Fête de la musique

Vient de paraître sur   « De braises et d’ombre » :

Fête de la musique

Si, comme moi, pour la fête de la « musique » de ce soir, vous rêvez d’être sourd, ne fermez pas vos pavillons sans vous être accordé auparavant un dernier formidable plaisir, une sorte de cigarette du condamné : cinq prodigieuses minutes de MUSIQUE… jouées par une bande de jeunes comme on aimerait en trouver beaucoup au coin de nos rues chaque 21 juin !

Lire, voir, écouter la suite . . .

Pâques – Bach

Le cinéaste Woody Allen disait qu’écouter Wagner lui donnait des envies d’envahir la Pologne. Pour ma part je n’écoute jamais Jean-Sébastien Bach sans ressentir une furieuse envie de croire…

Et,  » Dieu merci  » – conformément à l’expression naturelle de tout athée bien pensant – je me purifie très souvent avec les œuvres du Maître.

Qui sait ce que l’avenir me réserve ?…

Sur l’instant, à l’évidence : une paix paradisiaque et une joie… divine !

Perles de lumière pour ce week-end pascal :

Si ni mes plaintes ni mes larmes
Ne vous touchent,
Oh ! Alors, arrachez-moi le cœur,
Qu’il devienne le calice
Dans lequel s’épanche
Le doux sang de ses blessures !

 

Jésus s’adresse à ses bourreaux par la magnifique voix de Julia Hamari. Épuisé par ses souffrances il sera bientôt mis au tombeau.

Tous ceux qui auront, impuissants, assisté à sa détresse sur la croix se réunissent en un chœur empreint de la plus profonde tristesse et accompagnent son ultime clignement de paupières.

Matthieu l’évangéliste a terminé son récit. Jean-Sébastien Bach termine la  » Matthäus-Passion  »  (La passion selon Saint Matthieu) par cet inoubliable chœur, une des plus belles musiques du monde :

Nous nous asseyons en pleurant,
Et te crions dans ton tombeau
Repose en paix ! Repose en paix !
Reposez membres épuisés !
Que le sépulcre et la pierre tombale
Soient un doux oreiller
À l’âme inquiète
Et qu’elle y trouve le repos.
Apaisés, les yeux se ferment alors

Jour de pâques : Pierre et Jean découvre le tombeau de Jésus vide… Et Bach, à la lecture des Évangiles, compose en 1725 son  » Oratorio de Pâques «  qui commence ainsi par cette tonique  » Sinfonia «  :

Tom Koopman dirige les Chœurs et Solistes de Lyon

  » Christ lag in Todesbanden «   (Le Christ gisait dans les liens de la mort)  – Cantate N° 4 composée pour le  » Dimanche de Pâques « 

Le premier choral, ici transcrit pour orgue et interprété par l’organiste canadienne Rachel Laurin.

Christ gisait dans les liens de la mort
Sacrifié pour nos péchés,
Il est ressuscité
Et nous a apporté la vie ;
Nous devons nous réjouir,
Louer Dieu et lui être reconnaissant
Et chanter Alléluia,
Alléluia!

Cantate N° 66 pour le  » Lundi de Pâques «  :  » Erfreut euch, ihr Herzen «  ( Que les cœurs se réjouissent) – 5ème mouvement : Duo pour Alto et Ténor

{Alto,Ténor}
{Je craignais certes, Je ne craignais pas} les ténèbres du tombeau.
Et j’espérais que mon Sauveur
{me soit, ne me serait pas} arraché.
Ensemble
Maintenant mon cœur est rempli de réconfort
Et même si un ennemi en éprouve de la fureur,
Je saurai vaincre en Dieu

 » S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu. » (Cioran)