Madame, jamais sans votre ombrelle !…

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La passante d’été

Vois-tu venir sur le chemin la lente, l’heureuse,
celle que l’on envie, la promeneuse ?
Au tournant de la route il faudrait qu’elle soit
saluée par de beaux messieurs d’autrefois.

Sous son ombrelle, avec une grâce passive,
elle exploite la tendre alternative :
s’effaçant un instant à la trop brusque lumière,
elle ramène l’ombre dont elle s’éclaire.

Rainer Maria Rilke   (Vergers)

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Promenade zen

jardinzenCe matin, au temple de Shunkoin près de Kyoto, le Maître partageait sa promenade silencieuse dans la sereine fraîcheur du  jardin avec trois de ses disciples.

Au moment où leurs pas approchaient du potager, parfaitement distribué sur les flancs d’un mamelon de verdure au fond du parc, un disciple s’écarta du groupe et avisant une limace qui semblait s’acheminer droit sur les salades, l’écrasa sous la semelle de sa sandale.

Un autre disciple se raidit aussitôt et lui fit remarquer que la vie est éminemment respectable, que même celle d’une limace a la plus grande valeur, et qu’enfin rien ne permet le sacrifice d’une vie. Se retournant vers le Maître il dit : « N’est-ce pas Maître? »

Et celui-ci de répondre : « C’est vrai, tu as raison! »

Le premier disciple, pour justifier son acte, s’empressa de rétorquer à son compagnon que la limace est un nuisible qui mange les salades, leur seul aliment en cette difficile saison, et regardant interrogativement le Maître il ajouta :  » Ainsi je préserve la vie d’une espèce supérieure, la nôtre! »

Ce à quoi le Maître répondit :  » C’est vrai, tu as raison! »

Le troisième disciple, muet jusqu’ici, mais n’ayant rien perdu de cet échange, s’adressa alors respectueusement au Maître pour lui faire remarquer sa contradiction : « Maître, vous avez d’abord donné raison à celui qui a exprimé que toute vie doit être préservée en toutes circonstances, puis vous avez donné raison à l’autre qui a affirmé qu’une vie pouvait être détruite selon les circonstances. On ne peut pas dire une chose et son contraire! »

Et le Maître, toujours aussi tranquille : « C’est vrai, tu as raison! »

•••

Dans la rue…

J’avais envie de faire une petite promenade photographique dans les rues, sans but, sans choisir entre nuit et jour, sans me préoccuper de la ville ou du pays, avec juste en tête l’idée que mon périple se ferait en noir et blanc.

Je suis donc allé « prendre des photos »… mais pas les miennes – qui n’auraient ressemblé à rien, sachant à peine faire la différence entre l’objectif et le viseur – plutôt celles des autres, ceux qui ont le talent de voir et de capter, que je ne connais pas, et dont j’ai juste aimé le regard par eux porté sur la rue. Je vous le propose aussi simplement que je vous offrirais un thé ou un whisky si vous veniez me rendre visite.

Regis Frasseto - regard dans la cour carrée

Regis Frasseto – regard dans la cour carrée

Jarosław Stanisławski - The Hill Przemysław, Undated From The builders of the World of Photography

Jarosław Stanisławski – The Hill Przemysław, Undated From The builders of the World of Photography
http://www.faciepopuli.com/post/57973534946/jaroslaw-stanislawski-the-hill-przemyslaw;

mand-thier

Inconnu

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Nils-Erik-Larson

Emile Gos (1888-1969) – L’aveugle de la rue de la Seine, Paris 1911

Emile Gos (1888-1969) – L’aveugle de la rue de la Seine, Paris 1911

Et comme le plaisir d’une promenade est tout entier contenu dans la liberté qu’elle suppose, le noir et blanc souffrira de côtoyer les couleurs anciennes de cette rue ancienne que traverse un ancien d’un lointain pays.

Enami Nobukuni, 1859-1929

Enami Nobukuni, 1859-1929