La gavotte et le piano : la musique toujours recommencée

En écoutant Rameau, en regardant Rameau.

En regardant Rameau écouter Rameau.

Il y a quelques jours, j’écoutais, avec un plaisir toujours égal, Marcelle Meyer, cette formidable pianiste qui a si bien servi le répertoire français jusqu’à sa mort en 1958. J’avais choisi, comme souvent, de me régaler de son interprétation au piano des suites pour clavecin de Rameau.

– Que les amoureux puristes de la musique baroque me pardonnent, mais le clavecin ne séduit pas assez longtemps ma sensibilité auditive, pour faire de moi un de ses adeptes assidus. Et si la musique de Couperin trouve encore dans le clavecin matière sonore à combler mes oreilles modernes, les sonates de Scarlatti (merci à Vladimir Horowitz), les partitions de Bach (merci à Madame Turek et à Monsieur Gould), et, bien évidemment les compositions pour clavier de Rameau, bénéficient positivement, à mon goût, de l’amplitude, des nuances sonores et des subtilités harmoniques du piano du XXème siècle.

J’écoutais donc Marcelle Meyer, la première pianiste à avoir enregistré l’intégrale des suites de Rameau au piano, en 1947. Et, alors qu’elle attaquait avec la légèreté légendaire de son toucher la « gavotte et ses doubles » de la suite en La mineur, mes yeux se posaient longuement sur ce buste du compositeur réalisé par Caffiéri, quelques années avant la mort du Maestro. Ainsi, Jean-Philippe Rameau me rejoignait-il pour partager cet instant particulier.

Je le regardais écouter sa musique, comme jamais il n’avait pu l’entendre…

Jean-Philippe Rameau par  J-J Caffieri - 1760

Jean-Philippe Rameau par J-J Caffieri – 1760

… Et sans perdre la moindre note, je pensais :

Comme il est attentif ! Les sonorités nouvelles de cet instrument dont il ignore tout ne semblent pas le déranger, bien au contraire. Qui, mieux que lui, pourrait comprendre que les ornements qui caractérisent la musique de son siècle ne retrouvent pas, avec la spécificité de ce nouvel instrument, la même présence et la même prédominance que celles qu’il leur réservait écrivant pour le clavecin ? L’expression générale de son visage détendu laisse plutôt imaginer une sensation de plaisir, de satisfaction même. L’impression de condescendance que pourrait évoquer un regard plongeant – et qui n’est sans doute que le résultat d’une position debout – s’estompe très vite derrière la bienveillance de son discret sourire, sans doute celui du maître, stratégiquement avare de compliments, heureux de constater les progrès de son élève. Il aime ça, le piano baroque, me dis-je.

Mais il me parle, continuais-je d’imaginer : « Si cette querelle devait exister, affirmait-il, ce ne serait pas entre les instrumentistes, mais plutôt entre mélomanes. Les interprètes, eux, sont parfaitement d’accord avec l’idée que « c’est la lettre qui tue et l’esprit qui donne la vie » ». Ne venait-il pas de citer une remarque que faisait au début des années 2000, lors d’un entretien, le célèbre pianiste et pianofortiste autrichien, Paul Badura-Skoda, à propos de la vieille querelle qui oppose toujours les amateurs de musique ancienne en quête de sonorités authentiques et les modernistes qui préfèrent retrouver dans ces mêmes musiques les timbres qui leur sont familiers depuis l’enfance ?

Le dernier accord de la gavotte plaqué sous les doigts de Marcelle Meyer résonnait encore et Rameau profita du souffle de la page tournée pour s’envoler vers les lumières de son siècle. Il avait fait de moi son complice d’un instant, un bonheur. Alors, pour prolonger ce plaisir, je décidai de ré-écouter la gavotte, interprétée cette fois-ci par un jeune pianiste contemporain, Alexandre Tharaud, le seul, pourrait-on dire, qui, depuis les enregistrements de Marcelle Meyer, a osé, quelque soixante années plus tard, se risquer à une interprétation des œuvres pour clavecin du compositeur. Une brillante réussite, lumineuse, dans la ligne directe de sa prestigieuse aînée, et de nature – les publications récentes en attestent – à encourager l’engagement de ses confrères dans cette même voie.

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Cette belle après-midi baroque aurait pu s’arrêter là, mais la curiosité, le pressentiment peut-être d’un trésor caché, m’incitèrent à prendre en main le seul instrument dont je puisse me prétendre virtuose, la souris de mon ordinateur. Après ce voyage dans l’imaginaire, une navigation aventureuse sur la toile avec pour cap deux mots clés, « Rameau » et « Piano ». Une analyse musicologique par-ci, un commentaire éclairé par-là, puis la découverte inattendue, offerte comme une heureuse, très heureuse, conclusion à ce qui devait, par ce fait même, devenir ce billet : La gavotte et ses six doubles de la suite en La mineur interprétée par une jeune pianiste inconnue de moi, Natacha Kudritskaya. Installée à son piano dans la chambrette de la Mimi de Puccini, sous les toits de Paris, la jeune musicienne est filmée en noir et blanc avec une sensibilité et une économie d’effets qui magnifient le plaisir du spectateur, faisant presque de lui un voyeur-auditeur indiscret.

A partir d’une technique sans faille, Natacha fait danser son piano au rythme de son cœur et du nôtre, assurément ; son plaisir de jouer est évident. Si son jeu possède la transparence de la glace, il se défend bien d’en avoir la froideur. L’ornementation demeure retenue, pudique, sans perdre en inventivité, la pédale se refuse à tout excès, et la mesure contrôlée des agréments, loin de desservir la spontanéité de la danse, lui confère une noblesse altière. On pourrait presque déceler dans la sensibilité de cette interprétation une trace « romantique », – favorisée par le choix d’un piano à la sonorité plus intime, moins brillante en tout cas que les généreux Steinway de concert – qui pourrait heurter le puriste de musique baroque certes, mais qui confère à cette partition un regain de modernité qui m’émeut particulièrement. Un enchantement !

Quelle plus belle illustration de cette vérité énoncée par le compositeur contemporain Mauricio Kagel et rapportée par Alexandre Tharaud, lui-même :

« Pour que la musique vive et survive, il faut sans cesse la réinventer. »

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« Les Baricades Mistérieuses »

Comme il est curieux de constater combien une petite pièce pour clavecin composée en 1717, qui ne produit, dans son interprétation la plus longue, pas plus de 3 à 4 minutes de musique au maximum, a pu susciter à la fois tant d’intérêt, tant de fascination et provoquer tant de plaisir. Et depuis 300 ans.

Son titre, puisqu’il était de coutume d’en donner à chaque pièce en ce temps là, est à lui seul une énigme… que les siècles écoulés n’ont d’ailleurs pas vraiment aidé à résoudre, et dont le charme se renouvelle à chaque essai d’explication.

« Les baricades mistérieuses » de François Couperin.

Déjà, je vous entends, vous en fredonnez l’air. Aucun doute, c’est bien cela ! Écoutez la belle version clavecin qu’en donne Bruno Procopio : le tempo choisi et la sonorité acide de l’instrument restituent fort subtilement la fluidité grave et infinie de ce rondeau, et flattent la noblesse de sa délicate expression.

Combien d’artistes ont été inspirés par cette brève et fascinante pièce pour clavecin : des poètes comme Maurice Blanchard, Olivier Larronde ou encore Philippe Jaccottet qui la mentionne par deux fois (« La semaison » 1978 et « Ce peu de bruits » 2008), pour n’évoquer que les francophones ; des romanciers comme Paul Auster (« The music of chance » 1991 –« Moon palace » 1989 – Smoke, scénario du film en 1995), Edmond Jaloux en 1922, le romancier suédois Bengt Söderbergh en 1983 ; des cinéastes comme Sofia Coppola qui fait jouer cette musique par un claveciniste au milieu d’une réception dans son film « Marie Antoinette », ou encore Terrence Malick, en 2011 qui l’utilise pour illustrer des séquences de « The tree of life » ; et enfin, car il faut bien arrêter cette litanie qui ne demande qu’à se prolonger, des peintres comme Magritte ou plus proche de nous, l’artiste suisse Dominique Appia avec quatre tableaux sur ce thème entre 1968 et 1975, et le méditerranéen Vincent Bioulès.

Pour la petite histoire, Marcel Proust, qui, comme chacun sait, était un mélomane accompli et passionné, donnait un dîner suivi d’un concert, le 1er juillet 1907. Il n’aurait laissé le soin à personne d’établir le programme musical de la soirée et se chargea donc lui-même de l’établir minutieusement. Après avoir constaté avec satisfaction qu’il avait bien prévu des œuvres de Fauré, Chopin, Beethoven, Liszt, Schumann et Chabrier, – sérieuse affiche, pour le moins – le grand écrivain trouva opportun d’y ajouter « Les barricades mystérieuses » de François Couperin . (Anecdote rapportée par Jean-Yves Tadié dans sa biographie de Marcel Proust)

Quant aux musiciens, on n’aura aucun mal à les imaginer nombreux, du jazz au rock en passant par la composition contemporaine et les câbles des synthétiseurs, à s’être plongés dans cette troublante pièce. En 1982, Luca Francesconi compose ses « Barricades mystérieuses » pour flûte et orchestre, et en 1994, Thomas Adès écrit un arrangement pour quintette à vent et cordes du célèbre rondeau de François Couperin.

Oui, François Couperin, qu’il ne faudrait pas confondre avec son oncle distingué Louis Couperin, compositeur lui aussi pour l’orgue et le clavecin, mais de la première moitié du XVIIème, et qui aura dû attendre le milieu du XXème et la découverte tardive de certains de ses manuscrits pour obtenir la place de choix qu’il occupe aujourd’hui au panthéon français des maîtres de l’orgue.

François Couperin (1668-1733) - Artiste anonyme - Collection Château Versailles (Crédit Wikipédia)

François Couperin (1668-1733) – Artiste anonyme – Collection Château Versailles (image  Wikipédia)

François Couperin, « Le Grand », comme il a été justement surnommé, membre le plus éminent de la dynastie de musiciens à laquelle il appartient. Ce musicien d’exception en l’honneur duquel Maurice Ravel compose, quelques siècles plus tard, le fameux « Tombeau de Couperin ». Organiste titulaire à 17 ans, en 1685, de l’église Saint Gervais à Paris, tribune prestigieuse s’il en fut, et, quelques années plus tard, organiste, pour le quartier de janvier (le premier trimestre dirait-on de nos jours), à la Chapelle Royale de Louis XIV, après avoir obtenu un privilège pour ses Pièces d’orgue consistantes en deux messes, sur recommandation de Delalande lui-même, qui n’était rien moins, outre l’illustre inspirateur des œuvres chorales de Bach et de Haendel, que le premier organisateur de l’Administration musicale du roi soleil. 

Mais que sont donc ces « Barricades mystérieuses » au milieu de ce trésor baroque des œuvres majeures du Maître, telles que les Leçons des ténèbres, Psaumes, Motets et autres Messes pour orgue ou les quatre livres de Pièces pour clavecin ?

C’est un simple rondeau en Si bémol majeur qui prend place dans le 6ème ordre du Second Livre de Clavecin. – Ordre étant entendu au sens de suite de pièces musicales de même tonalité. Il est écrit en style brisé (ou style luthé), c’est à dire selon une technique propre à la musique française qui consiste à arpéger les accords de manière que soient évitées les attaques directes sur la corde, permettant ainsi de produire depuis le clavier cette fluidité de son que fait entendre le luth, par exemple.

Scott Tenant en offre une bien séduisante démonstration du fond des basses de sa guitare :

 

Au clavier, toute la pièce se joue sur la partie gauche, dans les graves, la main gauche produisant un mouvement indéfiniment répété des basses qui soutiennent la mélodie, un ostinato obsédant créant un effet circulaire hypnotique. Mais on ne saurait pour autant en déduire que la main droite est en charge de la mélodie, comme souvent, car cette mélodie est en réalité confiée aux deux mains entre lesquelles elle se partage en permanence, créant un trompe-l’œil sonore ou une sorte d’effet auditif kaléidoscopique.

C’est sans doute ce qui a fait dire à Thomas Adès que « Les Barricades mystérieuses » constituent la plus formidable leçon de composition qu’un musicien puisse recevoir, tant elles montrent comment faire naître la mélodie de l’harmonie et l’harmonie de la mélodie.

Mais que sont vraiment ces « barricades » ? Et en quoi sont-elles donc si « mystérieuses » ?

Rien, semble-t-il, à l’époque de Couperin déjà, ne permet de trouver une explication précise à ce titre énigmatique, et chaque essai paraît être plutôt une spéculation qu’une réelle définition. Certains ont voulu y voir les entraves à la communication entre les êtres, ou les cloisons qui séparent présent et avenir, vie et mort, mais ces hypothèses semblent conjectures au regard des biographes du compositeur.

D’aucuns ont imaginé poétiquement que ces barricades n’étaient autres que les cils des belles dames qui parpelégeaient en manière de séduction maintenant ainsi le doute de leurs prétendants quant à la grivoiserie de leurs regards ; d’autres, plus coquins, ont cru qu’il pouvait s’agir des sous-vêtements de ces belles… D’autres encore ont interprété le titre comme figurant les masques des bals costumés, et certains, enfin, qui se sont consacrés à l’étude détaillée de la partition, ont considéré que les syncopes constamment répétées figuraient des barres de mesure, des barricades masquées dans l’écriture musicale.

Mais, au fond, comprendre est-il si important quand il s’agit de plaisir ? La musique, quand on l’aime, se suffit à elle-même. Laissons-la donc pénétrer nos cœurs, nos esprits devraient ne s’en porter que mieux.

Les notes de la fin pour le piano de György Cziffra, plus familier, il est vrai, des œuvres de grande virtuosité, mais qui resplendit ici d’équilibre dans ce balancement circulaire infini et hypnotique si caractéristique de ces « Barricades mystérieuses ».

Peut-être nous enseignent-elles l’art subtil d’aimer les prisons secrètes de nos âmes ?

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Ce billet a été inspiré par :

L’article très documenté de Simon J. Evnine, professeur de Philosophie à l’Université de Miami

La très intéressante émission de Pierre Charvet (France Musique – 13/10/2013)

Le vieux fantôme et les fées du château

Plus personne, et depuis fort longtemps, ne vient visiter le vieux château oublié, île promontoire perdue au milieu des marées de fougères sauvages qui houlent les hautes terres. Abandonné à ses vieux souvenirs, il occupe son éternité, indolent moribond, à offrir à la caresse apaisante du soleil perpétuellement automnal de la lande, les cicatrices profondes de sa pierre, médailles commémoratives de sa bravoure passée.

Dans ses longs corridors qu’imprègne encore l’odeur d’herbes séchées de la tourbe qui se consumait alors dans les larges cheminées des salons, le vieux fantôme de Jonathan-Edgar Lewillin Brandon s’ennuie. Il s’ennuie depuis longtemps… Depuis que personne ne tremble plus, la nuit, au martèlement sourd et régulier du bois de sa jambe gauche sur les vieilles lattes des parquets.

Bataille navale XVIII

Bataille de Trafalgar par Auguste Mayer – 1836

Il faut dire qu’il en a fait frémir de peur des visiteurs du château, ô combien, et de tout grade et de tout poil, le fantôme du vieux  « Brave Jed peg leg  »  (Courageux Jed jambe de bois). C’est ainsi que l’avaient surnommé entre eux, en hommage à la vaillance de leur Commodore, les dévoués équipages qui se battaient sur sa caravelle en octobre 1805, à Trafalgar, sous le haut commandement du Vice-Amiral Nelson.

Clavecin

Le seul loisir que l’on connut jadis au renfermé Jonathan-Edgar était son clavecin. Il le transportait partout avec lui, même, et surtout, dans les étroites cabines des bâtiments qui lui servaient de résidence une bonne partie de l’année. Et chaque soir, les hommes épuisés par leur rude journée de navigation ou de combat, affalés dans chaque recoin du pont, percevaient dans le calme enfin revenu les échos des pincements stridents des cordes qui montaient des cabines. Scène surréaliste. Bach ! Jean-Sébastien Bach, dont ils ignoraient tout, et de son nom et de son existence, et à fortiori de sa musique, venait apaiser leurs oreilles agressées par les canonnades du jour.

Bach-Clavier-bien-tempere-Ms-Londres-Prelude-en-ut-maJonathan-Edgar avait depuis l’enfance trouvé refuge à son introversion naturelle dans l’irrépressible passion qu’il vouait aux préludes et fugues du « Clavier bien tempéré ». Sa mère, très tôt, lui en avait donné le goût et lui avait appris à les jouer avec grâce, nonobstant le manque évident de virtuosité de ses doigts un peu trop courts. Jamais jusqu’à cette nuit de Noël 1811, où son propre sabre d’abordage,  brandi à deux mains par son épouse prise de démence, le frappa sept fois à mort dans son propre lit, ici même, dans la chambre bleue de ce château, Jonathan-Edgar ne cessa d’interpréter les deux cahiers du Cantor qu’il admirait tant.

Mais les fantômes ne jouent pas de clavecin, et quand ils n’effraient plus personne, ils s’ennuient.

Un soir, il y a quelques années, le château connut une semaine d’exceptionnelle et extrême animation. Un metteur en scène en vogue dans le monde londonien des faiseurs d’évènements décida de réaliser un spectacle son et lumière autour du vieux fort, utilisant les plus modernes technologies du son et de l’image. La semaine de préparatifs fut si animée et si étrange, et la réalisation si extraordinaire de réalisme grâce aux artifices prodigieux des moyens utilisés que Jed, fasciné, en oublia de profiter de l’occasion pour remplir sa mission de fantôme. Il y trouva toutefois matière à convertir en bonheur nouveau son triste quotidien.

Quelques temps après le succès de l’évènement dont toute la presse se fit l’écho, Jed décide de prendre contact avec sa hiérarchie nébuleuse. Il souhaite en obtenir aide et appui pour mettre au point le formidable projet que lui a inspiré le spectacle récent. Le fantôme, d’un coup, est passé maître en l’art du marketing. Il prétend qu’il faut créer un évènement permanent, moderne, unique et exceptionnel pour que reviennent les visiteurs au château abandonné ; qu’il faut employer les techniques d’aujourd’hui pour relancer la curiosité du public que n’aiguisent plus vraiment les hululements nocturnes des vieux ectoplasmes dépassés ; qu’il faut, puisqu’il a compétence en la matière, s’adosser, dans le cas qui le préoccupe, au pouvoir magique de la musique de Bach pour exhorter et séduire le visiteur.

L’audace de son projet convainc. Les instances supérieures, conscientes de la nécessité de s’adapter au siècle nouveau, acceptent de mettre à sa disposition les moyens vidéos les plus récents nécessaires à la réussite de son idée révolutionnaire. Quelques mois se passent pendant lesquels, imperceptiblement, le château se transforme.

Un jour, un curieux, égaré dans la lande,  franchit la porte du château, pénètre jusqu’au premier salon seulement meublé d’un immense piano à queue. A peine a-t-il passé la porte qu’une voix douce de femme donne quelques explications sur le prélude et la fugue de Bach qu’elle va interpréter, puis, telle une fée dans sa robe d’apparat elle s’assoit et joue.

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Et ainsi dans chaque salon, une vidéo hyperréaliste se déclenche à chaque passage pour le plaisir du visiteur et l’enchantement éternel du vieux Jed.

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Et, quand la témérité du visiteur le conduit jusqu’aux sombres profondeurs voûtées du château, l’émerveillement continue. Le fantôme claudiquant s’efface devant la fée des caves, « very british accent  » ,  jean , baskets… et doigts de circonstance.

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Le visiteur égaré a raconté…

Il a dit que les fées s’appelaient Angela Hewitt et Joanna MacGregor…

Il paraît que la commune s’apprête à refaire la route qui mène au vieux castel « hanté »… par la musique.