Les larmes d’une reine

Dans la rivalité politique qui oppose, pour la conquête du pouvoir, Cléopâtre à son frère et époux Ptolémée, la reine, dont le nez fit tant gloser sa postérité, va trouver en Jules César, outre la réciprocité d’un réel amour, le soutien qui la portera à son triomphe.

Croyant trouver grâce aux yeux de César, Ptolémée a fait assassiner Pompée qui tenait farouchement tête à l’empereur dans la guerre qu’ils se livraient. Il lui en offre la tête, alors même que les deux rivaux envisageaient de faire la paix. César, prompt à venger la famille de Pompée et séduit par Cléopâtre, devient l’allié inconditionnel de cette habile ambitieuse de 21 ans qu’il placera sur le trône d’Égypte, et à qui il laissera un héritier, leur fils Césarion, conçu, dit-on, lors d’une croisière sur le Nil.

La plus puissante des reines du monde a-t-elle droit, elle aussi, à son instant de désespoir et de larmes ?

Oui ! Sans doute ! Et en guise de preuve, émouvante de beauté, le chant désespéré, qui cependant n’oublie ni la colère, ni le désir de vengeance, que Haendel offre à la voix de Nathalie Dessay, dans cet extrait de son opera seria » Giulio Cesare in Egitto », composé 18 siècles après les faits historiques.

Cléopâtre VII - Turin Musée des Antiquités

Cléopâtre VII – 1er siècle av JC – Turin Musée des Antiquités

Ici, Cléopâtre a été enfermée par Ptolémée, sordide commanditaire du meurtre de Pompée, tout juste décapité. Dans sa prison, elle se lamente sur son triste sort…

Piangerò la sorte mia…

Oeuf de Pâques lumineux

Oeufs de PâquesDans les œufs de Pâques aussi on peut trouver des perles… de lumière.

Voici celle que j’ai eu le bonheur de découvrir ce dimanche.

Éteints les projecteurs et les fastes des grandes salles de concert ; oubliés les vitraux colorés et les échos profonds des cathédrales emphatiques. Juste une voix, « La » voix, captée dans sa simple vérité, pendant la répétition, volée à l’intimité du travail des artistes.

Nathalie Dessay (soprano) et Louis Langrée (chef d’orchestre) réunis autour de la Messe en Ut mineur de Mozart, filmés par une caméra discrète. C’est un extrait de la deuxième partie du Credo – « Et incarnatus est » – mouvement central de cette grande messe, conçue comme une cantate, et sans doute, bien qu’il ne la terminât pas, une des plus belles compositions du Maestro.

Sacrée ou profane, la lumière peut emprunter bien des chemins pour pénétrer en nous. Seul importe qu’elle atteigne le cœur.