‘Et si nous regardions la vie par les interstices de la mort ?’

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

‘Et si nous regardions la vie par les interstices de la mort ?’

Tout ce qu’il y a de grand au monde est rythmé par le silence : la naissance de l’amour, la descente de la grâce, la montée de la sève, la lumière de l’aube filtrant par les volets clos dans la demeure des hommes.

Jules Supervielle

Vilhelm Hammershøi

En 1960, Jules Supervielle, avait été élu « Prince des poètes » par ses pairs (René-Guy Cadou, Lionel Ray, Claude Roy, Philippe Jaccottet, Jacques Réda, Alain Bosquet, entre autres)

Lire, voir, écouter ces vers qui le représentent si justement . . . !

‘L’alphabet de la mort’

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

‘L’alphabet de la mort’

« L’émotion du poète ne vient pas de ce qu’il voit mais de ce qu’il endure. »

René-Guy Cadou in « Usage interne » – 1951

Marianne Stokes – La jeune fille et la mort – 1908

« O mort, parle plus bas, on pourrait nous entendre
« Approche-toi encore et parle avec les mains… »

Mais pour les indiscrets, des oreilles et des yeux . . .

Mais vieillir… ! – 10 – À la mort

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

Mais vieillir… ! – 10 – À la mort

Mourir persuadés
qu’il n’y a pas de plus beau voyage.

Vincenzo Cardarelli

Ray Donley

Seuls les poètes, je crois, peuvent interpeller la mort sans crainte ni défiance. L’adjurer même, avec la simplicité et l’humilité de l’homme qui sait. Et avec éventuellement ce soupçon d’humour qui pourrait presque le rendre invincible…Presque !

Le poète italien Vincenzo Cardarelli adresse à la mort son vœu ultime.

Lire, voir, écouter . . .

Mais vieillir…! – 8 – ‘Éloge de la vieillesse’

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

Mais vieillir…! – 8 – ‘Éloge de la vieillesse’

Giorgione – Les trois âges de l’homme

« Lorsque l’homme commence à décliner, après avoir atteint le faîte de son existence, il se débat ainsi contre la mort, les flétrissures de l’âge, contre le froid de l’univers qui s’insinue en lui, contre le froid qui pénètre son propre sang. Avec une ardeur renouvelée, il se laisse… »

Extrait de Éloge de la vieillesse – Hermann Hesse

Musique : Maurice Ravel – Quatuor à cordes en Fa majeur
2ème Mouvement – « Assez vif & très rythmé »
Quatuor Hagen  –
Concert hall – Mozarteum, Salzburg (2000)

Lire, écouter. . . « Trembler et sourire » !

La mort de Don Quichotte

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

La mort de Don Quichotte

… J’avais toujours entendu dire, avec le proverbe : « qui chante ses maux enchante ».

Don Quichotte

José Van Dam / George Bertin Scott (1873-1942) Don Quichotte

José Van Dam chante « La mort de Don Quichotte » de Jacques Ibert

Émus et enchantés, pleurons avec Sancho. . .

Siegfried : la mort, la marche

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Siegfried : la mort, la marche

« J’ai composé un chœur grec, mais un chœur qui serait pour ainsi dire chanté par l’orchestre. »

 Richard Wagner (A propos de la Marche funèbre de Siegfried dans Götterdämmerung.)

Henry de Groux – Mort de Siegfried – 1899

Un coup de lance plantée dans le dos de Siegfried par le traître Hagen et la malédiction des Niebelungen s’accomplit.

A l’acte III du « Götterdämmerung »,  dernier opéra de la Tétralogie, la mort de Siegfried et la marche funéraire qui accompagne le héros au bûcher – « Siegfrieds Tod und Trauermarsch » – offrent à Wagner l’occasion d’une des pages les plus mémorables de la musique symphonique.
Cette « marche au néant », comme l’ont qualifiée certains, poignante et tonitruante, prélude à la fin dramatique du « Ring ».

Klaus Tennstedt et le Phiharmonique de Londres en ont donné une sublime interprétation à Tokyo en 1988.

Lire, voir, écouter . . .

Schubert : La vie, la mort, la vie !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Schubert : La vie, la mort, la vie !

« Face à la musique de Schubert, les larmes coulent sans questionner l’âme auparavant, puisqu’elle se précipite sur nous avec la force même de réalité, sans le détour de l’image. Nous pleurons, sans savoir pourquoi ; parce que nous ne sommes pas encore tels que cette musique nous promet d’être, mais seulement dans… »

Théodore Adorno

Schubert3-980x489

Jamais, dans l’œuvre de Schubert, sa musique n’aura entretenu une aussi étroite proximité avec la mort que dans l’Andantino de la sonate pour piano N° 20 en La Majeur (D 959) et l’Adagio du Quintette avec deux violoncelles (D 956), tous deux composés dans les dernières semaines de sa courte existence.

« Berceuse de la douleur ».
C’est ainsi que Brahms avait surnommé le deuxième mouvement Andantino de la sonate N° 20 – D 959 en La majeur. Et l’on comprend pourquoi :

Les premières notes de l’Andantino entament un chant hypnotique, rythmé par le seul pas pesant, las et douloureux, du voyageur résigné. Poignant.
Rien ne semble bouger, pas même…

A propos du Quintette en Ut à deux violoncelles, le grand pianiste viennois, Paul Badura-Skoda, écrit en 2001 :

« Seul celui qui a entrevu l’autre rive du Styx, le fleuve qui enserre le royaume des morts, peut créer une œuvre d’une telle portée. »

Lire, voir, écouter la suite . . .

Lumière blessée /8 – Ceux qui voient…

Anto Carte (Belgique 1886-1954) - Les aveugles

Anto Carte (Belgique 1886-1954) – Les aveugles

Frères aveugles

Pensez à tous ceux qui voient
vous tous qui ne voyez pas
où vont-ils se laisser conduire
ceux qui regardent leur bout de nez
par le petit bout d’une lorgnette

Narcisse - Peintre hollandais (c1640)

Narcisse – Peintre hollandais (c1640)

Pensez aussi à ceux qui louchent
à ceux qui toujours louchent vers l’or
vers la mer leur pied ou la mort

Marinus Claesz. van Reymerswaele -Le changeur et sa femme (1539) Madrid Prado

Marinus Claesz. van Reymerswaele -Le changeur et sa femme (1539) Madrid Prado

à ceux qui trébuchent chaque matin
au pied du mur au pied d’un lit
en pensant sans cesse au lendemain
à l’avenir peut-être à la lune au destin
à tout le menu fretin
ce sont ceux qui veillent au grain

Georges de La Tour - Diseuse de bonne aventure

Georges de La Tour (1593-1652) – Diseuse de bonne aventure

Mais ils ne voient pas les étoiles
parce qu’ils ne lèvent pas les yeux
ceux qui croient voir à qui mieux mieux
et qui n’osent pas crier gare

Frantizek Kupka - La voie du silence

Frantizek Kupka (1871-1957) – La voie du silence

Pensez aux borgnes sans vergogne
qui pleurent d’un œil mélancolique
en se plaignant des moustiques

Dietz Edzard - Allemagne 1893-1963

Dietz Edzard – Allemagne 1893-1963

Pensez à tous ceux qui regardent
en ouvrant des yeux comme des ventres
et qui ne voient pas qu’ils sont laids
qu’ils sont trop gros ou maigrelets
qu’ils sont enfin ce qu’ils sont

Lucian Freud - Pluto et les soeurs Bateman - 1995

Lucian Freud – Pluto et les soeurs Bateman – 1995

Pensez à ceux qui voient la nuit
et qui se battent à coups de cauchemars
contre scrupules et remords

Battista Dossi - Le songe - Allégorie-de-la-nuit (1543)

Battista Dossi – Le songe – Allégorie-de-la-nuit (1543)

Pensez à ceux qui jours et nuits
voient peut-être la mort en face
Pensez à ceux qui se voient
et savent que c’est la dernière fois

Lucas Furtenagel - Hans+Burgkmair et sa femme Anna 1527 - (Vienne)

Lucas Furtenagel – Hans+Burgkmair et sa femme Anna 1527 – (Vienne)

(Chansons- 1949  in Georgia -, Épitaphes – Chansons – Poésies Gallimard)

Philippe Soupault (1897-1990)

Philippe Soupault (1897-1990)