Orfeu negro

Loin de sa Thrace natale, Orphée est brésilien en 1959. Il a les traits de Breno Mello (qui s’en souvient?), Eurydice ceux de la ravissante Marpessa Dawn. Sous la lumière de Rio et de ses environs et au rythme de la musique inoubliable d’Antônio Carlos Jobim et Luiz Bonfá, les amants éternels préparent un carnaval dont on sait par avance, évidemment, le drame qu’il abrite.

Vinicius de Moraes a confié au réalisateur Marcel Camus la pièce de théâtre qu’il a écrite depuis quelques années, « Orfeu da Conceição« . Et voici « Orfeu Negro« , le film.

Le public lui réserve un accueil enthousiaste, et le monde du cinéma le distingue : Palme d’or à Cannes en 1959, Oscar du meilleur film étranger en 1960, Golden Globe du meilleur film la même année.

Au dernier acte, comme les Bacchantes de la légende, des sorcières hystériques tuent le pauvre Orphée qui s’apprête, avant la fin de l’aurore, à rendre Eurydice à sa nuit éternelle. Mais avec le soleil retrouvé, la vie recommence, le manège des amours continue de tourner, les espoirs se reforment. Le chant d’Orphée ne connait pas de fin.

Cet extrait en portugais n’est pas sous-titré, ce serait inutile d’ailleurs. Pour la petite histoire, quand le film fut projeté à Cannes, avec le succès que l’on sait, la version présentée était aussi en portugais non sous-titrée. On ne dit pas combien dans la salle comprenaient cette langue, gageons qu’ils n’étaient pas nombreux.