Scènes d’enfants

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Scènes d’enfants

« J’envie cet enfant qui se penche sur l’écriture du soleil, puis s’enfuit vers l’école, balayant de son coquelicot pensums et récompenses. »
René Char – « Fureur et mystère » (1948) –
partie « Feuillets d’Hypnos » (1943-1944)
Gallimard / Poésie – 1962

Petite fille dans une rue de Paris – photographe inconnu

20 novembre :
Journée Internationale de l’Enfance

Au fond, seuls les enfants savent parler de l’enfance. Voilà qui explique sans doute que personne mieux que le poète ou le musicien, qui jamais ne la quittent, ne sait l’évoquer avec autant de pertinence, et autant de beauté.

Ce n’est certes pas un hasard si c’est au plus « enfant » des compositeurs de la musique classique, Robert Schumann, que revient le mérite d’avoir écrit les plus émouvantes partitions sur le thème de l’enfance : « Kinderszenen » (Scènes d’enfants).

Écoutons les, comme un hymne délicat aux joies insouciantes de nos jeunesses perdues, interprétées en janvier 2018 à Barcelone par la grande Martha Argerich.

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Un cœur en automne /6 : Mélange élégiaque

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Un cœur en automne /6 : Mélange élégiaque

Mais la tendre Élégie et sa grâce touchante
M’ont séduit. L’Élégie à la voix gémissante,
Au ris mêlé de pleurs, aux longs cheveux épars ;
Belle, levant au ciel ses humides regards.

André Chénier – « Élégie XXXII »

Irina Lankova – pianiste

Amours déçues, vision désespérée du futur, tourments de mort…
Et s’ouvre grand pour l’âme sensible du poète ou du musicien l’intime registre élégiaque.
Fugitive, une lueur de confiance parfois le traverse.

 

Un poème de Goethe, comme une invitation à noyer de nos larmes la plainte apaisée d’un cœur éploré :

« Réconciliation »

 

 

Une composition romantique comme un émouvant appel à fondre notre plus triste soupir dans l’envoûtante mélancolie d’une mélodie de Rachmaninov :

« Élégie », sous les doigts de Irina Lankova.

 

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D’où compter les étoiles ?

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

D’où compter les étoiles ?

Jean-Sébastien Bach à 30 ans (1715) par Johann Ernst Rentsch le vieux († 1723)

Il n’est pas exceptionnel qu’à l’écoute d’une musique de Jean-Sébastien Bach, s’entrouvrent devant nous les portes du ciel. Il n’est pas rare, non plus, que certaines interprétations engagent notre âme émerveillée sur ce chemin des anges qui tout droit conduit à leur seuil.

Mais il arrive aussi, parfois, que la musique du Cantor de Leipzig, nous raccroche très profondément, très substantiellement, à la terre qui nous porte.
Et, qu’on ne s’y méprenne surtout pas, non parce qu’elle aurait perdu la part de sublime émané…

[…]

La « Sicilienne » de Jean-Sébastien Bach, transcrite pour le piano par le grand Wilhelm Kempff dans les années 1950, interprétée par une prodigieuse jeune pianiste au jeu d’une rare sincérité, comme témoignage émouvant que l’Esprit de la musique de Bach quitte parfois le Royaume des Cieux.
Quel meilleur endroit que notre Terre, après tout, pour compter les étoiles ?

Béatrice Berrut

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Mozart… à la française !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Mozart… à la française !

« … parce que j’ai le culte de la ligne mélodique et que je préfère Mozart à tous les autres musiciens. »   Francis Poulenc

Et quel plaisir, toujours renouvelé, d’apporter la preuve d’un tel propos, par l’exemple, avec le deuxième mouvement « Larghetto » du « Concerto pour deux pianos » en Ré mineur, que Poupoule, comme l’appelaient ses intimes, écrit en 1932 à la demande de la princesse Edmond de Polignac.

Lucas et Arthur Jussen – pianistes

Démonstration d’autant plus belle que ce « Larghetto », dans lequel Mozart a bien du mal à se cacher, est ici formidablement interprété par deux jeunes pianistes d’exception, les frères Jussen, et l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam placé sous la baguette de Stéphane Denève.

La réalisation vidéo étant elle-même remarquable, la tentation de retrouver les autres mouvements pourrait bien être irrépressible.

On découvrira alors combien Poulenc a composé ce concerto en caméléon, également inspiré pendant son travail par Bach, Ravel, Rachmaninov ou Stravinsky.

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En gants blancs, la Diva !

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En gants blancs, la Diva !

« Ne croyez pas les mains sans gants plus robustes que les autres. »

Gustave Flaubert

Shirley Horn

Porter des gants blancs n’est pas chose banale en vérité, à moins d’être Général en tenue d’apparat, Maître d’hôtel à l’heure du service, prestidigitateur sur scène ou autre huissier au Sénat…

Mais porter des gants blancs pour jouer du piano, et quel piano !… Voilà qui est certes particulièrement original, surtout si l’on tient à faire chanter son clavier avec la virtuosité et le toucher qu’exige le meilleur du jazz.

Et pourtant !…

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« Les baisers du soleil » : Butineurs d’ivoire…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

« Les baisers du soleil » : Butineurs d’ivoire…

« […] Les insectes sont nés du soleil qui les nourrit. Ils sont les baisers du soleil, comme ma dixième Sonate qui est une sonate d’insectes. […] Je les éparpille aujourd’hui comme j’éparpille mes caresses. […] Si nous percevons les choses ainsi, le monde nous apparait comme un être vivant. »

Alexandre Scriabine
(Extrait d’une lettre adressée au musicologue russe Sabaneïev)

Alexandre Scriabine (1872-1915)

« Toute la vie de Scriabine semble ainsi comme une tentative de vaste prélude à un dépassement et un au-delà de la musique par la musique elle-même. »

Jean-Yves Clément – Alexandre Scriabine – Actes Sud Classica – P. 34

Un élan vers la lumière, à travers la porte qu’ouvre grand pour nous sur le « silence des sphères » la sonate pour piano N° 10  de Scriabine, interprétée par Yuja Wang.

что еще ? (What else ?)

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