« La dame du 6  » ou l’invention de la vie

Il y a des moments où il faut absolument laisser dormir sur leurs étagères poussiéreuses, dans la paix du savoir qu’ils n’ont pas su nous transmettre, tous les Confucius, les Socrate, Schopenhauer et autres Kant.

Il y a des moments d’exception où, loin des bibliothèques et des chaires, la philosophie s’exprime dans sa plus pure vérité, dignement vêtue du seul costume qui lui convienne, la modestie, à travers une simple fenêtre sur rue, depuis le vieil ivoire d’un piano droit d’où s’échappent quelques notes de Jean-Sébastien Bach. Si l’on prête l’oreille, on peut entendre une enfant du XXème siècle, âgée de 110 ans, à qui le grand Schnabel lui-même avait jadis dit qu’il ne pourrait rien lui apprendre de plus au piano, jouer du bout des doigts l’« invention à deux voix » en Fa majeur. Si l’on tend l’oreille, on reçoit la plus belle leçon de philosophie qui se puisse donner, celle qui apprend à garder le cœur grand ouvert.

Il y a des moments, courts instants d’éternité, où l’on comprend que la vie s’invente, s’invente, s’invente…

Il y a des moments où écouter aux fenêtres est un impérieux devoir, salutaire… peut-être…!

« I am full of joy »

Paroles prononcées par Alice Sommer, la plus vieille survivante de l’holocauste et personnage central de ce formidable reportage diffusé hier soir, mardi 5 mai 2015,  sur France 2, dans l’émission INFRAROUGE.

5 réflexions sur “« La dame du 6  » ou l’invention de la vie

    • Tout d’abord, et pour laisser la place à de sérieux référents sur le sujet, voici un lien INA vers une émission d' »Apostrophe » de Pivot datant de 1982, que je visionnerai sans doute bientôt : « Le mal, la séduction du mal, la beauté du mal » :
      http://www.ina.fr/video/CPB82055830

      Pour ma part, ma référence sur cette question reste, sans doute aucun, Baudelaire, avec qui je me sens si fraternellement lié.
      Il y a de la beauté dans le mal, et c’est précisément cette beauté que le poète s’évertue à extraire du mal dont elle est pour une grande part constituée. (« J’ai pétri de la boue et j’en ai fait de l’or »).

      « Tout enfant, j’ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires, l’horreur de la vie et l’extase de la vie.
      C’est bien le fait d’un paresseux nerveux. » (« Mon cœur mis à nu » – J’aimerais pouvoir écrire « Notre »)
      Le mal et la beauté sont indissociablement liés. Preuve que le monde n’est au fond qu’un oxymore.

  1. Merci pour cet immense cadeau Lélius. IMMENSE CADEAU.
    Tout est là.
    Tous les coachs personnels peuvent aller se rhabiller (j’y vais de ce pas).
    Tout est là de ce que j’appelle la Joie Sérieuse.
    J’en ferai quelque chose sur mon blog sans doute. L’écrire, ici, m’oblige. Et c’est tant mieux.
    Encore un Grand Merci, Cher Ami.

    • C’est vers cette dame, cher Claudio, que doivent aller, sans exception, tous nos remerciements, pour nous avoir offert, en acceptant de raconter son siècle à travers sa propre histoire, cette inestimable leçon de vie,
      Il me semble que rien ne saurait mieux exprimer notre gratitude à son égard que d’essayer chaque jour d’un peu lui ressembler.
      Pour chacun de nous sans doute la tâche sera rude, nous nous rappellerons alors, pour nous encourager, que le but c’est le chemin, n’est-ce pas ? (😉 proverbe de marathonien…😉 )

      Merci de votre amicale fidélité !

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