Qui cause?

Jiddu Krishnamurti (1895-1986)

Jiddu Krishnamurti (1895-1986)

Krishnamurti, penseur d’envergure universelle du XXème siècle, avait pour habitude de partager sa sagesse au cours de causeries à travers le monde . Ne se sentant aucune appartenance privilégiée à l’Orient ou à l’Occident, n’ayant adhéré à aucune religion, ne représentant aucune secte, il attirait à ses conférences un immense public venu de toutes les composantes des sociétés qui l’accueillaient.

Il affirmait avec force conviction que « la vérité est un pays sans chemin » dont l’accès n’est pas soumis aux rites religieux, aux doctrines philosophiques, ou aux préceptes sectaires, d’aucune sorte.

L’essentiel de son message consistait à attirer l’attention de chacun sur la puissance immense de notre cerveau, et invitait l’auditeur à développer sa conscience individuelle et son état d’éveil. Ces qualités, qu’il considérait comme fondamentales, étaient sans doute la source de son intelligence et du grand charisme qu’elle lui conférait.

Outre les captations de ses conférences publiques ou de ses entretiens passionnants avec des scientifiques, théologiens, ou autres intellectuels de haut vol, la bibliographie de Krishnamurti est assez abondante. On y trouve entre autres un ouvrage intitulé « La flamme de l’attention » qui me permet, enfin, d’atteindre le but que j’avais confié, il y a un siècle ou deux, à ce billet : partager avec vous la jolie anecdote qu’il raconte dans une des pages de ce livre :

Un maître spirituel, d’un autre temps, réunissait chaque jour la dizaine de disciples qui lui étaient fidèlement attachés et leur parlait des grandes valeurs universelles, comme la beauté, la bonté, l’amour et quelques autres. Un beau matin, alors que le maître allait prononcer ses premiers mots pour proposer le thème du jour, un oiseau atterrit sur le rebord de la fenêtre et se mit à chanter, captivant pendant un large instant toute l’attention de son public improvisé. Puis il s’envola. Le maître alors annonça : « La causerie du jour est terminée. »

(L’ouvrage faisant partie du nombre – considérable – de ceux que l’on doit me rendre… demain, on me pardonnera de ne pas pouvoir utiliser les guillemets)