Deux années de « Perles » !!!

« Il n’y a de long ouvrage que celui qu’on n’ose pas commencer. Il devient cauchemar. »                                                                                                                                       Charles Baudelaire

« Perles d’Orphée »  a 2 ans !

Voilà deux ans aujourd’hui j’ouvrais ce blog « Perles d’Orphée » comme on commence un journal intime. Rien alors ne le promettait à s’inscrire dans la durée.

Ni créateur, ni interprète, je trouvais ainsi, par le collage, le montage et l’exposition des « perles » des autres, une manière d’exprimer à travers leurs œuvres mes émois esthétiques. Juste pour le plaisir du partage, comme un écho à ma profonde conviction qu’une émotion ne trouve vraiment sa quintessence qu’à l’instant de son passage vers l’autre, dans la reconstitution partagée de sa naissance.

Ce long ouvrage, cauchemar tant qu’aura duré ma procrastination, me semble, aujourd’hui, deux ans après la publication du premier billet, n’avoir commencé son existence qu’il y a quelques semaines seulement. – Une fois encore je trouve chez Baudelaire – comme aussi chez Cioran d’ailleurs, souvent – les mots qui me disent.

Deux années, donc, durant lesquelles vous êtes venus toujours plus nombreux, et de partout, avec une fidélité sans faille, visiter mes « Perles d’Orphée », partager mes choix, et me prodiguer souvent de généreux encouragements.

MERCI A TOUS !

Rodin - Cathedrale

Rodin – Cathédrale

« 2 »

Signe de la plus radicale des divisions, de la bipolarité universelle, symbole de séparation, d’opposition, de conflit, ce chiffre « 2 » porte en lui, également, les valeurs de l’équilibre, de la réunion, de la synthèse, et l’on ne saurait oublier qu’il est le premier vecteur de la multiplication. Orphée, veuf inconsolé, le sait bien qui rassemble, autour du couple qu’il forme désormais avec sa musique, tout ce qui vit, devant les portes de l’éternité.

J’ai souhaité que le mouvement enroulé de ces deux mains, sculptées par Rodin, prêtes à se réunir et qui s’étreindront sûrement au point culminant de leur élévation, serve de stèle à cette deuxième année qui aujourd’hui s’achève. En souvenir des heureux moments d’échange et de rapprochement qu’elle aura suscités.

Et puisque cet An II meurt un lundi, pourquoi ne pas consacrer cette semaine à joyeusement l’ensevelir sous un tas « 2 »… perles, en forme « 2 » paire, « 2 » dialogue, « 2 » duo ou autre pas de deux  ?

A commencer par celle-ci : un jovial DUO chantant le bonheur. Et quel duo ! : Kate Royal et  Ian Bostridge.

De circonstance, n’est-ce pas ?… Et pour un lundi… et pour un anniversaire ! 

« Happy we ! »  (duo final de l’Acte I – Acis et Galatée de Haendel)

Happy we!
What joys I feel!
What charms I see
Of all youths/nymphs thou dearest boy/brightest fair!
Thou all my bliss, thou all my joy!

 A suivre…

A la vie!

Rosa Luxemburg (1871-1919)

Rosa Luxemburg (1871-1919)

« Une seule chose me fait souffrir : devoir profiter seule de tant de beauté. Je voudrais crier par-dessus le mur : je vous en prie, faites attention à ce jour somptueux ! N’oubliez pas, même si vous êtes occupés, même si vous traversez la cour à la hâte, absorbés par vos tâches urgentes, n’oubliez pas de lever un instant la tête et de jeter un œil à ces immenses nuages argentés, au paisible océan bleu dans lequel ils nagent. Faites attention à cet air plein de la respiration passionnée des dernières fleurs de tilleul, à l’éclat et la splendeur de cette journée, parce que ce jour ne reviendra jamais, jamais ! Il vous est donné comme une rose ouverte posée à vos pieds, qui attend que vous la preniez, et la pressiez contre vos lèvres. »

***

Cinquante et un

Lamentations d'Orphée - Alexandre Seon (1896)

Lamentations d’Orphée – Alexandre Seon (1896)

« -51- »

Non, il ne s’agit pas du pastis! C’est tout bonnement le cinquante et unième article que je publie. Qui aurait pu le croire il y a quelques semaines? Pas moi.

Vous avez été nombreux, au delà de toute attente, à venir partager mes coups de cœur, mes émotions, les poètes dont j’aime dire les vers, les musiques qui me transportent. Et aussi les découvertes et les rencontres que la « toile » m’a proposées. Mais, au-delà, vous avez accepté de bonne grâce ma complice, la mélancolie, sans laquelle je me sentirais bien seul et qui ne cesse de tricoter ce lien qui me tient toujours au plus près de la lyre de notre cher Orphée.

Certains m’ont laissé sur le blog d’encourageants commentaires, d’autres, plus intimes, m’ont témoigné leur sympathie par des voies moins publiques, mais tous ont manifesté chaleur et amitié en visitant ce modeste site et à tous je veux envoyer un grand merci.

En composant ce blog et en le faisant vivre, je prends un immense plaisir (même si la technique me fait encore souffrir, ô combien!…), mais la plus grande satisfaction, incontestablement, est celle qui m’est offerte quand, par bonheur, il m’arrive de faire découvrir à un visiteur (ou une visiteuse, bien sûr), un texte, une musique, un artiste, ou plus simplement à faire naître en elle ou en lui un instant de plaisir ou d’émotion.

Il ne me reste plus qu’à essayer d’atteindre la centaine, pour continuer encore de partager avec vous, comme je l’espère, quelques mots, quelques notes, quelques perles…