Dans la rue…

J’avais envie de faire une petite promenade photographique dans les rues, sans but, sans choisir entre nuit et jour, sans me préoccuper de la ville ou du pays, avec juste en tête l’idée que mon périple se ferait en noir et blanc.

Je suis donc allé « prendre des photos »… mais pas les miennes – qui n’auraient ressemblé à rien, sachant à peine faire la différence entre l’objectif et le viseur – plutôt celles des autres, ceux qui ont le talent de voir et de capter, que je ne connais pas, et dont j’ai juste aimé le regard par eux porté sur la rue. Je vous le propose aussi simplement que je vous offrirais un thé ou un whisky si vous veniez me rendre visite.

Regis Frasseto - regard dans la cour carrée

Regis Frasseto – regard dans la cour carrée

Jarosław Stanisławski - The Hill Przemysław, Undated From The builders of the World of Photography

Jarosław Stanisławski – The Hill Przemysław, Undated From The builders of the World of Photography
http://www.faciepopuli.com/post/57973534946/jaroslaw-stanislawski-the-hill-przemyslaw;

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Inconnu

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Nils-Erik-Larson

Emile Gos (1888-1969) – L’aveugle de la rue de la Seine, Paris 1911

Emile Gos (1888-1969) – L’aveugle de la rue de la Seine, Paris 1911

Et comme le plaisir d’une promenade est tout entier contenu dans la liberté qu’elle suppose, le noir et blanc souffrira de côtoyer les couleurs anciennes de cette rue ancienne que traverse un ancien d’un lointain pays.

Enami Nobukuni, 1859-1929

Enami Nobukuni, 1859-1929

Revelation

Zakharova - Revelation1

« La danse est l’une des formes les plus parfaites de communication avec l’intelligence infinie. »

Paolo Coelho dans « Le pélerin de Compostelle »

*

Sur la musique composée par John Williams pour le film « La liste de Schindler », le chorégraphe japonais Motoko Hirayama dont toutes les grandes compagnies de ballets du monde interprètent régulièrement les œuvres, a créé cette chorégraphie nommée en anglais « Revelation ». 

Le choix de la musique suffit déjà à nous dire de quelle terrible « révélation » il pourrait s’agir, mais, comme pour toute abstraction, chacun écrira sa propre histoire. Là est sans doute la force de l’art, dans la transcendance de sa beauté, qui rassemble envers la différence des sensibilités et contre la diversité des points de vue.

Avec la merveilleuse Svetlana Zakharova, en permanent équilibre sur la corde d’un violon qui pleure, entre danse classique et ballet moderne, l’art de la danse confine ici au sublime tel que Georges Braque en posait jadis les conditions : « l’alliance du talent avec l’enthousiasme ».

Seule sur scène avec pour unique décor et complice, une simple chaise, Zakharova nous extirpe des ténèbres de l’ignorance et de la naïveté et nous entraîne vers la déchirante lumière de la réalité révélée pour nous rendre, peut-être, infiniment intelligents.

Est-il plus belle union que le mariage de la beauté avec l’intelligence?

Zakharova - Revelation2

*

Se détacher du monde… Infiniment

« Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne – la vérité, la pluie sur le toit d’une voiture, les mots d’amour… ou les pianos de Mozart. »

Christian Bobin

Les mots d’amour : leur écho, de très loin venu, est trop sourd désormais, et trop profonde la déchirure de mes entrailles pour que s’en forment de nouveaux.

La pluie : mes vieilles articulations rouillées ne l’apprécient guère ; elle fait languir mon âme comme un ver de Verlaine, et aux toits des voitures, depuis longtemps je préfère celui, « tranquille, où marchent des colombes ».

Quant à la vérité, la sagesse des années m’a appris à ne plus la chercher ailleurs qu’en moi-même, ce qui ne signifie en rien que je l’ai trouvée, ni que je la rencontrerai, ni même que je continuerai de courir sur le chemin des chimères…

Mais il me reste, Ô bonheur! pour me détacher du monde, porteurs de grâce et d’espoir, résonnant tout à la fois comme des mots d’amour, comme le rythme multiple de la pluie et comme l’éternelle vérité, les pianos de Mozart… Tous!

Infiniment!

Si, comme Alice son lapin, vous acceptez de me suivre pour un petit voyage sur la toile, dans cet univers magique des pianos de Mozart, nous aborderons des mondes merveilleux « faits d’astres et d’éther ».

Et d’abord celui-ci, tout entier chargé de fraîcheur juvénile et de belle espérance sous les doigts frêles de la gracieuse petite Sora :

Dans cette bulle de cristal, votre oreille sera bercée par les doux mots d’amour qu’en un chant susurré une divinité d’un souffle fera voler vers vous, sans que jamais, pourtant, la passion ne s’éteigne  :

Mollement engourdi sur le velours lustré d’un profond canapé, à l’abri, près d’une flamme pourpre, vous vous amuserez à écouter la pluie capricieuse changer ses rythmes entre les colères de l’orage :

Et enfin, recueilli comme pour recevoir une bénédiction, vous vous blottirez, heureux, dans la lumineuse vérité de la musique d’un ange :

◊◊◊

Les pianos de Mozart… Infiniment

Oeuf de Pâques lumineux

Oeufs de PâquesDans les œufs de Pâques aussi on peut trouver des perles… de lumière.

Voici celle que j’ai eu le bonheur de découvrir ce dimanche.

Éteints les projecteurs et les fastes des grandes salles de concert ; oubliés les vitraux colorés et les échos profonds des cathédrales emphatiques. Juste une voix, « La » voix, captée dans sa simple vérité, pendant la répétition, volée à l’intimité du travail des artistes.

Nathalie Dessay (soprano) et Louis Langrée (chef d’orchestre) réunis autour de la Messe en Ut mineur de Mozart, filmés par une caméra discrète. C’est un extrait de la deuxième partie du Credo – « Et incarnatus est » – mouvement central de cette grande messe, conçue comme une cantate, et sans doute, bien qu’il ne la terminât pas, une des plus belles compositions du Maestro.

Sacrée ou profane, la lumière peut emprunter bien des chemins pour pénétrer en nous. Seul importe qu’elle atteigne le cœur.

« Two »

Troublant, dérangeant, captivant, émouvant !

Mouvement désespéré, immobile, fixé dans les infinies profondeurs enténébrées d’une éternité que seuls, perçant à travers un rai de lumière, laissent imaginer les échos lointains d’un sonar oublié, symbole mémoriel d’une humanité ensevelie sous ses propres ruines.

Lutte acharnée entre l’essor et le déclin, chaque geste ici est un effort vital vers la lumière qu’aucune parcelle de ce corps ne parvient à s’approprier.

C’est là ma lecture très personnelle de cette chorégraphie, « TWO » de Russel Maliphant (deuxième solo de son ballet « PUSH »), dansée ici par la magique Sylvie Guillem, lors de la soirée HOPE JAPAN, qu’elle organisa le 6 avril 2011 au Théâtre des Champs Elysées pour soutenir le Japon meurtri.

Sylvie Guillem est nommée « Danseuse Etoile » de l’Opéra de Paris par Rudolph Noureev en 1984 – Elle a 19 ans.

Pied Sylvie Guillem

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« Allumer… le feu! »

« Si le feu brûlait ma maison, qu’emporterais-je ? J’aimerais emporter le feu… »                  Jean Cocteau  (« Clair-obscur »)

« Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur. »                                                          Victor Hugo (« Choses vues »)

En cliquant sur la photo on remonte vers son auteur.

Sans titre

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D'eau et de feu

Fire incantation

Flower

Cracheur de feu / Palais de Tokyo

Paquet cadeau

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Fire Poi

Under the Bridge

Lizzi_swirl_tree

Guy Fawkes Night

Fireworks on New Years Eve

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