Les eaux de mon été -4/ La Seine a rencontré Paris

Vient de paraître sur « De braises et d’ombre » :

Les eaux de mon été -4/ La Seine a rencontré Paris

Je ne sais, ne sais, ne sais pas pourquoi
On s’aime comme ça, la Seine et moi…

Mathieu Chedid & Vanessa Paradis (« La Seine » 2011)

Crépuscule sur Notre-Dame de Paris – Photo : serialpictures.fr

Après avoir donné, pour parler de ce fleuve qu’il aimait tant, la parole à ces parisiens qui quotidiennement le côtoient, un enfant, « devineur de devinettes », une amoureuse, un pilote de remorqueur, à un passant guindé, « désabusé », qui ose traiter la Seine — crime de lèse-majesté — de « fleuve comme un autre », Jacques Prévert s’octroie la conclusion sur « sa petite rivière à [lui] » en une tendre tirade sur le ton gouailleur, entre deux gorgeons, d’un « seigneur des berges ».

Une bien sincère déclaration d’amour qui se prolonge à plaisir dans un court-métrage réalisé sur la Seine par Joris Ivens en 1957.

Le poème de Prévert est sublimé par la qualité des images en noir et blanc, par la complète adéquation de la musique avec l’époque et la diversité des situations offertes au regard. Et Serge Reggiani, au rythme assuré du remorqueur qui progresse sur le reflet des eaux, dit le poème…

La réussite est totale et l’émotion réelle, intacte malgré les rides, ou à cause d’elles peut-être.

Le jury du Festival de Cannes en 1958 ne s’était pas trompé en attribuant à ce film son Grand Prix du court-métrage.

« La Seine a rencontré Paris »

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Les eaux de mon été -3/ Pianos mouillés

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Les eaux de mon été -3/ Pianos mouillés

« La musique de l’eau, est captée à la source même, si je puis dire au plus eau de l’eau, assurant le passage de l’onde liquide à l’onde sonore. »

Pierre Brunel

Claude Monet – Le bateau atelier – 1876

Et, depuis les hauteurs du clavier, l’eau perle, glisse, dégouline. Elle ruisselle au rythme facétieux de ses humeurs, s’amusant de sa propre fantaisie, simulant parfois gravité ou profondeur pour encore mieux surprendre. Elle joue à chatouiller le Dieu du fleuve, ainsi que le voulait Ravel.

Dans la tranquillité du soir, asservie aux extravagantes caresses des risées, la voici qui clapote et se trémousse dans les reflets polychromes de la moire dont Debussy la vêt.

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Les eaux de mon été -2/ Fontaine

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Les eaux de mon été -2/ Fontaine

« Moi, se dit le petit prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine... »

Saint-Exupéry – « Le Petit Prince » XXIII

Alisa Sadikova

Il faut bien moins de cinquante-trois minutes à cette princesse harpiste de grand talent pour nous éclabousser de son bonheur sur la margelle de sa fontaine !

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Les eaux de mon été -1/ Prologue

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Les eaux de mon été – 1/ Prologue

 

« Et nous avons fait de l’eau toute chose vivante. »

Coran (21-30)

Ah ! L’inégalable délice d’un verre d’eau fraîche quand l’herbe cuit sous le puissant soleil d’été ! L’exquise caresse d’une vague venue du bout de l’océan offrir à nos chevilles sa dernière seconde d’écume. La vivifiante grâce…

Souvenirs émus d’un voyage immobile avec quelques artistes, peintres, musiciens, cinéastes, danseurs et autres poètes, choisis entre tant d’autres si nombreux à avoir trempé leur sensibilité dans l’onde inspirante… 

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Ophélie /7 – « Un chant mystérieux tombe des astres d’or »

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Ophélie /7

« Un chant mystérieux tombe des astres d’or »

 

Oui, 7 !

Cela suppose pertinemment que six billets déjà ont été consacrés à la belle et tragique Ophélie. Six rendez-vous, sur les pages de « Perles d’Orphée » dans les derniers mois de l’année 2014, avec la femme et le mythe…

Admirablement associées dans un court mais riche voyage théâtral, la poésie et la musique de notre XXIème siècle adolescent exhortent Ophélie à d’insoupçonnables et inoubliables confidences.
Barbara Hannigan est Ophélie…

 

Barbara Hannigan – Ophélie – « Let me tell you »

Écoute, écoute passant inconsolable !

Depuis cette brumeuse berge,

subtil et adamantin,

c’est l’envoûtant chant d’un départ,

d’une fée la grâce ultime.

« Un chant mystérieux tombe des astres d’or. »

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Au pied du mur : la danseuse et le philosophe

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Au pied du mur : la danseuse et le philosophe

 

« […] il faut vous résigner à entendre quelques propositions que va, devant vous, risquer sur la Danse un homme qui ne danse pas. »

C’est par cet avertissement scrupuleux et prudent que, le 5 mars 1936, à l’Université des Annales, Paul Valéry introduisait la conférence qu’il s’apprêtait à donner, intitulée « Philosophie de la danse ».

Danseuse voilée de Myrina – terre cuite – 150-100 av J C – Louvre

Quelques extraits de ce texte pour accompagner deux magnifiques moments trop brefs que proposent pour illustrer si justement le propos, en noir et blanc et au pied du mur, deux superbes prisonnières…

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L’avènement

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L’avènement

« Toute œuvre qui nous donne le sentiment de la qualité artistique relie aussi au monde les profondeurs qu’elle exprime ; toute œuvre qui nous atteint par là témoigne d’une part victorieuse de l’homme, fût-il un homme fasciné. »

Citation d’André Malraux tirée de « La monnaie de l’absolu » pour introduire un très beau poème de Borges : « L’avènement  »

Bison – Peinture rupestre – Grotte ornée d’Altamira

J’étais, je suis toujours, l’homme de la tribu.
L’aube approchait. Couché dans mon coin de caverne
je luttais pour plonger aux sombres eaux du rêve.
Des spectres d’animaux traînant des dards brisés
ajoutaient…

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