La nuit 3 – To night

To night

Swiftly walk over the western wave,
Spirit of Night !
Out of the misty eastern cave
Where, all the long and lone daylight,
Thou wovest dreams of joy and fear,
Which make thee terrible and dear, —
Swift be thy flight !

Wrap thy form in a mantle grey,
Star-inwrought !
Blind with thine hair the eyes of Day,
Kiss her until she be wearied out,
Then wander o’er city, and sea, and land,
Touching all with thine opiate wand —
Come, long-sought !

When I arose and saw the dawn,
I sighed for thee ;
When light rode high, and the dew was gone,
And noon lay heavy on flower and tree,
And the weary Day turned to his rest,
Lingering like an unloved guest,
I sighed for thee.

Thy brother Death came, and cried
`Wouldst thou me?’
Thy sweet child Sleep, the filmy-eyed,
Murmured like a noontide bee
`Shall I nestle near thy side ?
Wouldst thou me?’ — And I replied
`No, not thee !’

Death will come when thou art dead,
Soon, too soon —
Sleep will come when thou art fled ;
Of neither would I ask the boon
I ask of thee, beloved Night —
Swift be thine approaching flight,
Come soon, soon !

Percy B. Shelley

∫∫∫

À la nuit

Passe, impétueuse, sur la vague d’Occident,
Haleine de la nuit !
Hors de la brumeuse caverne d’Orient,
Où tout le long jour solitaire
Tu as tissé des rêves de joie et de peur
Qui te font terrible et chère ;
Qu’impétueux soit ton essor !

Recouvre tes formes d’un manteau cendreux,
Ouvragé d’étoiles,
Aveugle les yeux du jour avec tes cheveux,
Et baise-le jusqu’à ce qu’il soit recru,
Puis erre sur la terre et la mer et les rues,
Effleurant toute chose de ta baguette opiacée :
Viens, tant Désirée !

Lorsque me levant je vis l’aurore,
Je soupirai après toi.
Lorsque la lumière chevauche en gloire, que la rosée s’évapore
Et que midi s’appesantit sur la fleur et sur l’arbre,
Et que s’attardant comme un hôte mal-aimé,
Le jour fourbu s’en va reposer,
Après toi j’ai soupiré.

Ta sœur la Mort vint et me cria,
Me veux-tu moi ?
Ton tendre enfant, le Sommeil aux yeux voilés,
Murmura comme l’abeille à l’heure de midi.
– Viendrai-je me blottir à ton côté ?
Me veux-tu moi ? – Et je répondis,
Non, pas toi !

La Mort viendra, tu seras morte,
Tôt, trop tôt.
Le Sommeil viendra quand tu auras fui ;
À aucun ne sera demandée la faveur
Dont je te prie, Bien-Aimée, ô Nuit,
Que proche et prompte soit ta foulée ;
Viens tôt, bientôt !

Percy B. Shelley
(Traduction in « La planche de vivre » –  Poésie/Gallimard)

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