Invitation à la valse

Bien que la valse Opus 64 N°2 en Ut dièse mineur soit une des rares valses de Chopin à avoir vocation à la danse, ce n’est pas sur le parquet lisse et brillant que je vous invite. C’est plutôt à écouter, une fois encore, cette valse, mille fois entendue.

Comme les enfants qui chaque soir, pour s’endormir rassurés, demandent à entendre le même conte, écoutons, nous aussi, la même musique qui nous raconte l’histoire éternelle du poète. La fée sera Yuja Wang, dans sa belle robe rouge.

Elle joue sans pathos, sans emphase. La simplicité de son jeu fait chanter la musique qui ne demande rien d’autre. Les états d’âme du poète vont et viennent à travers la mélodie au rythme de ses  humeurs, librement, tantôt partant  chercher au loin un souvenir enfui, tantôt laissant gronder la passion de l’instant. Tout le récit est dans la nuance.

Il y a dans cette interprétation une pudeur et une fraîcheur qui pourraient volontiers ressembler à celles de notre cher compositeur, et qui se continuent dans les expressions discrètes du fin visage de Yuja.

Et puisqu’il était question initialement d’écoute et de ré-écoute, ne lâchons pas en chemin. Ré-écoutons cette valse… par la même pianiste… âgée d’une dizaine d’années. Vous trouverez les qualificatifs tout seuls…