Toqué de toccata /14 – L’homme armé

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Toqué de toccata /14 – L’homme armé

Francisco de ComontesSaint-Michel vers 1500

L’Homme Armé dont il est question ici est le héros d’une chanson française profane du XVème siècle, tellement populaire que les compositeurs de l’époque l’ont abondamment utilisée pour illustrer l’ordinaire de la messe.

En 2016, le formidable pianiste et compositeur québécois Marc-André Hamelin s’est inspiré du thème de cette chanson médiévale pour écrire une toccata destinée à la sélection des jeunes pianistes engagés au très prestigieux concours Van Cliburn.

Si, tant s’en faut, cette œuvre n’est pas un démon pour l’oreille, elle l’est sans doute pour les doigts. Les candidats avaient affuté leurs armes…

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Toqué de toccata /13 – De touche en timbre : Florilège…

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Toqué de toccata /13 – De touche en timbre : Florilège…

 

Pendant cette seconde moitié du XXème siècle, de très nombreuses toccatas viennent encore enrichir le répertoire pour lesquelles les compositeurs utilisent abondamment de nouvelles techniques pianistiques qui repoussent loin les limites formelles, mélodiques et rythmiques. Cependant, malgré cette grande diversité, tous ou…

Revisitons cette période, encore si proche, de toccata en toccata, de touche en timbre, comme un enfant avide de sensations et de découvertes traverserait joyeusement, bondissant de pierre en pierre, un ruisseau dans le bleu de l’été !

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Toqué de toccata /12 – Quand le jazz est là…

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Toqué de toccata / 12 – Quand le jazz est là…

« Artificiellement séparés par deux écoles, deux techniques et deux visions du son, le pianiste classique et le pianiste de jazz sont deux frères jumeaux, voire deux frères siamois, que la musique réunit parfois lorsque les barrières de nos préjugés s’effacent soudain. » 

La rencontre entre la toccata et le jazz était inévitable ? Elle eut donc lieu… Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

Quelques pages (sonores) de l’album de famille, Illustrées par des citations empruntées au « Dictionnaire amoureux du Piano » d’Olivier Bellamy (Plon).

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Toqué de toccata /10 – Mes « matriochkas »

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Toqué de toccata /10 – Mes « matriochkas »

Serge Prokofiev, Dimitri Chostakovitch et Aram Khatchatourian (vers 1945)

 

Dès le début du XXème siècle, les compositeurs et pianistes russes, comme leurs confrères européens, prennent le plus grand goût au style de la toccata.

Très tôt, le jeune Sergueï Prokofiev va composer des pièces d’une audacieuse virtuosité, inspirée du style de la toccata, pour ses exercices personnels d’abord, puis pour la publication. Si la « Toccata en Ré mineur – opus 11 » affiche clairement son genre dans son intitulé, certaines autres pièces, authentiques perles du genre, n’en porteront pas le nom, cachées qu’elles seront derrière d’autres appellations, comme le Finale de la 7ème sonate, par exemple. Un joyau du genre.

De la même manière, nombre des compositeurs qui succèdent à cet enfant terrible de la musique russe, eux aussi épris du style de la toccata, dissimulent derrière d’autres intitulés, indications de tempo ou type de mouvement, les toccatas qu’ils composent et que seule l’écoute révèle. 

Une toccata dans un prélude de Chostakovitch, une autre dans un mouvement au titre presque romantique d’une sonate de Myaskovsky…

Jeu de poupées russes musicales au cours duquel j’ai choisi, pour le plaisir, quelques « matriochkas »…

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