Homme ou animal?

La danse Butô

Contraction des idéogrammes Bu (Danse) et (Fouler le sol)

Cette danse, troublante, voire dérangeante parfois, apparaît au Japon après la Seconde Guerre Mondiale et les bombardements atomiques dévastateurs de Nagasaki et Hiroshima. Le et le Kabuki, arts traditionnels du Japon, ne semblent plus suffire à exprimer l’humain au cœur des données nouvelles du monde.

Tatsuli Hijikata et Kazu Ohno, dans les années 60, créent cette forme chorégraphique dont le but profond est de développer une communication avec la terre et les ténèbres. Ils puisent leur inspiration dans le bouddhisme et le shintoïsme anciens, dans lesquels  le spectacle, qu’il se déroulât dans le temple ou au centre de la fête de rue, constituait cet espace médian entre l’ici et l’au-delà, où l’âme des ancêtres venait prendre possession du corps de l’acteur.

Cette danse, réaction voire subversion parfois, veut rejeter la logique dominante et supprimer la mémoire du corps, proposant une sorte de redécouverte de l’état primal. (Le plus souvent corps nu, blanchi, crâne rasé). Pas de définition stylistique précise, il s’agit pour le danseur de vider son esprit de ses acquis et de créer sa relation avec le monde cosmique. « Vidé de sa « personne », il peut vivre le « caché », la mémoire ancestrale ».

Fouler le sol, le griffer, pour faire jaillir de ses entrailles la mémoire la plus lointaine.

« Le plus petit geste contient tout le vécu du monde ». Biétrix Schenk (chorégraphe)

Aujourd’hui le Butô – qui n’a pas toujours été compris, même au Japon –  est enseigné, au-delà de son aspect artistique et philosophique, comme une thérapie du bien-être, à l’instar du Qi-kong ou du Tai-chi.