Corde sensible

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Corde sensible

NobukataFemme avec lyre (détail) – XVIIe

« Le trémolo, c’est-à-dire la création d’une ligne mélodique par la répétition rapide d’une même note aiguë accompagnée par les notes graves de l’harmonie, est l’un des effets les plus charmeurs que la guitare puisse produire. »

Charles Duncan
Pédagogue américain de la guitare, auteur de « The Art of Classical Guitar Playing »

* * *

Deux magnifiques pièces emblématiques du répertoire pour guitare dans lesquelles l’usage du tremolo est porté au paroxysme de l’enchantement :

« Recuerdos de la Alhambra » (Souvenirs de l’Alhambra de Grenade) composé en 1896 par Francisco Tarrega comme un écho aux sonorités d’une des fontaines du palais.

« Una limosna por el amor de Dios » (Une aumône pour l’amour de Dieu), écrite par Agustin Barrios peu de temps avant sa disparition en août 1944.

A la courte liste des guitaristes qui ont frisé la perfection dans l’exécution du trémolo, il faut désormais ajouter, incontestablement, une jeune virtuose sud-coréenne déjà au sommet de son art :

Kyuhee Park

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Lumière blessée /3 – Les mots éclairent

« Son regard ne voit pas l’aumône qu’il implore. »

L’aveugle

Sa jeunesse jadis a vu naître l’aurore
Dans le ciel matinal et sur les calmes eaux,
Et le soleil, de ses rayons horizontaux,
Teindre de mille feux les ondes du Bosphore

Maintenant, devant lui, la foule au pas sonore
Passe invisiblement sans hâte ni repos,
Et ses yeux, sur le monde, à jamais se sont clos.
Son regard ne voit pas l’aumône qu’il implore.

Sur le grand pont qui joint Stamboul à Galata,
Pareil au Souvenir, chaque jour, il est là.
Si la ville, là-bas, est d’or ou d’hyacinthe,

Qu’importe ! Un rêve ardent remplit sa cécité
Car il conserve encor, vivante en sa beauté,
Constantinople au fond de sa prunelle éteinte !

(1908)

Henri de Régnier (1864-1936)

Henri de Régnier (1864-1936)

L’oreille du silence ?

« Le cœur n’a pas de rides, il n’a que des cicatrices » disait Colette.

Mais chacun sait que les cicatrices ne font mal que tant qu’elles se préparent à le devenir, surtout quand le pourquoi de la blessure ne répond pas et que se tait l’improbable raison qui arme l’ami du trait du silence.

Comme tu verserais un baume sur tes plaies, emplis, pour l’apaiser, ce vide douloureux d’un chant d’amour et de beauté!

« Si tu chantes la beauté, même dans la solitude du désert, tu trouveras une oreille attentive. »  Khalil Gibran

« Una limosna por el amor de Dios »  –  Agustin Barrios Mangoré

(Une aumône pour l’amour de Dieu)

Guitare : Fausta lo Giudice