Chacun sa voie ! Chacun sa voix ! La convergence des contraires

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Chacun sa voie ! Chacun sa voix !

La convergence des contraires

[…]

Les voix humaines, elles aussi, les plus discordantes et que tout oppose – tessitures, timbres, styles, résonances – réussissent parfois, sans doute du fait de cette humanité qui les façonne, à entrer en confluence à ce…

« Rien n’est beau comme la voix humaine, quand elle est belle. »

Laure Conan (romancière québécoise  1845 – 1924)

Que le chemin paraît long des sommets stratosphériques où perchent les voix des anges jusqu’à la caillasse du chemin qu’arpente le vagabond écorchant sa ballade de sa voix rocailleuse !
Et pourtant ! L’émotion raccourcit si vite les distances ; au point, parfois, de réunir contre toute attente, dans un frisson unique, les contraires que l’on croyait irréductibles.

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Dans ses yeux

Elle avait dans ses yeux d’enfant
Autant d’Avril que de Décembre
Autant de flamme que de cendre
Autant d’hiver que de printemps

Elle avait dans ses yeux changeants
Autant de soleil que de neige
Autant d’Islam que de Norvège
Autant d’Orient que d’Occident
Autant d’Orient que d’Occident

Elle avait dans son rire clair
Autant de joie que de tristesse,
Autant d’espoir que de détresse
Autant d’étoile que d’éclair

Elle avait dans ses yeux vraiment
Autant de chaleur que de glace
Autant de vide que d’espace
Autant d’espace que de temps

[Elle est venue des bords du Doubs
Enflammer mon cœur d’amadou
Elle a changé dans ma maison
Le cours indolent des saisons]

J’ai vécu dans ses yeux d’enfant
Autant de Juin que de Septembre,
Autant de roux que de bleu tendre
Autant d’Automne que d’Été

J’ai vécu dans ses yeux changeants
Un compromis de diable et d’ange
Dans un voluptueux mélange
De mensonge et de vérité
De mensonge et de vérité

Je suis né pour croire aux miracles
Et je cherche ma part de Dieu
De Tabernacle en Tabernacle
Quand parfois le miracle a lieu

J’ai trouvé dans ses yeux d’enfant
Autant d’extase que d’ivresse
Autant d’amour que de tendresse
Autant de joie que de tourment

                                                                   Jean Drejac pour Serge Reggiani

Écusson musical : Bacchianas brasilieras N°5 – Villa-Lobos