« Le son m’enfante… »

Pour marquer mon dernier voyage de cette courte année chez mes amis « Les Cosaques »  je voulais que la perle musicale que j’y déposerais exprimât avant tout le sentiment d’une profonde humanité qu’aucune frontière ne retînt.

Il fallait que le poème, la musique, l’interprète et son message fusionnassent en une émotion unique, forte, juste, qui, sans détour, au-delà du langage, pût sensuellement pénétrer l’âme de chacun.

Je désirais enfin que cette perle servît d’illustration à ce vers du « Cimetière marin » de Paul Valéry  :  « Le son m’enfante et la flèche me tue »  ; afin qu’à l’orée et à l’instar d’une nouvelle année, elle nous fasse à la fois naître et mourir… pour qu’ensemble nous renaissions de son partage, au moins le temps d’un frisson.

Buika03J’ai donc déposé sur cette page des « Cosaques », une perle noire, de culture arlequine, qui laisse échapper de son écrin les accents magiques et indéfinissables d’une âme en permanente errance entre naître et mourir : le « duende ».

 

« Oro santo »

Cliquez sur le titre ci-dessus

Le chant des esprits sur les eaux

C’est par le chemin de Staubbach, dans l’Oberland bernois, où gronde sans cesse la chute tumultueuse des eaux de la montagne, que j’ai rejoint aujourd’hui « Les cosaques des frontières ».

Alors que je faisais là une longue halte pour m’enivrer de ces splendeurs, comme Goethe, quelques siècles plus tôt, j’entendis, moi aussi, le chœur des esprits des eaux. Ils me parlaient des hommes, de leur âme, de leur destinée. Ils chantaient le poème qu’ils avaient jadis inspiré au Maître de Weimar ; Schubert en avait composé la  musique.

J’étais sous le charme, envoûté.

De cet envoûtement, en valeureux cosaque, je fis mon butin. En fidèle compagnon, je me devais au plaisir de le partager.

Votre part vous attend au « Fort Bastiani« , le repaire des « cosaques » :

Pour abaisser le pont-levis, cliquez sur le titre ci-dessous :

« Gesang der Geister über den Wassern »

(Chant des esprits au-dessus des eaux)

Un arc-en-ciel en enfer

« Un arc-en-ciel en enfer », c’est le titre d’un billet que votre serviteur vient de publier sur le blog « Les cosaques des frontières », pour faire suite à l’aimable invitation reçue de son animateur Jan – un hollandais aussi francophone que francophile – qui s’est généreusement pris  d’amitié pour « Perles d’Orphée ».

Cette première publication fait de moi un « cosaque », bien pacifique en vérité , enrôlé sur ce nouveau blog parmi de talentueux compagnons auprès de qui je chevaucherai botte à botte, une ou deux fois par mois, en musique évidemment. Je ne manquerai pas de vous inviter à prendre part à chacune de mes expéditions. Je sais déjà que le butin sera chargé de « perles » et qu’Orphée n’y sera pas pour rien.

Un clic sur le titre ci-dessous conduit au billet :

« Un arc-en-ciel en enfer » – 1

« Un arc-en-ciel en enfer » – 2

Quatuor fin du temps invitation2Pour un premier billet publié chez « Les cosaques des frontières », avoir choisi de partager le « Quatuor pour la fin du temps » d’Olivier Messiaen, quand on n’est soi-même ni musicien, ni musicologue, qu’on résiste sincèrement à se prétendre mélomane parce qu’on est seulement et simplement un farouche amoureux de la musique et des musiques, est pour le moins osé.

Mais j’ai osé! Parce que au-delà de la profonde et touchante spiritualité qui habite cette œuvre et par-delà la qualité immense du compositeur inspiré qui l’a écrite, – deux raisons bien suffisantes en vérité pour encourager l’audace – ce quatuor est né d’une histoire extraordinaire qui illustre l’incommensurable pouvoir de la musique… même au beau milieu de l’enfer.

La musique n’a jamais été absente des camps, même ceux que l’horreur et la folie des hommes avaient transformés en usines de mort. Certes les bourreaux, eux-mêmes, faisant écho à la phrase de Tolstoï « Là où on veut des esclaves, il faut le plus de musique possible », l’ont utilisée pour ainsi dire comme une arme. Primo Lévi n’avait-il pas nommé « maléfice » ces musiques chargées de scander la marche des « âmes mortes » vers les travaux forcés.

Cependant, les compositeurs et les artistes détenus, n’ont jamais cessé de composer, de jouer ou de chanter pour apaiser leurs souffrances ou forcer leurs espérances. Et cela même quand les conditions de leur enfermement sombraient dans les profondeurs abyssales de l’abjection humaine. Tous, à l’évidence n’étaient pas Messiaen, mais tous, et Messiaen lui-même, ont trouvé dans la musique une énergie vitale qui, pour certains, aura contribué parfois à les sauver du pire ou mieux, à les sauver tout court, et, pour beaucoup d’autres, à les éloigner, ne serait-ce que quelques instants, des atrocités et de la barbarie qui composaient leur quotidien.

J’ai osé aussi, parce que, doté d’une oreille toujours un peu perplexe, voire parfois franchement réfractaire à la musique « contemporaine » – dont tant d’œuvres d’ailleurs sont les créations de quelques illustres disciples de Messiaen – j’ai le plus grand plaisir à me rapprocher des compositions du XXème siècle (plus nombreuses qu’on pourrait le penser) qui me transportent et m’émeuvent avec d’autres références sonores que celles, de plus loin venues, qui ont un peu trop conditionné mes écoutes, et depuis longtemps.

Ce préambule, je l’espère, aidera peut-être au pardon de mon audace!

L’écoute de l’œuvre devrait certainement m’absoudre.