Se perdre dans le mouvement

Se perdre dans la précision du mouvement infiniment maitrisé pour transcender sa réalité et pénétrer, explorateur libre de tout préjugé, dans le royaume de son propre imaginaire.

Seuls, me semble-t-il, les arts qui exigent du corps humain cet engagement total de chacun de ses composants les plus infimes dans une impérative et rigoureuse union coordonnée avec tous les autres, peuvent permettre une véritable échappée transcendante, un instant au moins, vers l’incommensurable au-delà de soi-même.

Aucun corps ne saurait franchir aussi loin ses limites sans la puissance magnifiée de la volonté qui l’exhorte, sans l’ordre supérieur de l’esprit qui le conduit.

Mais aucun esprit ne serait en mesure de s’ouvrir grand à cet ailleurs dénué de frontières qu’est l’imaginaire, sans avoir au préalable épuisé les limites du corps qui l’enferme.

La danse comme un des chemins vers la véritable beauté de l’âme : sa liberté ?

La réalité regagne toujours ses droits, et le danseur son théâtre.

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Elle se perd dans le mouvement : Heather Ogden

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Il se perd dans le mouvement : Guillaume Coté

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« Two »

Troublant, dérangeant, captivant, émouvant !

Mouvement désespéré, immobile, fixé dans les infinies profondeurs enténébrées d’une éternité que seuls, perçant à travers un rai de lumière, laissent imaginer les échos lointains d’un sonar oublié, symbole mémoriel d’une humanité ensevelie sous ses propres ruines.

Lutte acharnée entre l’essor et le déclin, chaque geste ici est un effort vital vers la lumière qu’aucune parcelle de ce corps ne parvient à s’approprier.

C’est là ma lecture très personnelle de cette chorégraphie, « TWO » de Russel Maliphant (deuxième solo de son ballet « PUSH »), dansée ici par la magique Sylvie Guillem, lors de la soirée HOPE JAPAN, qu’elle organisa le 6 avril 2011 au Théâtre des Champs Elysées pour soutenir le Japon meurtri.

Sylvie Guillem est nommée « Danseuse Etoile » de l’Opéra de Paris par Rudolph Noureev en 1984 – Elle a 19 ans.

Pied Sylvie Guillem

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Voyage avec Monsieur Monsieur

Avec Monsieur Monsieur
je m’en vais en voyage.
Bien qu’ils n’existent pas
je porte leurs bagages.
Je suis seul et ils sont deux.

Lorsque le train démarre
je vois sur leur visage
la satisfaction
de rester immobile
quand tout fuit autour d’eux.

Comme ils sont face à face
chacun a ses raisons.
L’un dit : les choses viennent
et l’autre : elles s’en vont ;
quand le train les dépasse
est-ce que les maisons
subsistent ou s’effacent ?
moi je dis qu’après nous
ne reste rien du tout.
Voyez comme vous êtes !
lui répond le premier,
pour vous rien ne s’arrête
moi je vois l’horizon
de champs et de villages
longuement persister.
Nous sommes le passage
nous sommes la fumée …
C’est ainsi qu’ils devisent
et la discussion
devient si difficile
qu’ils perdent la raison.

Alors le train s’arrête
avec le paysage
alors tout se confond.

                                                                   Jean Tardieu (1903-1995)

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La beauté en mouvement

 La beauté en mouvement?…  La beauté du mouvement?…  Le mouvement de la beauté?…
La beauté! Tout court!
Car la beauté demeure la beauté, même quand l’image se fige. Gelées dans l’instant, la grâce de la femme et la fluidité du geste sont telles qu’en pénétrant encore un peu l’image, on pourrait y entendre aussi la musique.

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(Son site : http://www.vishneva.ru/en/)