Reines Tudor 2/ ANNA BOLENA

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

Reines Tudor 2/ ANNA BOLENA

Anna Netrebko – Anna Bolena de G. Donizetti (Met. 2011)

Prêt à tout pour satisfaire ses passions amoureuses, le roi Enrico (Henri VIII) n’a pas hésité à tendre un vil piège à son épouse Anna Bolena  (Anne Boleyn) pour lui faire porter injustement la lourde accusation d’adultère. La reine condamnée à mort ne sera bientôt plus un obstacle à son désir de prendre pour nouvelle épouse Giovanna (Jane Seymour).

Alors que les voûtes de la Tour de Londres résonnent encore des carillons et des tirs de canon qui célèbrent l’union d’Enrico et de Giovanna, Anna, quelques minutes avant de se livrer au bourreau, entonne une cabalette des plus virtuoses (« Coppia iniqua »). Cet émouvant appel à la miséricorde ne cache-t-il pas en vérité la malédiction qu’elle adresse au nouveau couple royal ?

Le drame romantique mis en musique par Gaetano Donizetti est ici servi par une cantatrice d’exception au sommet de son art, dans un des moments les plus exigeants du répertoire…

Lire, voir, écouter, frissonner…

Reines Tudor 1/ Une introduction

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre » :

Reines Tudor 1/ Une introduction

Gaetano Donizetti par Francesco Coghetti – 1837

Malgré les grandes libertés qu’il a prises avec l’Histoire, Gaetano Donizetti, maître ô combien prolixe du belcanto, aura, avec ses opéras romantiques, probablement bien plus contribué à la notoriété posthume des Reines Tudor que les plumes les plus exigeantes des biographes et des historiens de la Couronne d’Angleterre. — Le sang du drame ne paraîtrait-il pas plus rouge encore au travers de l’émotion théâtrale et du pouvoir hypnotique de la voix que dans l’imaginaire suggéré par des mots sur la page, fussent-ils scrupuleusement imprégnés de vérité historique ?

La réponse est tout entière contenue dans les trois opéras que le compositeur italien a consacré aux drames de trois reines de la dynastie anglaise des Tudor marquée par l’odieux et insatiable monstre sanguinaire qu’était Henri VIII, aussi prompt à charmer pour séduire ses futures épouses qu’à répudier ou exécuter les précédentes pour satisfaire librement ses nouveaux désirs. :

Anne Boleyn : Anna Bolena (1830)
Mary Stuart : Maria Stuarda (1835)
Elizabeth I : Roberto Devereux (1837)

Sondra Radvanovsky – Roberto Devereux (MET 2016)

Ce billet comme une invitation à partager dans ses suivants la fascination que peuvent exercer les scènes finales de ces trois opéras de Gaetano Donizetti dans lesquels des Reines de l’Histoire confient, par l’entremise d’un formidable compositeur, la réalité, peu ou prou arrangée, de leurs sorts tragiques à l’extraordinaire virtuosité de sopranos de légende, aussi merveilleuses cantatrices que brillantes comédiennes. 

Le « Beau Chant » en majesté !

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