Entendez-vous ma douce étoile ?

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Entendez-vous ma douce étoile ?

Allons, éternels enfants aux yeux inondés de lumière que résolument nous ne voulons cesser d’être, suivons, en cette nuit de Noël, la tendre voix de l’étoile !

Extasiés par la beauté, glissons dans l’impesanteur des…

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En ligne, mon cadeau de Noël…

Personne désormais ne s’étonne plus que les cadeaux de Noël, la fête à peine terminée, se retrouvent mis en ligne sur internet. Parce qu’ils n’ont pas plu, parce qu’ils ne sont pas à la bonne taille, qu’ils n’ont pas la couleur espérée, parce que… parce que…

Hors de question pour moi d’échapper à cette coutume nouvelle ; on a toujours une bonne raison de mettre en ligne un cadeau. J’ai donc décidé, moi aussi, de mettre en ligne celui que je viens de recevoir enrubanné dans les vœux électroniques d’un de mes amis… Et les raisons ne manquent pas : c’est une vieille vidéo de plus de quarante ans, qui sent fort la naphtaline, et en noir et blanc de surcroît.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas, je n’ai pas dit que je souhaitais m’en séparer pour autant, loin s’en faut. Car l’odeur de placard mue bien vite en parfum d’un heureux passé, et derrière le grain de l’écran cathodique une voix aimée depuis son perchoir raconte la poésie du hasard, un soir de Noël, près du pont de l’Alma.

Oui, je mets en ligne ce cadeau… mais juste pour prolonger, en le partageant, le plaisir qu’il m’a procuré.

Il y a des cadeaux de Noël qu’il faut absolument mettre en ligne… pour remercier ceux qui ont eu la bonne idée de nous les offrir.

Joyeux Noël 2014

Noël

Quels meilleurs messagers de paix que Jean-Sébastien Bach et sa musique céleste pour transmettre à tous les vœux de Noël des « Perles d’Orphée » ?

Puisse chacun trouver dans cette aria angélique de cette cantate profane (« La chasse »), composée pour égayer les banquets du soir après la chasse, et fêter les princes qui les organisaient, la joyeuse sérénité qu’elle évoque et qui sied si bien au temps de Noël !

 Joyeux Noël !     Merry Christmas !

Schafe können sicher weiden,
Wo ein guter Hirte wacht.
Wo Regenten wohl regieren,
Kann man Ruh und Friede spüren
Und was Länder glücklich macht.

Les brebis peuvent paître en sécurité
Là où un bon berger veille.
Là où les souverains gouvernent avec sagesse,
On peut goûter le calme et la paix
Et c’est ce qui rend un pays heureux.

&

Les agapes de Noël terminées, les enfants épuisés de bonheur enfin endormis, les convives tous repartis ou couchés, tous repus et comblés, un dernier répit avant le sommeil de la nuit serait bienvenu, n’est-ce pas ?

Alors pourquoi ne pas s’asseoir quelques instants devant son piano et retrouver entre ses doigts la douce mélodie de cette aria, telle que l’a transcrite pour l’instrument, avec un tempo plus recueilli, le pianiste Egon Petri dans les années 50 ?

Et si l’on ne retrouve plus la clef du piano… voici une solution de remplacement. – A utiliser aussi d’ailleurs, même si, couvercle levé, le clavier offre impudiquement ses touches… Ce père Noël là – miraculé de la main droite – fait joliment chanter les cordes.

« Ah, Dieu, que la guerre est jolie! »

« Ah, Dieu, que la guerre est jolie ! »

Sans doute pas celle d’Apollinaire, non, mais certainement celle où la bataille fait rage sur la scène d’un théâtre quand les combattants ne sont autres que trois belles jeunes femmes aux voix d’or, prêtes à tout pour occuper la place tant convoitée de la Diva.

Quand les belligérantes de charme ont emprunté leurs uniformes aux opéras de légende, comme Sylvia Schwartz, qui, pour nous enjôler, a cousu sa robe dans la mantille en dentelles de la séduisante Carmen, comme Annette Dasch, préférant nous impressionner, qui a endossé le costume guerrier de la très wagnérienne Brünnhilde, chef des Walkyries, ou comme Daniela Fally qui a pris, pour la circonstance, le costume de la malicieuse Adèle, servante de Rosalinda dans la célébrissime « Chauve-Souris » (Die Fledermaus) de Johann Strauss II.

Toutes trois, pour briller, rivalisent de mauvais coups en interprétant une pièce composée sur un poème de Goethe par Friedrich Curschmann, chanteur et compositeur allemand de la première moitié du XIXème siècle, qui n’a pas fait forte impression à la seconde, ni à la postérité d’ailleurs.

Ah, Dieu que la guerre est jolie !

… En dentelles… et en sourire majeur !

JOYEUX   NOËL !

Au magasin de jouets

Encore quelques jours avant le 25 décembre. Et vous n’avez pas encore rempli votre hotte de Père Noël.

Voici qui devrait vous aider à faire vos choix… Surtout si vous avez décidé d’offrir à vos enfants une batterie ou un tambour. La méthode est infaillible pour tester ce genre de jouets…

Essayez donc!

Peut-être finalement emporterez-vous le lapin en peluche qu’en vérité vous étiez venu chercher?

Deux cadeaux de Noël

L’histoire se passe dans un pays inconnu, mais pas si lointain, en des temps… pas si anciens qu’on pourrait le penser.

Un homme d »âge avancé, veuf et père de deux adolescents, souhaitait, malgré l’extrême modestie de ses moyens, offrir un beau cadeau de Noël à chacun de ses fils, très différents l’un de l’autre. L’aîné, peu porté au sourire et à l’optimisme, avait plutôt une fâcheuse tendance à la bouderie, voyant partout le malheur du monde ; le plus jeune prenait, pour sa part, la vie par ses meilleurs côtés, lui souriant sans cesse.

Ayant réuni ses pauvres économies et emprunté les quelques sous manquants à des voisins bienveillants, l’homme partit d’abord acheter le cadeau pour son aîné. Il trouva une très jolie montre d’occasion, la fit empaqueter comme il se doit, et la paya.

CadeauSorti de l’horlogerie, il se rendit compte que toute sa petite fortune était passée dans ce premier achat pour son fils pessimiste, et qu’il n’avait désormais plus de quoi payer le second cadeau destiné au cadet. Alors qu’il cherchait une façon de régler ce délicat problème, il avisa, quelques pas devant lui, un âne attelé à une petite charrette, qui lâchait son crottin sur le pavé. L’idée fusa. Il se précipita sur les déjections de l’animal et en rassembla les plus beaux morceaux dans son journal, avant de les disposer dans un papier argenté qu’il trouva dans une poubelle. Un ruban rouge, de la même origine, transforma le paquet en cadeau.

Il plaça les deux cadeaux au pied de l’arbre de Noël. La distribution eut lieu après le frugal dîner de la petite famille. L’aîné ouvrit son paquet, et, sans commentaire ni expression d’une quelconque satisfaction, partit se coucher.

Le lendemain matin, une voisine rencontra les deux garçons et avisant d’abord le plus âgé, demanda :

– En voilà une bien jolie montre, tu dois être heureux de ce formidable cadeau?

– Bô, non!

– Et pourquoi donc?

– Parce que, répondit-il tristement, à chaque fois que je regarde mon poignet, je vois défiler les secondes, les minutes et les heures, et que tout ce temps qui passe me rapproche de la vieillesse et de la mort.

Alors, s’adressant au plus jeune, la voisine demanda :

– Et toi, qu’as tu reçu comme cadeau?

– Oh! Moi j’ai eu un cheval! Répondit le garçon, joyeusement, mais il a préféré la liberté.

Δ

Tiré, à la manière des « Menteurs », des « Contes philosophiques du monde entier »  de Jean-Claude Carrière