Deux pianos

deux pianos agrandis

À l’évidence la photo qui introduit ce billet n’est ni un Vermeer, ni un coucher de soleil sur la baie d’Halong. Vous vous dites qu’elle est banale et vous avez raison. Alors, sans tarder, votre œil parcourt déjà les lignes de ce billet.

Mais tout de même ! S’il vous plaît, interrompez un instant votre lecture, juste le temps de la regarder à nouveau, mais autrement :

Deux pianos :

Deux monstres mécaniques tendus à l’extrême, prêts à rugir contre la main qui les fouette mais capables de ronronner sous le frôlement feutrée qui les flatte ; deux titans de métal et de bois aussi finement réglés que deux chronomètres d’observatoire.

Deux puissants taureaux de corrida dans la minute innocente qui précède le combat où l’habileté et la finesse devraient triompher de la force brutale.

Deux amants repus, blottis l’un dans l’autre, dans l’attente des caresses expertes, audacieuses et tendres, qui déchaîneront leurs passions.

Deux pianos, pour faire oublier la superbe triomphante du maître solitaire de la scène ; pour forcer  l’égo dominateur du roi des instruments au partage équitable de son pouvoir et de sa gloire ; pour obliger enfin le despote à écouter, et suivre même parfois, soumis un instant, son semblable, son frère.

En s’accouplant le piano apprend l’humilité qui le grandit encore.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas, vaine serait cette dualité qui ne saurait conduire sur le chemin de la réunion, de la convergence, de l’unité retrouvée.

Deux pianos… Oh oui !  Mais un peu plus.

Cet « un peu plus » est caché loin, dans l’un des pianos d’un fort isolé, rempli de trésors, sous bonne garde des « Cosaques des frontières ».

En voici la clef magique !  

Un clic et…

Clef piano Steinway recadrée