Pâques – Bach

Le cinéaste Woody Allen disait qu’écouter Wagner lui donnait des envies d’envahir la Pologne. Pour ma part je n’écoute jamais Jean-Sébastien Bach sans ressentir une furieuse envie de croire…

Et,  » Dieu merci  » – conformément à l’expression naturelle de tout athée bien pensant – je me purifie très souvent avec les œuvres du Maître.

Qui sait ce que l’avenir me réserve ?…

Sur l’instant, à l’évidence : une paix paradisiaque et une joie… divine !

Perles de lumière pour ce week-end pascal :

Si ni mes plaintes ni mes larmes
Ne vous touchent,
Oh ! Alors, arrachez-moi le cœur,
Qu’il devienne le calice
Dans lequel s’épanche
Le doux sang de ses blessures !

 

Jésus s’adresse à ses bourreaux par la magnifique voix de Julia Hamari. Épuisé par ses souffrances il sera bientôt mis au tombeau.

Tous ceux qui auront, impuissants, assisté à sa détresse sur la croix se réunissent en un chœur empreint de la plus profonde tristesse et accompagnent son ultime clignement de paupières.

Matthieu l’évangéliste a terminé son récit. Jean-Sébastien Bach termine la  » Matthäus-Passion  »  (La passion selon Saint Matthieu) par cet inoubliable chœur, une des plus belles musiques du monde :

Nous nous asseyons en pleurant,
Et te crions dans ton tombeau
Repose en paix ! Repose en paix !
Reposez membres épuisés !
Que le sépulcre et la pierre tombale
Soient un doux oreiller
À l’âme inquiète
Et qu’elle y trouve le repos.
Apaisés, les yeux se ferment alors

Jour de pâques : Pierre et Jean découvre le tombeau de Jésus vide… Et Bach, à la lecture des Évangiles, compose en 1725 son  » Oratorio de Pâques «  qui commence ainsi par cette tonique  » Sinfonia «  :

Tom Koopman dirige les Chœurs et Solistes de Lyon

  » Christ lag in Todesbanden «   (Le Christ gisait dans les liens de la mort)  – Cantate N° 4 composée pour le  » Dimanche de Pâques « 

Le premier choral, ici transcrit pour orgue et interprété par l’organiste canadienne Rachel Laurin.

Christ gisait dans les liens de la mort
Sacrifié pour nos péchés,
Il est ressuscité
Et nous a apporté la vie ;
Nous devons nous réjouir,
Louer Dieu et lui être reconnaissant
Et chanter Alléluia,
Alléluia!

Cantate N° 66 pour le  » Lundi de Pâques «  :  » Erfreut euch, ihr Herzen «  ( Que les cœurs se réjouissent) – 5ème mouvement : Duo pour Alto et Ténor

{Alto,Ténor}
{Je craignais certes, Je ne craignais pas} les ténèbres du tombeau.
Et j’espérais que mon Sauveur
{me soit, ne me serait pas} arraché.
Ensemble
Maintenant mon cœur est rempli de réconfort
Et même si un ennemi en éprouve de la fureur,
Je saurai vaincre en Dieu

 » S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu. » (Cioran)

 

Oeuf de Pâques lumineux

Oeufs de PâquesDans les œufs de Pâques aussi on peut trouver des perles… de lumière.

Voici celle que j’ai eu le bonheur de découvrir ce dimanche.

Éteints les projecteurs et les fastes des grandes salles de concert ; oubliés les vitraux colorés et les échos profonds des cathédrales emphatiques. Juste une voix, « La » voix, captée dans sa simple vérité, pendant la répétition, volée à l’intimité du travail des artistes.

Nathalie Dessay (soprano) et Louis Langrée (chef d’orchestre) réunis autour de la Messe en Ut mineur de Mozart, filmés par une caméra discrète. C’est un extrait de la deuxième partie du Credo – « Et incarnatus est » – mouvement central de cette grande messe, conçue comme une cantate, et sans doute, bien qu’il ne la terminât pas, une des plus belles compositions du Maestro.

Sacrée ou profane, la lumière peut emprunter bien des chemins pour pénétrer en nous. Seul importe qu’elle atteigne le cœur.