Deux : Comme « pas de deux »

John Searles - Pas de deux - Boca-Raton

John Searles – Pas de deux – Boca-Raton

Pas de deux, pas d’amour !

  • Parfois frivole désinvolture d’un jeune couple d’amoureux qui minaude avec charme et grâce à l’occasion d’un bal masqué, comme deux chats espiègles et joueurs : Chat botté et chatte blanche badinant sur la musique de Tchaïkovski, au milieu de la salle de bal du palais, à l’Acte III de « La Belle au Bois Dormant ».

  • Ou, souvent, manifestation délicate de la fragile intimité d’un couple d’amants tragiques déchirés entre la force irrépressible de l’amour qui les rapproche et l’adversité des situations qui s’acharnent à les séparer, ne leur offrant généralement que la mort pour autel de leur union.

A l’instar de cette sculpture moderne qui résume le couple de danseurs à la gracieuse fluidité de leurs deux corps fusionnés en une spirale aérienne qui, au rythme d’une musique que l’on croirait entendre, les emporte vers leur destin, légers comme en un vol ; conclusion annoncée du subtil dépit amoureux, silencieux dialogue, que leurs pas imbriqués ont offert à nos yeux ébahis.

Roméo n’a pas retiré l’échelle du balcon de la chambre de Juliette. Venez ! Grimpons discrètement :

Après s’être assoupis un instant, les deux amants se réveillent. Le soleil est déjà haut, il faut qu’ils se séparent avant d’être surpris. La musique de Prokofiev guide les pas du couple Diana Vishneva et Vladimir Shklyarov sur la scène du Théâtre du Mariinsky  (mars 2013) :

Un enchantement partagé entre beauté et émotion !

∞ ∞ ∞

Avec ces deux splendides pas de deux se termine la semaine anniversaire que j’ai souhaité consacrer à illustrer le « 2 », pour clôturer définitivement l’An II des « Perles d’Orphée ». Manière d’exprimer ma chaleureuse gratitude à tous ceux qui viennent ici partager ces merveilles qui m’aident à me tenir éloigné de la vulgarité du monde.

Deux années de « Perles » !!!

« Il n’y a de long ouvrage que celui qu’on n’ose pas commencer. Il devient cauchemar. »                                                                                                                                       Charles Baudelaire

« Perles d’Orphée »  a 2 ans !

Voilà deux ans aujourd’hui j’ouvrais ce blog « Perles d’Orphée » comme on commence un journal intime. Rien alors ne le promettait à s’inscrire dans la durée.

Ni créateur, ni interprète, je trouvais ainsi, par le collage, le montage et l’exposition des « perles » des autres, une manière d’exprimer à travers leurs œuvres mes émois esthétiques. Juste pour le plaisir du partage, comme un écho à ma profonde conviction qu’une émotion ne trouve vraiment sa quintessence qu’à l’instant de son passage vers l’autre, dans la reconstitution partagée de sa naissance.

Ce long ouvrage, cauchemar tant qu’aura duré ma procrastination, me semble, aujourd’hui, deux ans après la publication du premier billet, n’avoir commencé son existence qu’il y a quelques semaines seulement. – Une fois encore je trouve chez Baudelaire – comme aussi chez Cioran d’ailleurs, souvent – les mots qui me disent.

Deux années, donc, durant lesquelles vous êtes venus toujours plus nombreux, et de partout, avec une fidélité sans faille, visiter mes « Perles d’Orphée », partager mes choix, et me prodiguer souvent de généreux encouragements.

MERCI A TOUS !

Rodin - Cathedrale

Rodin – Cathédrale

« 2 »

Signe de la plus radicale des divisions, de la bipolarité universelle, symbole de séparation, d’opposition, de conflit, ce chiffre « 2 » porte en lui, également, les valeurs de l’équilibre, de la réunion, de la synthèse, et l’on ne saurait oublier qu’il est le premier vecteur de la multiplication. Orphée, veuf inconsolé, le sait bien qui rassemble, autour du couple qu’il forme désormais avec sa musique, tout ce qui vit, devant les portes de l’éternité.

J’ai souhaité que le mouvement enroulé de ces deux mains, sculptées par Rodin, prêtes à se réunir et qui s’étreindront sûrement au point culminant de leur élévation, serve de stèle à cette deuxième année qui aujourd’hui s’achève. En souvenir des heureux moments d’échange et de rapprochement qu’elle aura suscités.

Et puisque cet An II meurt un lundi, pourquoi ne pas consacrer cette semaine à joyeusement l’ensevelir sous un tas « 2 »… perles, en forme « 2 » paire, « 2 » dialogue, « 2 » duo ou autre pas de deux  ?

A commencer par celle-ci : un jovial DUO chantant le bonheur. Et quel duo ! : Kate Royal et  Ian Bostridge.

De circonstance, n’est-ce pas ?… Et pour un lundi… et pour un anniversaire ! 

« Happy we ! »  (duo final de l’Acte I – Acis et Galatée de Haendel)

Happy we!
What joys I feel!
What charms I see
Of all youths/nymphs thou dearest boy/brightest fair!
Thou all my bliss, thou all my joy!

 A suivre…

Un an déjà!

« Il y a toujours quelque chose en nous que l’âge ne mûrit pas »    –  Bossuet

« Perles d’Orphée » a 1 an!

Pour fêter le premier anniversaire des « Perles », j’avais prévu d’inviter un kyrielle d’amis comme Mozart, Virgile, Élisabeth Vigée-Lebrun, Satchmo, Camille Claudel, la Tebaldi ou l’Orchestre Philharmonique de Berlin… Et tant d’autres. Mais très vite, j’ai dû me rendre à la raison, ma page ne pourrait pas tous les accueillir. Choisir dans la liste m’était impensable ; mieux valait oublier l’idée.

Pelemele

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Je décidai alors d’organiser une petite fête intime en invitant seulement un couple d’amis très proches avec qui nous aurions évoqué tous les absents – avec les mots de la dithyrambe, uniquement. Mais encore une fois il me fallut accepter l’évidence : Eurydice n’obtiendrait pas une seconde autorisation de sortie des Enfers, et Orphée ne viendrait pas sans avoir au préalable retrouvé la totalité de ses membres éparpillés par les cruelles Bacchantes. Et même si un seul… L’un sans l’autre…

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Qui donc alors allait venir sur cette page, avec une de ses perles, pour m’aider à remercier tous ceux qui, en un an, fidèlement ou occasionnellement, auront cliqué 46 000 fois sur les pages de ce blog pour partager près de 250 billets  inspirés par ma seule émotion? Tous ces visiteurs – vous tous – qui, par chacune de leurs visites, auront contribué à créer un incroyable flux relationnel de 800 commentaires publics – pour n’évoquer que ceux-là.

Mais Hiromi, bien sûr! Ma délicieuse petite « souris », grignoteuse d’ivoire, que vous connaissez déjà.

Pourquoi ne pas fêter l’évènement dans son

« Vieux château, près d’une rivière, au milieu de la forêt ».

Château2

Venez! Allons-y tous! Elle sera notre fée, notre guide à travers les passages secrets et les portes qui grincent ; elle nous fera approcher le gros chat qui gronde et entrer dans le mystère des rythmes infernaux ; elle nous précipitera, pour de folles cavalcades enfantines, dans des escaliers vertigineux et nous perdra dans des dédales de couloirs inquiétants.

Venez! Venez tous! Glissons-nous dans la grosse boîte noire tant que son couvercle est levé! Comme Alice derrière son lapin, suivons notre « Jerry » dans la magie sonore de ce joyeux et virtuose voyage anniversaire!

Et si  les enfants que, par chance, nous sommes restés, se sentent parfois effrayés, la lumière de son sourire effacera leurs craintes.

Bon anniversaire « Perles » !

誕生日おめでとうございます « Perles » !