Méditations

Cheng - Méditations mort

Quand se tait soudain le chant du loriot
L’espace est empli de choses qui meurent
Tombant en cascade un long filet d’eau
Ouvre les rochers de la profondeur
Le vallon s’écoute et entend l’écho
D’ immémoriaux battements de cœur

Ne laisse en ce lieu, passant
Ni les trésors de ton corps
Ni les dons de ton esprit
Mais quelques traces de tes pas

Afin qu’un jour le grand vent
A ton rythme s’initie
A ton silence, à ton cri,
Et fixe enfin ton chemin

François Cheng

François Cheng – Calligraphe, écrivain, poète… et académicien.

 

« Quand reviennent les âmes errantes » (François Cheng)

Quand reviennent - ChengAu cœur de la Chine du IIIe  siècle avant JC, que l’empereur Zheng veut réunifier d’une main de fer, trois êtres se rencontrent en amour et en amitié.  La belle Chun-niang,  Gao Jian-li, artiste, joueur de zhou (instrument voisin de la cithare) et le guerrier Jing Ko, ancien mercenaire promu chevalier.

Avec ce talent qui lui est propre et son immense sensibilité, François Cheng nous raconte leur histoire, vraie, à la manière de la tragédie antique. Trois voix et un chœur ; trois destins aux prises avec les douloureuses perturbations d’une époque de violence.

Sans que jamais la jalousie ne contamine leurs coeurs , les deux hommes, le Yin et le Yang, s’éprennent de la tendre Chun-niang, incarnation de l’élan vital. Noblesse et pureté des sentiments. Mais leur bonheur sera de courte durée, ils périront tous deux dans d’atroces souffrances, échouant, chacun à son tour, dans leur combat pour éliminer le puissant empereur Zheng.

Les nuits de pleine lune, Chun-niang, fidèle à ses deux amis, retrouve leurs âmes pour de longs dialogues. « Chaque voix résonne, de toute son éternité en écho aux deux autres. Voix de l’amitié, voix de l’amour, mamelles équilibrantes, nourrissantes, transformantes d’une unique passion. »

Au dernier chapitre, « Chant des âmes retrouvées », les passions humaines accomplies, le dramaturge s’efface, le poète reparaît :

« Toute vie est à refaire

« A refaire et à réinventer

« Ecoutez, un rossignol chante ! 

« C’est le signal de la nuit mystique où la terre se  donne au ciel »