Effacer pour donner

 » Seule la main qui efface peut écrire la chose vraie  »  Maitre Eckhart

Quand la réalité de l’histoire prend la forme de la légende, le récit se pare du merveilleux des contes pour éclairer le symbole de l’incomparable générosité du sage.

Christiane Singer, lors d’une interview à la télévision belge, il y a quelques bonnes années, racontait cette belle anecdote dont elle fut témoin au cours d’une conférence, et qui aurait pu aussi bien trouver sa source dans un vieux livre de sagesses anciennes.

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On peut toujours s’arrimer solidement à son pessimisme et à sa misanthropie, s’enfermer à double tour dans le coffre hermétique de la raison d’où jamais on ne voit le Ciel, et cependant ne pas rester sourd à certaines voix qui invitent vers cet ailleurs d’où elles sont venues.

Peut-être sommes nous, comme se plaisait à le répéter Christiane Singer, des  » voyageurs des deux mondes «  ?

S’abreuver de sa lumière fait s’estomper le doute… jusqu’à le faire disparaître… presque.

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Interview complète réalisée en 2000 (?) par la RTBF

Un chemin vers le comprendre… ou vers le croire… ou vers les deux…

Mais à coup sûr un chemin vers l’être !


Douceurs et sagesse d’Afrique

Rokia Traore - BowmboïElle est belle, et ses chansons, qui puisent leur inspiration dans ses origines bambaras, quelque part au Mali près du delta du Niger, sont un enchantement.

Pour que sa musique reflète complètement les sonorités traditionnelles de son Afrique, elle appelle autour de sa voix délicate et de sa guitare les instruments du pays, tels le balafon, le djembé et le n’goni.

Vous la connaissez et l’appréciez sans doute déjà. Depuis 1997, année de ses débuts, elle ne cesse de séduire tous les publics, bien au-delà de ceux qui réservent leurs oreilles aux « musiques du monde ».

Il s’agit, bien sûr, de  Rokia Traoré.

Je ne serais pas étonné que nous soyons nombreux à connaître et aimer ce très bel enregistrement de 2004, « Bownboï », dont la pochette illustre ce billet, et dont les mélodies bercent souvent mes soirées.

Alors, pour le plaisir du partage, avec ceux qui la découvriront ou ceux qui se réjouiront d’une nouvelle écoute, deux vidéos puisées dans le butin de mon dernier hold-up de la banque Youtube.

  • M’Bifo

C’est un hymne à l’aimé, pour le remercier du bonheur qu’il donne en formant le couple. Un chant de reconnaissance simple, pur et profond, enveloppé d’une tendre douceur.

« Merci mon aimé, merci Ô chéri

« De l’époque de ma solitude, je t’ai amené un contenant vide

« Tu me l’as rempli d’amour, tu me l’as rempli de bonheur »

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  • Kélé Mandi

Chant doucereux sur la difficile union de deux êtres, qui se termine par cette parole de sagesse qu’il faudrait enseigner très tôt et à tous :

« On ne peut exiger de l’autre

« Qu’il accepte ce qu’on lui offre.

« En recevant ce que donne l’autre

« On l’ouvre à ce qu’on pourrait lui apporter »

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Je suis mort…

Je suis mort parce que je n’ai pas le désir,
Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder,
Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner ;
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien,
Voyant qu’on n’a rien, on essaye de se donner,
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est rien,
Voyant qu’on est rien, on désire devenir,
Désirant devenir, on vit.

                                                                                        René Daumal – Mai 1943

Un lien vers un excellent article de Gil Pressnitzer : « René Daumal – L’homme à l’envers »