Quels yeux tes yeux !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Quels yeux tes yeux !

« Un jour, dans tes yeux
« Je verrais de la poésie, le regard implorant »

Vinicius de Moraes (Rio de Janeiro 1913-1980)

De Rio à Paris, avec Jeanne Moreau et Maria Bethania, un bien beau voyage poétique de fin d’été dans les yeux d’une bienaimée…

Saudade ! Saudade !

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Recette de femme

Que les très laides me pardonnent mais la beauté est fondamentale.
Il faut dans tout cela qu’il y ait quelque chose d’une fleur, quelque chose d’une danse, quelque chose de haute couture dans tout cela (ou alors que la femme se socialise élégamment en bleu comme dans la République Populaire Chinoise). Il n’y a pas de moyen terme.

Evan Wilson  (né en 1953)

Evan Wilson (peintre né en 1953) – Etats Unis

Il faut que tout soit beau. Il faut que, tout à coup on ait l’impression de voir une aigrette à peine posée, et qu’un visage acquière de temps en temps cette couleur que l’on ne rencontre qu’à la troisième minute de l’aurore.

An He (né en 1957)

An He (né en 1957)

Il faut que tout cela soit sans être, mais que cela se reflète et s’épanouisse dans le regard des hommes.
Il faut, il faut absolument que tout soit beau et… inespéré.
Il faut que des paupières closes rappellent un vers d’Eluard, et que l’on caresse sur des bras quelque chose au-delà de la chair : et qu’au toucher ils soient comme l’ambre d’un crépuscule.

Julie Swan - Australia

« Just being » by Julie Swan – Australie

Ah, laissez-moi vous dire qu’il faut que la femme qui est là, comme la corolle devant l’oiseau soit belle, ou qu’elle ait au moins un visage qui rappelle un temple ; et qu’elle soit légère comme un reste de nuage : mais un nuage avec des yeux et des fesses.

Yuri Yarosh

Yuri Yarosh (né en 1969) – Biélorussie

C’est très important les fesses. Les yeux, cela va sans dire, qu’ils regardent avec une certaine malice innocente.
Une bouche fraîche (jamais humide), mobile, éveillée, et aussi d’une extrême pertinence.

Fulvio De Marinis

Fulvio De Marinis (né en 1971) – Italie

Il faut que les extrémités soient maigres, que certains os pointent, surtout la rotule, en croisant les jambes, et les pointes pelviennes lors de l’enlacement d’une taille mobile.
Très important toutefois demeure le problème des salières, une femme sans salières est comme une rivière sans ponts.

Andrej Belle (Peintre né en 1957 à Minsk)

Andrej Belle (Peintre né en 1957 à Minsk)

Il est indispensable qu’il y ait une hypothèse de petit ventre, et qu’ensuite la femme s’élève en calice et que ses seins soient une expression gréco-romaine, plus que gothique ou baroque et qu’ils puissent illuminer l’obscurité avec une force d’au moins 5 bougies.

Alexander Shubin

Alexander Shubin – peintre russo-canadien

Il faut absolument que le crâne et la colonne vertébrale soient légèrement visibles et qu’il existe une grande étendue dorsale…

Li Wentao

Li Wentao – jeune peintre pékinois

Que les membres se terminent comme des hampes, mais qu’il y ait un certain volume de cuisses. Qu’elles soient lisses, lisses comme des pétales et couvertes du duvet le plus doux, cependant sensible à la caresse en sens contraire.

Aaron Westerberg

Aaron Westerberg

Les longs cous sans nul doute sont préférables de manière à ce que la tête donne parfois l’impression de n’avoir rien à voir avec le corps et que la femme ne rappelle pas les fleurs sans mystère.

Vasyl Fedoruk

Vasyl Fedoruk – Ukraine

Les pieds et les mains doivent contenir des éléments gothiques discrets. La peau doit être fraîche aux mains, aux bras, dans le dos et au visage mais les concavités et les creux ne doivent jamais avoir une température inférieure à 37° centigrades, capables, éventuellement, de provoquer des brûlures du premier degré.

Jia Lu

Jia Lu

Les yeux, qu’ils soient de préférence grands et d’une rotation au moins aussi lente que celle de la terre; qu’ils se placent toujours au-delà d’un mur invisible de passion qu’il est nécessaire de dépasser.

Faiza Maghni

Faiza Maghni – peintre algérienne (Oran)

Que la femme, en principe, soit grande ou, si elle est petite, qu’elle ait l’altitude mentale des hautes cimes.
Qu’elle surgisse, qu’elle ne vienne pas ; qu’elle parte, quelle n’aille pas.
Et qu’elle possède un certain pouvoir de rester muette subitement, et de nous faire boire le fiel du doute.

Julie Swan

Julie Swan – Sculptrice australienne

Oh, surtout qu’elle ne perde jamais, peu importe dans quel monde, peu importe dans quelles circonstances, son infinie volubilité d’oiseau, et que caressée au fond d’elle-même, elle se transforme en fauve sans perdre sa grâce volatile; et qu’elle répande toujours l’impossible parfum ; et qu’elle distille toujours le miel enivrant ; et qu’elle chante toujours le chant inaudible de sa combustion et qu’elle ne cesse jamais d’être l’éternelle danseuse de l’éphémère.

Marcos Damascena

Marcos Damascena – Peintre hyperréaliste né en 1981 – Brésil

Et dans son incalculable imperfection qu’elle constitue la chose la plus belle et la plus parfaite de toute l’innombrable création.

Vinicius de Moraes  (1913-1980)

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Personnage majeur et charismatique de la musique brésilienne, parolier de centaines de titres mondialement connus et joués, interprète parfois de ses chansons avec les grands de la bossa-nova et de la samba, et poète à l’âme particulièrement romantique.

Orfeu negro

Loin de sa Thrace natale, Orphée est brésilien en 1959. Il a les traits de Breno Mello (qui s’en souvient?), Eurydice ceux de la ravissante Marpessa Dawn. Sous la lumière de Rio et de ses environs et au rythme de la musique inoubliable d’Antônio Carlos Jobim et Luiz Bonfá, les amants éternels préparent un carnaval dont on sait par avance, évidemment, le drame qu’il abrite.

Vinicius de Moraes a confié au réalisateur Marcel Camus la pièce de théâtre qu’il a écrite depuis quelques années, « Orfeu da Conceição« . Et voici « Orfeu Negro« , le film.

Le public lui réserve un accueil enthousiaste, et le monde du cinéma le distingue : Palme d’or à Cannes en 1959, Oscar du meilleur film étranger en 1960, Golden Globe du meilleur film la même année.

Au dernier acte, comme les Bacchantes de la légende, des sorcières hystériques tuent le pauvre Orphée qui s’apprête, avant la fin de l’aurore, à rendre Eurydice à sa nuit éternelle. Mais avec le soleil retrouvé, la vie recommence, le manège des amours continue de tourner, les espoirs se reforment. Le chant d’Orphée ne connait pas de fin.

Cet extrait en portugais n’est pas sous-titré, ce serait inutile d’ailleurs. Pour la petite histoire, quand le film fut projeté à Cannes, avec le succès que l’on sait, la version présentée était aussi en portugais non sous-titrée. On ne dit pas combien dans la salle comprenaient cette langue, gageons qu’ils n’étaient pas nombreux.