Amour, danse et beauté… Et commutativement !

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Amour, danse et beauté… Et commutativement !

Il faut apprendre à être touché par la beauté, par un geste, un souffle, pas seulement par ce qui est dit et dans quelle langue, percevoir indépendamment de ce que l’on « sait. »

Pina Bausch

SpartacusAdagio (Anna Nikulina & Mikhaïl Lobukhin) – Bolchoï

— Transcendance de l’amour quand l’élégance de la musique fusionne dans l’harmonie d’un même élan la passion des corps et la profondeur des sentiments.

— Transcendance de la beauté quand l’amour se pare de l’éclat conjugué de deux étoiles : attraction gravitationnelle réciproque de la grâce pure et de la force maîtrisée.

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2015 : des vœux en forme… de perles

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Je souhaite que ces deux premières perles de 2015 servent de modèles à toutes les heures de votre nouvelle année :

Que la première leur inspire, pour rendre plus éclatant chacun de vos instants, la légèreté et la grâce de la souriante Aspicia, « la fille du Pharaon », que Taor, voyageur anglais, assoupi un instant dans la pyramide qui depuis des millénaires abrite la princesse, fait danser au milieu de son rêve extatique.

Et pour que le modèle que chaque heure aura à imiter se tienne au plus près de la perfection, la perle se fait étoile, la reine elle-même prête sa beauté et son talent à la jeune princesse : la Reine du Bolchoï, déesse de la danse, Svetlana Zakharova.

La deuxième perle  – en vérité, la deuxième fée – conférera à vos jours, je le souhaite, le souffle tonique d’un morceau de jazz, la joie enfantine et ludique, mais savante, des doigts qui l ‘interprètent, le plaisir des rencontres heureuses que celui-ci propose autour d’une tasse de thé…

… Et le bonheur simple, tel qu’il se cache derrière les bonnes surprises, comme celle, par exemple, jouissive, de l’alliance inattendue d’une virtuose du piano classique avec la comédie musicale de Broadway :

Excellente Année 2015 !

Un couple. Beau!

Natalia Osipova

Natalia Osipova

Elle : Danseuse étoile au Bolchoï et au Théâtre Mikhailovsky. Elle devrait faire les beaux jours du Royal Ballet de Londres dans les prochaines semaines. Natalia ne compte plus ses récompenses, largement méritées. Elle a quitté très jeune la gymnastique pour la danse. Quelle bonne idée! Les maîtres de ballet n’ont pas tardé à la rechercher pour lui confier les rôles principaux des grandes chorégraphies sur les scènes de référence. C’est aujourd’hui une étoile mondiale de la danse que les plus éminentes personnalités de cet univers n’hésitent pas à comparer à Maïa Plissetskaïa… Tout simplement!

Chez elle, le talent et l’énergie sont habillés de grâce, de légèreté, et de délicatesse féminine. La regarder évoluer fait tant de bien que les billets pour ses spectacles devraient être pris en charge par la Sécurité Sociale.

Ivan Vasiliev

Ivan Vasiliev

Lui : Danseur étoile au Bolchoï et au Théâtre Mikhaïlovsky. Il a rejoint, à l’âge de 17 ans, les rangs du temple moscovite de la danse, après avoir été repéré par l’American Ballet Theatre. Doté d’une technique exceptionnelle, il est considéré comme le nouveau Mikhaïl Barychnikov, pas moins. Quand on l’admire dans ses formidables sauts, aucune autre référence ne vient à l’esprit que celle de son illustre prédécesseur.

Chez lui tout est puissance contrôlée et charme viril.

Ivan-Vasiliev &  Natalia-Osipova

Ivan-Vasiliev & Natalia-Osipova

Ensemble : C’est d’abord un couple, tout bonnement, et qui prend ostensiblement un réel plaisir à prolonger sur scène l’entente conjugale. Et de quelle manière! Pour notre bonheur de spectateur, Natalia et Ivan incarnent les amoureux des plus célèbres ballets, « Roméo et Juliette », « Don Quichotte », « Giselle », « Flammes de Paris » et tant d’autres.

Incontestablement ce couple fait partie de ce que la danse a de meilleur.

En voici quelques exemples :

Couple moderne : scène de ménage, scène d’amour, acte d’amour, séparation, retrouvailles, transes. Une danse fusionnelle (extraite du ballet « Cantata » du chorégraphe italien Mauro Bigonzetti), qui transforme les péripéties de ce couple en une forme de magie hypnotique, exacerbant le voyeurisme du spectateur ensorcelé par la mélodie lancinante d’un trio « de rue », voix, saxophone, accordéon.

Couple révolutionnaire : dansant joyeusement au pied de la Bastille, sous le drapeau tricolore qui porte les stigmates des violences qui lui ont donné naissance. C’est un extrait du ballet composé en 1932 par Boris Assafiev, « Flammes de Paris » ; celles de 1789.

Osipova & Vasiliev -

Natalia et Ivan

Les délices de la Fée Dragée

A qui cette musique serait-elle inconnue? Mille fois jouée, mille fois reprise par la publicité, nouveau vecteur de diffusion de la musique « classique ».

A partir d’un conte d’Hoffmann (« Casse noisette et le Roi des souris ») repris par Alexandre Dumas, Ivan Vsevolojski et Marius Petipa écrivent le livret du ballet « Casse noisette » que met en musique Piotr Tchaïkovski à la fin du XIXème siècle.

Comme dans le célébrissime « Lac des Cygnes », l’amour est aux prises avec les forces du mal. Après quelques danses féériques de ses parents déguisés, autour de l’arbre de Noël, la petite Clara reçoit de son mystérieux oncle, un casse-noisette, en guise de cadeau. Jaloux, son frère brise l’objet aussitôt réparé par l’oncle. Clara, le met alors à l’abri, en convalescence pour la nuit, dans sa maison de poupée.

A minuit, Clara va prendre des nouvelles de son petit casse-noisette, mais les souris grattent et l’encerclent. Miraculeusement réduite à la taille de ses assaillants, Clara voit venir à son secours le Prince casse-noisette et ses troupes. Le Prince et Clara s’envolent alors au son d’une valse chantée par un chœur d’enfants pour un voyage à travers flocons et sapins. Fin de l’Acte I.

Au second acte, ce rêve féérique les conduit au cœur du Royaume des Délices. Là, la Fée Dragée leur offre un festin de danses à la gloire du café, du chocolat et autres délices. Elle exécute à leur intention un merveilleux pas de deux avec le Prince Orgeat, et termine cette offrande « chorégraphico-magique » par la célèbre « Danse de la Fée Dragée », délice suprême dont nous ne manquerons pas la dégustation de la moindre pirouette.

Régalons-nous avec Nina Kaptsova, première danseuse au Bolchoï… C’est bien le moins que nous méritons! N’est-ce pas?

Attention! La gourmandise guette!