Le premier mot d’un vers

Vient de paraître sur   « De braises et d’ombre » :

Le premier mot d’un vers

Inaltérable plaisir de lire et de relire, d’entendre et de ré-entendre, un texte dans lequel vibrent à l’unisson, confondus dans la densité de l’instant, l’émoi du poète, l’humanité d’un regard, l’humilité du sage, et l’empathie du sachant.

Inoubliable Laurent Terzieff !

Immortel Rainer-Maria Rilke !

Rainer-Maria Rilke (1875-1926)

Lire, voir, écouter la suite . . .

L’amour des mots

Très émouvant ce conte qui n’est pas, vraiment pas, réservé aux enfants! Une belle illustration poétique de l’amour des mots et de leur pouvoir magique.
Merci à « longbull13 »!

Landcheyenne

Dans un pays où les habitants ce nourrissent de lettres et de mots cueillis dans les arbres, Nadal, un bûcheron des mots, fait une rencontre qui change sa vie..
Grand Prix du Jury meilleur court métrage d’animation 2010, Festival du Film Indépendant de Washington DCSélection officielle Annecy 2009 – Prix du jury au festival « Les Nuits Magiques » de Bègles 2009 : meilleur court métrage

Le bucheron des mots - blog landcheyenne

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Le mot

Victor Hugo1

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !

Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ;

TOUT, la haine et le deuil !

Et ne m’objectez pas que vos amis sont sûrs

Et que vous parlez bas.

Écoutez bien ceci :

Tête-à-tête, en pantoufle,

Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,

Vous dites à l’oreille du plus mystérieux

De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,

Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,

Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,

Un mot désagréable à quelque individu.

Ce MOT — que vous croyez qu’on n’a pas entendu,

Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —

Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ;

Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;

Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,

De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;

Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle !

Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ;

Il suit le quai, franchit la place, et cætera

Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,

Et va, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.

Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,

Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,

Entre, arrive et railleur, regardant l’homme en face

Dit : « Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. »

Et c’est fait ! Vous avez un ennemi mortel.