A la recherche de Marietta

Si vous ne connaissez pas Marietta, je gage que vous l’adorerez, aussitôt découverte. Si vous l’avez déjà rencontrée, vous n’aurez évidemment pas pu l’oublier, et vous vous ferez une joie, j’en suis sûr, de la retrouver un instant.

Sa beauté, flattée depuis 1920 par la musique de Korngold, s’est incarnée dans tant de séduisants visages et la sensualité qu’elle dégage s’est exprimée à travers tant de voix aussi enivrantes les unes que les autres, que je ne peux commencer ce billet autrement que par l’aveu d’un réel embarras face au difficile choix de la Marietta, héroïne de l’opéra « Die tote stadt » (La ville morte), que je convierai.

Mais rencontrer Marietta suppose de la connaître. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Elle apparaît d’abord, héroïne tragique, dans la littérature belge de la fin du XIXème avant de renaître, dans les années qui suivent la fin de la Première Guerre Mondiale sur les scènes des opéras du monde. Commençons donc par la chercher là où son personnage se montre pour la première fois, près des eaux immobiles et noires qui glissent, lugubres, entre les béguinages et les beffrois de « Bruges­­­-la-morte », ainsi qu’avait été nommée la célèbre ville flamande par Georges Rodenbach, maître du Symbolisme  belge, dans son roman éponyme, écrit en 1892, et publié initialement sous forme de feuilleton dans Le Figaro de l’époque.

Georges Rodenbach (1855-1898)

Georges Rodenbach (1855-1898)

Fernand Khnopff  :  À Bruges. Aspect de Bruges, Le Lac d'Amour

Fernand Khnopff : À Bruges. Aspect de Bruges, Le Lac d’Amour

C’est dans cette ville, première héroïne de l’ouvrage, où l’étrange prend immédiatement les couleurs inquiétantes du drame lorsque l’esprit, tel celui de Rodenbach, conçoit un rapport particulier à la mort, que l’auteur installe ses personnages.

Bruges la morteQuel meilleur choix que Bruges où « tous les jours y ont un air de Toussaint », « l’eau sensitive y a un regard ambigu », cité partagée entre Dieu et Diable dans les vapeurs mêlées de l’encens et du soufre, pour accueillir Hugues ? Profondément chrétien, le suicide lui est interdit ; où donc ce mort-vivant romantique pourrait-il mieux se consacrer à la morbide méditation qu’il s’impose pour garder avec sa femme adorée, désormais disparue, un contact de tous les instants ? Tout à Bruges, dans la brumeuse atmosphère des canaux qu’un carillon parfois déchire, porte à la rêverie ; tout dans la chambre de Hugues se conjugue au passé nostalgique, parle d’elle, la morte. On trouve même dans ce sanctuaire, conservée dans un coffret de verre, une tresse de sa chevelure, relique, objet de la profonde vénération du veuf inconsolé.

Un jour, au cours d’une promenade, Hugues rencontre le sosie de son épouse disparue. Et si la vie avait décidé de lui redonner espoir ! Il suit l’inconnue, apprend que c’est une danseuse lilloise, Jane, venue à Bruges avec sa troupe. -(Elle deviendra Marietta dans l’opéra de Korngold, quand Hugues se transformera en Paul).

Il ne tarde pas à devenir son amant et pénètre ainsi dans le rêve fou qui l’encourage à se convaincre du retour de sa bienaimée. Mais la réalité le rattrape, la jeune femme n’est pas celle qu’il imaginait. Elle se révèle vulgaire, volage, perverse, se rit de lui, et les rumeurs de la ville bien-pensante enflent jusqu’à la limite du scandale.

Le jour de la procession du Saint-Sang, Hugues a invité Jane chez lui. Il se rend compte du monde qui sépare son souvenir de son présent, essaie de sortir de son rêve dans lequel le désir et la jalousie le maintiennent. La tragédie se joue enfin ce jour-là, lorsque Jane profane la chevelure de la défunte en l’enroulant, ironie provocante, autour de son cou. Les mains de Hugues s’emparent des deux extrémités de la tresse. Il serre, serre…

Jane meurt étranglée.

Comme la Marietta de Korngold, dans la même ville de Bruges, plus tard, par la furie libératrice de Paul…

Pendant ce temps, à Vienne, un certain Docteur Freud signe l’acte de naissance de la psychanalyse…

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Erich Wolfgang Korngold (1897-1957)

Erich Wolfgang Korngold (1897-1957)

En 1920, Erich Wolfgang Korngold, jeune musicien autrichien, prodige de 23 ans, élève de Zemlinsky, chaleureusement encouragé dans la carrière par Mahler, Puccini et Richard Strauss (on pourrait trouver pires parrains…), s’inspire de la pièce de théâtre  » Le Mirage « , que Rodenbach a bâtie à partir de son propre roman,  » Bruges-la-morte « , et compose l’opéra  » Die tote stadt  » ( La ville morte). Fait unique dans l’histoire du genre, l’œuvre est simultanément donnée le même soir à Hambourg sous la baguette du compositeur lui-même et à Cologne, dirigée par Otto Klemperer. Le succès est immédiat, justifié et total. Les scènes du monde entier s’empressent de mettre l’œuvre à leur programme.

Malgré un profond respect pour le texte de Rodenbach, Korngold est contraint de faire quelques aménagements que lui imposent la forme musicale d’une part et l’indispensable variété des jeux scéniques qu’exige un opéra, d’autre part.

Dès l’Acte I, peu de temps après leur rencontre, dans la rapide intimité qui les unit déjà, Paul (Hugues) demande à Marietta (Jane) de lui chanter une chanson. Elle entonne ce lied mélancolique:  » Glück, das mir verblieb… «  (Bonheur qui me reste…). La douce fluidité de la voix de soprano lyrique y fait entendre également l’ensorcelante poésie du chant wagnérien et l’émouvante profondeur des lieder de Richard Strauss, toutes deux naturellement liées dans la composition cependant très personnelle de Korngold. Une merveille mélodique et vocale qui demeure, et sans doute pour toujours, la signature de cet opéra.

– Te voilà donc enfin, Marietta ! Chante ! Chante ta chanson triste !

Pour visionner dans de meilleures conditions d’image et de son cette vidéo romantique à souhait, superbement interprétée par Carol Neblett et René Kollo, il y a quelques années, cliquer sur le cœur : 

Glück, das mir verblieb,                                          Bonheur qui me reste
rück zu mir, mein treues Lieb.                               Viens avec moi, mon véritable Amour.
Abend sinkt im Hag                                                 Dans le bois le soir descend.
bist mir Licht und Tag.                                            Tu es ma lumière et mon jour.
Bange pochet Herz an Herz                                   Inquiet, un cœur bat contre un autre
Hoffnung schwingt sich himmelwärts.               [Tandis que] l’espoir escalade le ciel.

Wie wahr, ein traurig Lied.                                     Comme c’est vrai, une chanson triste.
Das Lied vom treuen Lieb,                                      Le chant du véritable amour
das sterben muss.                                                      Voué à la mort.

Ich kenne das Lied.                                                    Je connais ce chant,
Ich hört es oft in jungen,                                         Je l’ai souvent entendu,
in schöneren Tagen.                                                  Plus jeune, en des temps meilleurs.
Es hat noch eine Strophe                                         Il a encore d’autres vers,
weiß ich sie noch?                                                       M’en souvient-il encore ?

Naht auch Sorge trüb,                                               Bien que s’assombrisse la tristesse
rück zu mir, mein treues Lieb.                                Viens à moi, mon véritable amour.
Neig dein blaß Gesicht                                              Penche vers moi ton visage blême,
Sterben trennt uns nicht.                                         La mort ne nous séparera pas.
Mußt du einmal von mir gehn,                                Si tu devais un jour m’abandonner
glaub, es gibt ein Auferstehn.                                 Dis-toi qu’une vie existe après la vie.

Comment résister à cette autre Marietta, Anne-Sofie von Otter, venue chanter son lied au Théâtre du Châtelet en 2000, dans la belle version arrangée pour quintette avec piano et voix. Plus pudique, plus sereine, plus profonde, plus grave, mezzo-soprano oblige certes, mais absolu talent, incontestablement, qui sait le chemin du cœur.

 » Glück, das mir verblieb…  » : un sextuor vocal ?!

Le déjà grand compositeur, après le triomphe de « Die tote stadt », est promis à une brillante carrière qu’interrompra le nazisme. Korngold rejoindra les États-Unis où il deviendra le compositeur de musiques de film que l’on sait. Il persistera après 1946 à écrire des œuvres néo-romantiques qui n’auront plus les faveurs des temps nouveaux. Il n’en demeure pas moins un immense compositeur hélas trop peu souvent inscrit au répertoire.

C’est le printemps ! Allemagne 2/2

« La nature est […] un instrument de musique dont les sons, de nouveau, sont les touches de plus hautes cordes en nous » (Novalis) – See more at: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=931#sthash.hzd0fnLo.dpuf
« La nature est […] un instrument de musique dont les sons, de nouveau, sont les touches de plus hautes cordes en nous » (Novalis) – See more at: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=931#sthash.hzd0fnLo.dpuf
La nature est […] un instrument de musique dont les sons, de nouveau, sont les touches de plus hautes cordes en nous  – See more at: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=931#sthash.hzd0fnLo.dpuf
« La nature est […] un instrument de musique dont les sons, de nouveau, sont les touches de plus hautes cordes en nous » (Novalis) – See more at: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=931#sthash.hzd0fnLo.dpuf%5D

Il fallait bien qu’un Bach chantât avec nous le printemps vu d’Allemagne.

C’est Wilhelm Friedmann, le premier fils du Cantor, sans doute le plus doué de la tribu, qui prête l’enthousiasme de sa musique aux Swingle Singers.

Allez, chauffe Wilhelm Friedmann !

Douboudou Boudouboudou… Trabadabadabada…

 ƒ

Mais, qu’on le déplore ou qu’en s’en loue, c’est bien aux romantiques que revient la palme de la représentation affective, sentimentale, de la nature.

Image de la beauté éternelle, refuge pour sa propre solitude, ailleurs pour fuir la vanité du monde, miroir des tourments de l’âme, la nature apparaît, pour l’esprit romantique, comme une forme d’idéal. Confidente suprême, elle évoque le reflet d’un dieu de vérité qui mérite l’adoration infinie de l’âme sensible.

Qui, plus que le musicien romantique allemand, Berlioz mis à part, a donné de la nature une vision empreinte d’autant d’intensité lyrique ? Pas étonnant dès lors, que l’on trouve en nombre dans les compositions des Maîtres du XIXème allemand autant d’évocations des sentiments exacerbés qu’elle inspire. Pas étonnant non plus que le printemps, prélude à toutes les saisons de l’année, y occupe une aussi large place.

Mais que l’on se garde bien de masquer sous la dithyrambe faite à la musique l’importance du rôle de la poésie qui souvent sert de trame à la composition. Le lied naît de leur union.

Faisons plutôt quelques pas dans le jardin, au cœur de cette nuit de mai –  » Die Mainacht « . Les vers du poète seront notre guide. Tantôt Fanny Mendelssohn fera résonner leur plainte nostalgique au détour d’un buisson, tantôt, d’un vieil arbre centenaire, abri douillet d’un couple de ramiers, nous parviendra, légère, la roucoulade d’une mélodie de Brahms.

Wann der silberne Mond durch die Gesträuche blinkt,
Und sein schlummerndes Licht über den Rasen streut,
Und die Nachtigall flötet,
Wandl’ ich traurig von Busch zu Busch.

Selig preis ich dich dann, flötende Nachtigall,
Weil dein Weibchen mit dir wohnet in einem Nest,
Ihrem singenden Gatten
Tausend trauliche Küsse gibt.

Überhüllet von Laub girret ein Taubenpaar
Sein Entzücken mir vor; aber ich wende mich,
Suche dunklere Schatten,
Und die einsame Träne rinnt.

Wann, o lächelndes Bild, welches wie Morgenrot
Durch die Seele mir strahlt, find ich auf Erden dich?
Und die einsame Träne
Bebt mir heißer die Wang herab!

Die Mainacht (Ludwig Heinrich Christoph Hölty – 1748-1776)

Quand la lune d’argent scintille à travers les arbustes
Et répand sur l’herbe sa lumière somnolente,
Et que le rossignol flûte,
Je vais, triste, de buisson en buisson.

Alors je célèbre ton bonheur, rossignol,
Car la petite femme qui habite avec toi un nid
Donne à son époux chanteur
Mille baisers sincères.

Enveloppés de feuillage un couple de pigeons roucoule
Son ravissement devant moi ; mais je me détourne,
Cherche une ombre épaisse,
Et une larme coule.

Ô souriante image, qui pareille aux rougeurs de l’aube
Me transperce l’âme, quand te trouverai-je sur terre ?
Et la larme solitaire
Tremble plus chaude sur ma joue !

Traduction : Pierre Mathé

 ƒƒ

 Le XXème siècle a tué le romantisme et ses guerres ont enseveli les romantiques sous les ruines et les cadavres. Le printemps demeure, certes, mais désormais il convient de l’apprécier à l’aune de l’inéluctable mort, comme un ultime bonheur terrestre, dernier sourire sur le quai du dernier voyage.

C’est ce climat d’adieu, pudique et serein, qui enveloppe les  » Quatre derniers lieder «  ( » Vier letzte lieder « ) que compose, comme un merveilleux hommage à la voix, Richard Strauss, quelques mois avant sa mort,à partir d’un poème de Eichendorff et de trois poésies écrites des années plus tôt par un Hermann Hesse encore romantique.

 » Frühling « , souvent arbitrairement joué le premier – pour favoriser sans doute l’impression d’un lent déclin vers la finitude – , donne à regarder les couleurs du printemps depuis les ombres qui progressent.

Déjà  » Septembre «  se profile. Déjà s’annonce  » L’heure du sommeil « . Au  » Soleil couchant «  viendra, légitime et tranquille, l’inévitable question :  » Ist dies etwa der Tod ?  »  ( Serait-ce déjà la mort ?)

Est-il plus beau printemps que le dernier ?…

Dans de sombres caveaux
J’ai longtemps rêvé
De tes arbres en fleurs et de tes brises azurées,
De tes senteurs et de tes chants d’oiseaux.

Te voilà à présent
Dans ton éclatante parure,
Inondé de lumière
Comme un prodige devant moi.

Tu me reconnais,
Tu m’attires avec douceur,
Ta délicieuse présence
Fait frémir tous mes membres !

Hermann Hesse

Traduction Jacques Fournier (in Livret CD – DG 447 422-2)

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« Serait-ce déjà la mort? » (Ist dies etwa der Tod?)

Si, lors de mes derniers instants en ce monde, mon vœu secret se voyait exaucé, je continuerais certainement à vivre encore au moins une très longue vie. Parce que j’aurais tout simplement souhaité ne pas partir sans avoir écouté une fois encore les musiques que j’aime…

Et quand enfin la baguette du chef d’orchestre se lèvera pour le dernier andante, à l »heure de tous les accomplissements » – c’est ainsi que Rilke appelle le crépuscule du soir –  les musiciens, au rythme langoureux d’une voix haute et belle, emporteront, en un cortège de lumières tendrement rougeoyantes, l’ultime clignement de ma paupière vers le soleil couchant.

« Im abendrot « 

Splendeur parmi les splendeurs de la musique que forme la série des « Quatre derniers lieder »  de Richard Strauss, « Im abendrot «  (Au soleil couchant), est un hymne à la nuit, chant serein, hommage lucide et élégiaque à la marche inexorable de la lumière vers les ténèbres et acceptation tranquille de l’inéluctable finitude. Peut-on rêver plus bel adieu?

Richard Strauss (1864-1949)

Richard Strauss (1864-1949)

Première composition de cette série de lieder, ce lied, écrit sur un poème de Joseph von Eichendorff entre la fin de l’année 1946 et le début 1947, fut suivi jusqu’à mi 48 de trois autres mélodies sur des poèmes de Herman Hesse (Frühling – printemps – , Beim Schlafengehen – l’heure du sommeil – , September – septembre). La réunion de ces lieder en ce qu’il est convenu d’appeler un « cycle » n’est donc pas la conséquence de l’homogénéité thématique de ces poésies. La raison de ce regroupement réside plutôt dans la fascination que toujours la voix a exercée sur Richard Strauss, et dans la palette de couleurs qu’utilise le compositeur pour la flatter encore. Voix qu’il a servie sans trêve sa vie durant, et à qui il confie le rôle ultime de messager de ses adieux. Adieu au monde. Adieu à lui même.

Richard Strauss décède en septembre 1949. Les « Vier letzte Lieder » peuvent être considérés comme son testament musical.

Gilles Pressnitzer – dont je ne saurais que trop recommander l’article poétique, très justement et joliment sous-titré « La dernière hypnose du vieil enchanteur », qu’il consacre à cette œuvre,  dit à propos des « Quatre derniers lieder » :

« Richard Strauss a su dans l’écrin diaphane d’un orchestre, entre murmure et quasi-invisibilité, faire monter comme un chant d’alouette, une voix qui plane en tournoyant au-dessus du pauvre monde d’ici-bas. »

Autant de versions, autant de magnifiques voix – les plus grandes sans exception – autant de reflets projetés sur ces linceuls diaphanes qui s’enroulent autour de la lumière finissante. Autant de filtres ensorceleurs pour doucement tamiser les ultimes rayons de l’astre qui se meurt. Comment faire un choix qui, à chaque instant, présente mille raisons d’être et de n’être pas, autrement qu’en laissant la décision au seul cœur ému.

Noble et profonde émotion, née dès les premières mesures dans l’envolée lyrique de l’orchestre complet, et qui se continue bien après la musique, toute entière rassemblée dans le silence méditatif des dernières secondes suspendues où résonnent encore dans nos poitrines, comme un écho d’éternité, les mots de la question :

 » Ist dies etwa der Tod?  » (Serait-ce déjà la Mort?)

« Im abendrot » :

Soprano : Anjas Harteros – Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Myung-Whun Chung – Enregistrement au Festival de Saint-Denis 2010

Im abendrot

Dans la peine et la joie
Nous avons marché main dans la main ;
De cette errance nous nous reposons
Maintenant dans la campagne silencieuse.

Autour de nous les vallées descendent en pente,
Le ciel déjà s’assombrit ;
Seules deux alouettes s’élèvent,
Rêvant dans la brise parfumée.

Approche, laisse-les battre des ailes ;
Il va être l’heure de dormir ;
Viens, que nous ne nous égarions pas
Dans cette solitude.

Ô paix immense et sereine,
Si profonde à l’heure du soleil couchant!
Comme nous sommes las d’errer !
Serait-ce déjà la mort ?

(La traduction est empruntée à l’article de Gilles Pressnitzer déjà cité)

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