Fusion d’amour

Emmanuel Sellier - Mémoire fossile - terre cuite patinée

Emmanuel Sellier – Mémoire fossile – terre cuite patinée (site du sculpteur en cliquant sur l’image)

Toi et moi
avons tant d’amour
qu’il brûle comme un feu ardent.
Dans ce feu cuisons une motte d’argile
ton visage moulé
mon visage moulé.
Puis brisons nos deux faces de terre
et dans l’eau fusionnons les débris.
Reformons nos visages de glaise :
Une part de moi dans ton argile
Dans mon argile une part de toi.

Vivants nous partageons la même couche
Morts nous partagerons le même cercueil.

Kuan Tao-Sheng (Poétesse chinoise du XIIIème siècle)

Traduction libre de la traduction anglaise de Kenneth Rexroth and Ling Chung

 Guan Daosheng on Wikipedia

Liberté, Liberté chérie…

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs !
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

La Marseillaise – 6ème couplet

En remplaçant « Hitler » par « Djihad » on pourrait dire que ce poème a été composé un certain dimanche de janvier 2015.

Ce cœur qui haïssait la guerre
voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons,
à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.

Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre
à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté
au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.

Robert Desnos né en 1900. Après avoir rejoint la résistance en 1942, il meurt en juin 1945 au camp de Thereseinstadt.

Just married !

Ils se sont mariés hier.

Deux êtres différents qui ont décidé de mettre leurs énergies en commun pour se retrouver sans cesse et franchir continuellement cette barre si mince et si fragile qui naturellement les sépare, si peu certes, mais.. L’homme, la femme…

Parce qu’ils s’aiment et qu’ils se sont choisis réciproquement et sincèrement pour compagnons, l’un de l’autre, je leur souhaite de toujours trouver le geste habile et fin qui les aide à franchir avec une grâce toujours renouvelée, cette modeste barre, afin que chacun se retrouve chez lui chez l’autre. Pour qu’ils soient chez eux partout où ils sont ensemble.

Puisse cette barre demeurer pour eux une  » barre d’appui «  !

Longue vie de bonheur partagé à Christiane et Laurent !

 ♥

Trois préludes de Rachmaninov dansés par Lucia Lacarra et Marlon Dino, sur une chorégraphie de Ben Stevenson.

 ♥

Tu es venue le feu s’est alors ranimé
L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoilé
Et la terre s’est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J’avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J’avançais je gagnais de l’espace et du temps
J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l’espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l’aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.

Paul Eluard extrait de ( » La mort L’amour La vie  » in  » Le Phénix  » – 1951)

 ♥♥

La nuit 8 – La chambre des amants

 » On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.  »    Alfred de Musset

Éternels gestes de l’amour, pantomime universelle, danse rituelle spontanément éclose au fond des âges ; chorégraphie naturelle des corps, jamais apprise et cependant sue ; magie toujours recommencée et chaque fois différente d’un souffle de création unique, épiphanie du divin, fusion de deux êtres de chair dans l’indicible lumière d’une éphémère union :

Deux amants, dans l’intimité de leur chambre d’amour.

Deux exceptionnels danseurs, Lucia Lacarra et Cyril Pierre, un chorégraphe inspiré, Val Caniparoli, et un musicien (au hasard), Frédéric Chopin, et nous voilà transportés dans la chambre des amants. Désormais, grâce à eux, spectateurs émerveillés d’un pas d’amour que la pudeur du couple blotti dans sa nuit aurait encore dissimulé à la curiosité de nos regards envieux.

Aimer !

Vidéo visible en HD (roue dentelée en bas et à droite de l’image)

« I have a dream… »

Oui, je fais ce rêve de voir et d’entendre un jour le peuple de France, conduit par la seule baguette d’un chef d’orchestre, réuni par la musique dans tous les coins du pays, autour de son unique drapeau, chanter d’un seul chœur en liesse, fier et enthousiaste,  « Tu ne marcheras plus tout seul », comme le font les anglais, ici en 2013 avec la merveilleuse Joyce Di Donato, à la fin du concert annuel des « Proms » au Royal Albert Hall de Londres. (Et ils ne chantent pourtant pas encore le « Rule Britannia », ni même le « God Save The Queen »…).

Un chant de paix, pour tous, et surtout contre personne ; loin des temples, sans ballon, sans fusil, sans victoire, sans défi, sans vengeance ; un chant, tout simplement pour chanter… ensemble.

« Seule l’utopie du futur réconforte contre le pessimisme de l’Histoire » (Elisabeth Badinter)

Le chant commence à 2’40

Mélodie extraite de la comédie musicale, « Carousel »  (Carrousel en français) de Richard Rogers et Oscar Hammerstein (1945).

Quand tu marches à travers une tempête, garde la tête haute
Et n’aie pas peur du noir
A la fin de la tempête se trouve un ciel d’or
Et le doux chant d’une alouette
Marche à travers le vent
Marche à travers la pluie
Même si tes rêves ont été ballottés et soufflés au loin
Marche, marche avec l’espoir au cœur…

Et tu ne marcheras jamais seul

On ne badine pas…

Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux.

On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.

Alfred de Musset

Illustration musicale : Vivaldi – Concerto pour hautbois