Fusion d’amour

Emmanuel Sellier - Mémoire fossile - terre cuite patinée

Emmanuel Sellier – Mémoire fossile – terre cuite patinée (site du sculpteur en cliquant sur l’image)

Toi et moi
avons tant d’amour
qu’il brûle comme un feu ardent.
Dans ce feu cuisons une motte d’argile
ton visage moulé
mon visage moulé.
Puis brisons nos deux faces de terre
et dans l’eau fusionnons les débris.
Reformons nos visages de glaise :
Une part de moi dans ton argile
Dans mon argile une part de toi.

Vivants nous partageons la même couche
Morts nous partagerons le même cercueil.

Kuan Tao-Sheng (Poétesse chinoise du XIIIème siècle)

Traduction libre de la traduction anglaise de Kenneth Rexroth and Ling Chung

 Guan Daosheng on Wikipedia

La nuit 8 – La chambre des amants

 » On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.  »    Alfred de Musset

Éternels gestes de l’amour, pantomime universelle, danse rituelle spontanément éclose au fond des âges ; chorégraphie naturelle des corps, jamais apprise et cependant sue ; magie toujours recommencée et chaque fois différente d’un souffle de création unique, épiphanie du divin, fusion de deux êtres de chair dans l’indicible lumière d’une éphémère union :

Deux amants, dans l’intimité de leur chambre d’amour.

Deux exceptionnels danseurs, Lucia Lacarra et Cyril Pierre, un chorégraphe inspiré, Val Caniparoli, et un musicien (au hasard), Frédéric Chopin, et nous voilà transportés dans la chambre des amants. Désormais, grâce à eux, spectateurs émerveillés d’un pas d’amour que la pudeur du couple blotti dans sa nuit aurait encore dissimulé à la curiosité de nos regards envieux.

Aimer !

Vidéo visible en HD (roue dentelée en bas et à droite de l’image)