Voluptueuse beauté des corps

« La beauté est un mystère qui danse et chante dans le temps et au-delà du temps. Depuis toujours et à jamais. Elle est incompréhensible. .. Elle est dans l’œil qui regarde, dans l’oreille qui écoute autant que dans l’objet admiré. .. Elle est liée à l’amour. Elle est promesse de bonheur. A la façon de la joie, elle est une nostalgie d’ailleurs. »
Jean d’Ormesson (« Un jour je m’en irai sans avoir tout dit »)

 « Il y a dans la sensualité une sorte d’allégresse cosmique. »
Jean Giono (in « Jean le Bleu »)

 « Qu’est la volupté elle-même, sinon un moment d’attention passionnée au corps ? »
Marguerite Yourcenar

Laura Morera et Eric Underwood dansent un extrait de

« Chroma », ballet de Wayne Mc Gregor

Musique du groupe rock The White Stripes : « The hardest button to button »

Sous la pluie : Aimer… Danser

Quand, paradoxalement, la pluie catalyse la passion des corps, elle confère à la grâce de leurs mouvements la sensualité des modulations d’une harmonie divine.

Le chorégraphe, sculpteur des corps, mais aussi jongleur d’âmes, se pose ainsi en demi-dieu.

HD disponible (Roue dentelée en bas à droite de l’image en mouvement)

Vidéo :  » Passage  »  –  Musique et réalisation de  Fabrizio Ferri

Danseurs : Polina Semionova & Roberto Bolle

Se perdre dans le mouvement

Se perdre dans la précision du mouvement infiniment maitrisé pour transcender sa réalité et pénétrer, explorateur libre de tout préjugé, dans le royaume de son propre imaginaire.

Seuls, me semble-t-il, les arts qui exigent du corps humain cet engagement total de chacun de ses composants les plus infimes dans une impérative et rigoureuse union coordonnée avec tous les autres, peuvent permettre une véritable échappée transcendante, un instant au moins, vers l’incommensurable au-delà de soi-même.

Aucun corps ne saurait franchir aussi loin ses limites sans la puissance magnifiée de la volonté qui l’exhorte, sans l’ordre supérieur de l’esprit qui le conduit.

Mais aucun esprit ne serait en mesure de s’ouvrir grand à cet ailleurs dénué de frontières qu’est l’imaginaire, sans avoir au préalable épuisé les limites du corps qui l’enferme.

La danse comme un des chemins vers la véritable beauté de l’âme : sa liberté ?

La réalité regagne toujours ses droits, et le danseur son théâtre.

 ∫ ∫ ∫

Elle se perd dans le mouvement : Heather Ogden

∫ ∫ ∫

Il se perd dans le mouvement : Guillaume Coté

Pour voir les vidéos en Haute Définition, cliquer, après le démarrage, sur la roue dentelée en bas à droite et sélectionner « 720pHD »

Agathe – second message : encouragements

Quelques semaines plus tard…

Ma chère Agathe,

Je suis heureux d’apprendre que tu as suivi mon conseil et que tu as décidé de te mettre enfin à la danse. C’est formidable!

Tu me dis que depuis tes débuts, il y a maintenant près de deux mois, les courbatures persistent, toujours plus intenses, et que tu ne peux toujours pas toucher tes pieds en te pliant. Mais tes mains dépassent déjà le milieu de la jambe, c’est bien!

L’équilibre sur les pointes te pose encore quelques problèmes, et tes orteils sont très douloureux, cela ne me surprend pas, mais tout va rentrer dans l’ordre sous peu. Tu ne me parles pas de tes progrès à propos du grand écart, j’en déduis que de ce côté là, tout se passe pour le mieux ; je n’en doutais pas.

Continue ma chère amie, continue.

Pour t’encourager je t’envoie une petite vidéo de Svetlana. Tu vas voir comment avec simplement quelques exercices préparatoires faciles une femme peut s’épanouir avec grâce, jusqu’à se démultiplier. Cela devrait stimuler tes efforts. Encore quelques semaines et tu verras, tu seras, toi aussi, démultipliée… en mille morceaux.

Tiens bon mon Agathe! Tiens bon!

Agathe – Premier message : conseil

Ma bien chère Agathe,

Ton dernier message m’est apparu comme un violent appel au secours.

Tu m’y disais qu’un peu de surpoids en ce moment t’empêche, comme tu adorerais le faire, de sauter allègrement de ton lit, le matin. Que ton dos te fait atrocement mal à chacune de tes rotations vers le grille-pain, et que tes jambes, en fin de journée enflent considérablement. Tu ajoutes que lorsque tu fais ta gymnastique, le premier lundi de chaque mois, le soir après le bureau, tu éprouves la plus grande difficulté à toucher tes pieds en te penchant en avant jambes tendues.

J’arrête là le rappel de la longue liste de tes insuffisances physiques, ne souhaitant pas ré-écrire ton courrier. En un mot tu me demandes comment retrouver une bonne forme et une disponibilité harmonieuse de ton corps.

Ma chère Agathe, rien de plus facile : danse!

Je suis persuadé qu’après quelques semaines à pratiquer les exercices que je t’envoie en vidéo jointe, tu deviendras plus agile et plus leste encore que la jeune personne qui va être désormais ton modèle.

Pour te rassurer, je précise qu’ici, elle ne fait que s’échauffer un peu, c’est à dire qu’elle se refuse à tout effort violent ou trop intense. Son nom : Svetlana Zakharova. Peut-être as tu entendu parler d’elle? Elle travaille au Théâtre du Bolchoï (ouvreuse, je crois, ou danseuse, peu importe). Dans les couloirs, pour plaisanter, on l’appelle « la tsarine de la danse ». Tu vois, une jeune femme simple, comme toi – vous avez presque le même âge, mais pas tout à fait la même morphologie, certes.

Je suis sûr que tu vas adorer faire les exercices qu’elle te propose. Tu ressentiras certainement quelques courbatures les premiers jours, ne t’inquiète pas, c’est normal.

Accroche toi, ma chère Agathe, bon courage et à bientôt… peut être!

Mets la même musique, ça t’aidera certainement!

P.S. Garde ton téléphone près de toi, on ne sait jamais, le grand écart… N’oublie pas : Pompiers le 18 et SAMU le 15