La musique… sans le son

La musique sans le son. Absurdité ?  Un koan peut-être ?  Une provocation lancée aux pages de ce blog ?

La musique sans le son ? Oui ! c’est bien le titre du billet. Une gageure.

Une fois n’est pas coutume ! Et même si nous voulions – parce que devenu sourd – que cette fois le devienne, il nous faudrait sans doute, pour reproduire l’évènement, chercher loin et longtemps. Pour parvenir finalement aux évidentes conclusions que le cinéma muet – qui ne projetait, dit-on, que des images – ne nous manque pas du tout, et que Sacha Guitry nous est indispensable.

La musique sans le son, c’est à la fois, le constat d’une absence que ne savait combler la technologie cinématographique d’un autre temps et un défi proposé à la créativité de l’artiste pour remplir ce vide sonore. Autrement dit, et de manière plus concrète, comment, au temps du cinéma muet, entendre lors de la projection, la musique du musicien qui jouait devant la caméra ?

Mais, nous nous garderions bien de tenter ici une réponse. Surtout pas ! Et encore moins quand elle peut nous être servie sur un plateau d’argent par le Maître lui-même, racontant dans la belle langue qu’on lui connaît les étapes de son expérience réussie.

Je gage qu’après avoir visionné cette vidéo d’archive, brillant témoignage d’un formidable passé, vous prendrez une profonde inspiration, le regard tendu vers le ciel, et que vous direz, les narines un rien pincées dans une longue expiration emphatique, à peine surjouée, à la manière de qui vous savez :

Ah ! Le parlant. Quel bonheur !

« Le son m’enfante… »

Pour marquer mon dernier voyage de cette courte année chez mes amis « Les Cosaques »  je voulais que la perle musicale que j’y déposerais exprimât avant tout le sentiment d’une profonde humanité qu’aucune frontière ne retînt.

Il fallait que le poème, la musique, l’interprète et son message fusionnassent en une émotion unique, forte, juste, qui, sans détour, au-delà du langage, pût sensuellement pénétrer l’âme de chacun.

Je désirais enfin que cette perle servît d’illustration à ce vers du « Cimetière marin » de Paul Valéry  :  « Le son m’enfante et la flèche me tue »  ; afin qu’à l’orée et à l’instar d’une nouvelle année, elle nous fasse à la fois naître et mourir… pour qu’ensemble nous renaissions de son partage, au moins le temps d’un frisson.

Buika03J’ai donc déposé sur cette page des « Cosaques », une perle noire, de culture arlequine, qui laisse échapper de son écrin les accents magiques et indéfinissables d’une âme en permanente errance entre naître et mourir : le « duende ».

 

« Oro santo »

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