Mozart… à la française !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Mozart… à la française !

« … parce que j’ai le culte de la ligne mélodique et que je préfère Mozart à tous les autres musiciens. »   Francis Poulenc

Et quel plaisir, toujours renouvelé, d’apporter la preuve d’un tel propos, par l’exemple, avec le deuxième mouvement « Larghetto » du « Concerto pour deux pianos » en Ré mineur, que Poupoule, comme l’appelaient ses intimes, écrit en 1932 à la demande de la princesse Edmond de Polignac.

Lucas et Arthur Jussen – pianistes

Démonstration d’autant plus belle que ce « Larghetto », dans lequel Mozart a bien du mal à se cacher, est ici formidablement interprété par deux jeunes pianistes d’exception, les frères Jussen, et l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam placé sous la baguette de Stéphane Denève.

La réalisation vidéo étant elle-même remarquable, la tentation de retrouver les autres mouvements pourrait bien être irrépressible.

On découvrira alors combien Poulenc a composé ce concerto en caméléon, également inspiré pendant son travail par Bach, Ravel, Rachmaninov ou Stravinsky.

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Ombra mai fu…

Haendel

Georg-Friedrich Haendel (1685-1759)

 » Le destin vous sourit ! 

Que le tonnerre, l’éclair et la tempête 

Ne troublent jamais votre précieuse paix, 

Et le rapace vent du sud 

Ne vienne pas non plus vous violenter ! 

Jamais l’ombre d’aucun arbre 

Ne fut plus douce, plus précieuse, 

Plus agréable !  »

« Ombra mai fu
di vegetabile,
cara ed amabile,
soave più. »

Comme on ne saurait se lasser de la douceur de l’ombre du grand platane sous lequel on vient chercher la paix et le repos, on ne se lasse pas de s’abandonner à le tendre mélodie du très célèbre« Largo de Haendel ». Et lorsque d’une caresse de sa voix, Cecilia Bartoli fait frissonner les feuilles…

« Ombra mai fu » est la première aria que nous offre Haendel dans son opéra, « Serse » –  une de ses dernières compositions du genre – vaguement inspirée de la vie de Xerxès I, roi de Perse à la fin du Vème siècle. C’est un chant d’amour que le roi dédie à un vieux platane. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer à priori, ce n’est pas à la voix grave et sonore d’un puissant monarque habitué à ordonner que cet air est confié, mais au tremolo délicat de celle, haut perchée d’un castrat, ou d’une soprano.

Les contre-ténors ayant repris le répertoire des castrats désormais disparus – faute, sans doute, de pouvoir se reproduire – accordons-nous un bis avec l’un de leurs plus brillants représentants, Andreas Scholl… pour entendre la différence… et surtout, avouons-le, pour doubler notre plaisir.