La fidélité ou l’art de la démonstration

En ces temps là, quand on avait dit « oui », c’était évidemment pour la vie… Et le couple tenait bon!

Depuis le dernier tiers du XXème siècle, avec l’augmentation du nombre et de la fréquence des divorces, la question n’a cessé d’occuper les esprits : Comment donc faisaient nos aînés pour donner autant de longévité à leurs unions?

Les sociologues, avec ce talent de faire parler les courbes qui leur est propre, ont multiplié les explications à l’infini. Mais je ne me souviens pas qu’ils aient développé une seule fois cet argument péremptoire qui suppose tout simplement que nos grands-mères étaient plus « intelligentes » que nos épouses – Pardon Mesdames! – (ou plus naïves, peut-être?), et nos grands-pères plus « honnêtes » que nous-mêmes – Pardon Messieurs! – (ou plus habiles peut-être?).

A l’évidence les observateurs n’avaient pas accordé suffisamment d’intérêt à cette scène délicieuse du film réalisé en 1949 par Henri Jeanson, « Lady Paname », où Louis Jouvet, dans le rôle d’un très malin photographe, explique avec force conviction à son épouse, qu’il remercie de toutes ses grâces, comment elle sait faire de lui un mari aussi « fidèle »…

Un modèle de casuistique!

Vera Norman (Oseille) – Jane Marken (L’épouse) – Suzy Delair (Caprice)

Ah ces anglaises…! So french!

De vraies coquines ces anglaises qui chantent si bien notre français, avec tant de grâce et tant de charme. Et si elles se sont un peu éloignées de leurs vingt ans, leur voix a gardé toute la suavité de la jeunesse. Sur la scène ou devant la caméra elles affichent la facilité et la légèreté des plus grandes qu’elles ne sauraient cesser d’être.

Avec les hommes elles peuvent être finaudes et manipulatrices, un rien profiteuses et sans grande considération pour le sexe fort, comme Susan Graham, par exemple :

Ici, elle répète avec son pianiste une pièce extraite de la comédie musicale « L’amour masqué » d’André Messager sur des paroles de Sacha Guitry.

Paroles (de Sacha Guitry)

J’ai deux amants, c’est beaucoup mieux !
Car je fais croire à chacun d’eux
Que l’autre est le monsieur sérieux.

Mon Dieu, que c’est bête les hommes !
Ils me donnent la même somme
Exactement par mois
Et je fais croire à chacun d’eux
Que l’autre me donne le double chaque fois
Et ma foi
Ils me croient
Ils me croient tous les deux.

Je ne sais pas comment nous sommes
Mais mon Dieu
Que c’est bête un homme, un homme, un homme
Mon Dieu que c’est bête un homme !
Alors vous pensez… deux !

Un seul amant c’est ennuyeux
C’est monotone et soupçonneux
Tandis que deux c’est vraiment mieux.
Mon Dieu qu’les hommes sont bêtes
On les f’rait marcher sur la tête
Facilement je crois
Si par malheur ils n’avaient pas
A cet endroit précis des ramures de bois
Qui leur vont !
Et leur font un beau front ombrageux

Je ne sais pas comment nous sommes
Nous sommes nous sommes
Mais mon Dieu
Que c’est bête un homme, un homme, un homme
Mon Dieu que c’est bête un homme !
Alors vous pensez… deux !

Elles peuvent aussi adorer les hommes, et les rechercher passionnément, surtout s’ils ne sont pas trop vieux et s’ils portent l’uniforme. Et qu’importe qu’elles soient grandes duchesses comme Dame Felicity Lott dans « La Grande Duchesse de Gérolstein » de Jacques Offenbach.

Je les aime !

Non, pas les militaires!… Mes deux superbes anglaises…

qui excellent aussi dans la mélodie française… (à suivre)