Au fond de la Seine…

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Au fond de la Seine…

Vous venez de recevoir votre nouvelle T.S.F. et déjà, exaspéré par le flot des brillantes publicités que les stations diffusent, vous avez envie de la jeter au fond de la Seine.

N’en faites rien ! La Seine est déjà pleine de mille choses…

 

Choisissez plutôt la bonne fréquence et écoutez la voix gouailleuse de Lys Gauty en faire un bien poétique mais bien réaliste inventaire.

Les paroles sont de Maurice Magre et la musique de Kurt Weill.

Trois bonnes raisons pour écouter la radio !

« Complainte de la Seine »

Lire, voir, écouter la suite . . .

Les eaux de mon été -4/ La Seine a rencontré Paris

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Les eaux de mon été -4/ La Seine a rencontré Paris

Je ne sais, ne sais, ne sais pas pourquoi
On s’aime comme ça, la Seine et moi…

Mathieu Chedid & Vanessa Paradis (« La Seine » 2011)

Crépuscule sur Notre-Dame de Paris – Photo : serialpictures.fr

Après avoir donné, pour parler de ce fleuve qu’il aimait tant, la parole à ces parisiens qui quotidiennement le côtoient, un enfant, « devineur de devinettes », une amoureuse, un pilote de remorqueur, à un passant guindé, « désabusé », qui ose traiter la Seine — crime de lèse-majesté — de « fleuve comme un autre », Jacques Prévert s’octroie la conclusion sur « sa petite rivière à [lui] » en une tendre tirade sur le ton gouailleur, entre deux gorgeons, d’un « seigneur des berges ».

Une bien sincère déclaration d’amour qui se prolonge à plaisir dans un court-métrage réalisé sur la Seine par Joris Ivens en 1957.

Le poème de Prévert est sublimé par la qualité des images en noir et blanc, par la complète adéquation de la musique avec l’époque et la diversité des situations offertes au regard. Et Serge Reggiani, au rythme assuré du remorqueur qui progresse sur le reflet des eaux, dit le poème…

La réussite est totale et l’émotion réelle, intacte malgré les rides, ou à cause d’elles peut-être.

Le jury du Festival de Cannes en 1958 ne s’était pas trompé en attribuant à ce film son Grand Prix du court-métrage.

« La Seine a rencontré Paris »

Lire, voir, écouter la suite . . .

Brumes et brouillards /6 –  » Sur l’eau « 

Claude Monet - Brumes sur la Seine 1897 (Mead Art Museum - Massachusets)

Claude Monet – Bras de la Seine à Giverny dans le brouillard – 1897 – (Mead Art Museum – Massachusets)

Cependant, la rivière s’était peu à peu couverte d’un brouillard blanc très épais qui rampait sur l’eau fort bas, de sorte que, en me dressant debout, je ne voyais plus le fleuve, ni mes pieds, ni mon bateau, mais j’apercevais seulement les pointes des roseaux, puis, plus loin, la plaine toute pâle de la lumière de la lune, avec de grandes taches noires qui montaient dans le ciel, formées par des groupes de peupliers d’Italie. J’étais comme enseveli jusqu’à la ceinture dans une nappe de coton d’une blancheur singulière, et il me venait des imaginations fantastiques. Je me figurais qu’on essayait de monter dans ma barque que je ne pouvais plus distinguer, et que la rivière, cachée par ce brouillard opaque, devait être pleine d’être étranges qui nageaient autour de moi. J’éprouvais un malaise horrible, j’avais les tempes serrées, mon cœur battait à m’étouffer ; et, perdant la tête, je pensai à me sauver à la nage ; puis aussitôt cette idée me fit frissonner d’épouvante. Je me vis, perdu, allant à l’aventure dans cette brume épaisse, me débattant au milieu des herbes et des roseaux que je ne pourrais éviter, râlant de peur, ne voyant pas la berge, ne retrouvant plus mon bateau, et il me semblait que je me sentirais tiré par les pieds tout au fond de cette eau noire.
En effet, comme il m’eût fallu remonter le courant au moins pendant cinq cents mètres avant de trouver un point libre d’herbes et de joncs où je pusse prendre pied, il y avait pour moi neuf chances sur dix de ne pouvoir me diriger dans ce brouillard et de me noyer, quelque bon nageur que je fusse.

Extrait de la nouvelle  » Sur l’eau «  de Guy de Maupassant

« Sous le pont Mirabeau… »

Pont Mirabeau - plaque

Pont Mirabeau – plaque

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

                                                                  Guillaume Apollinaire (« Alcools » – 1913)

Illustration musicale : « Georgia » – Charles Lloyd (saxophone)

Paris mon amour!

Si vous n’avez pas de programme pour ce week-end, pourquoi ne pas m’accompagner? Je vous invite à une promenade dans cet éternel Paris que j’aime.
D’abord dans le Paris d’aujourd’hui, cosmopolite – Arlequin pourrait-on dire -, avec ses architectures modernes et ses artistes contemporains. Nous longerons la Seine apaisante, nous chercherons sous les feuilles de ses jardins l’âme perdue d’un vieux poète. Nous aurons pour guide Danièle. Je ne connais d’elle que son blog, « La tribu d’Anaximandre » (je suppose qu’il s’agit du disciple de Thalès et du Maître de Pythagore, ces deux sauvages dont les théorèmes nous ont fait tant souffrir). Les photos qu’elle y présente sont parfois des poésies sans paroles.

Pour la rejoindre : Passe muraillePasser à travers le mur d’un clic

Nous continuerons notre flânerie dans le Paris des souvenirs pour certains, celui de l’histoire pour d’autres.  D’abord sous le ciel voilé des jours à travers les photographies de Robert Doisneau, puis dans le secret des nuits en longeant les murs sombres de Brassaï.

Paris profil jour avec les photos de Doisneau

Paris profil nuit sous l’œil de Brassaï

Bon week-end… à Paris!

Paris…

« Point le plus éloigné du paradis, Paris n’en demeure pas moins le seul endroit où il fait bon désespérer. »  

Cioran (Syllogismes de l’amertume) – Ecusson musical :  Ella Fitzgerald (April in Paris)