« Goin’ home » : itinéraire d’une mélodie

Vient de paraître sur   « De braises et d’ombre » :

« Goin’ home » : itinéraire d’une mélodie

Paul Robeson (basse) 1898-1976 – Voice of the century

Étrange écho de Negro spirituals dans ces mots de l’écrivain russe Anton Tchekhov ! Et pourtant, ce ne sont pas les chants nostalgiques afro-américains qui les ont inspirés, mais…

Antonín Leopold Dvořák (1841-1904)

Voilà donc le riche itinéraire du Largo du deuxième mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde : une mélodie élégiaque imprégnée des senteurs des forêts de Bohème, mâtinée de la sueur âcre des esclaves cueilleurs de coton, saupoudrée de bribes des légendes indiennes du Wisconsin ou du Minnesota qui peuplent la poésie de Henry...

Billet en deux parties

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Ombra mai fu…

Haendel

Georg-Friedrich Haendel (1685-1759)

 » Le destin vous sourit ! 

Que le tonnerre, l’éclair et la tempête 

Ne troublent jamais votre précieuse paix, 

Et le rapace vent du sud 

Ne vienne pas non plus vous violenter ! 

Jamais l’ombre d’aucun arbre 

Ne fut plus douce, plus précieuse, 

Plus agréable !  »

« Ombra mai fu
di vegetabile,
cara ed amabile,
soave più. »

Comme on ne saurait se lasser de la douceur de l’ombre du grand platane sous lequel on vient chercher la paix et le repos, on ne se lasse pas de s’abandonner à le tendre mélodie du très célèbre« Largo de Haendel ». Et lorsque d’une caresse de sa voix, Cecilia Bartoli fait frissonner les feuilles…

« Ombra mai fu » est la première aria que nous offre Haendel dans son opéra, « Serse » –  une de ses dernières compositions du genre – vaguement inspirée de la vie de Xerxès I, roi de Perse à la fin du Vème siècle. C’est un chant d’amour que le roi dédie à un vieux platane. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer à priori, ce n’est pas à la voix grave et sonore d’un puissant monarque habitué à ordonner que cet air est confié, mais au tremolo délicat de celle, haut perchée d’un castrat, ou d’une soprano.

Les contre-ténors ayant repris le répertoire des castrats désormais disparus – faute, sans doute, de pouvoir se reproduire – accordons-nous un bis avec l’un de leurs plus brillants représentants, Andreas Scholl… pour entendre la différence… et surtout, avouons-le, pour doubler notre plaisir.