Traversons la mer rouge

Alors que je déjeunais hier avec quelques anciens camarades, l’évocation de certains souvenirs des temps actifs que nous partagions jadis et notre regard d’ancêtres sur le monde d’aujourd’hui, fit sauter à ma mémoire cette petite histoire qui nous a, et nous avait alors, beaucoup amusés. Je ne résiste pas au plaisir de la partager ici :

Voilà bien des années (une quarantaine, bon poids!), nous assistions à une conférence de Pierre Salinger, sur le thème de la communication.

Salinger-pierre-jfkPierre Salinger : journaliste américain et conseiller en communication, très engagé au sein du clan Kennedy, avant même l’élection de JFK à la présidence des États-Unis.

Il se proposait, ce jour-là, de montrer le pouvoir grandissant de la communication qui, disait-il alors, ne tarderait pas à devenir majeur et déterminant, compte tenu, entre autres, de la croissance exponentielle des technologies. – En ces temps là, un ordinateur de plusieurs tonnes, nécessitant pour fonctionner une salle « réfrigérée », spécialement aménagée, de plusieurs centaines de mètres carrés et une équipe d’ingénieurs pointus, développait mille fois moins de performances que le PC ou le Mac que nous posons négligemment sur le bras de notre canapé le temps de répondre à un SMS, l’œil rivé sur le lanceur de javelot polonais qui fracasse en direct le record olympique sur notre écran de télévision.

Selon la bonne habitude des conférenciers américains de commencer par dérider leur public, Salinger ouvrait son discours avec cette petite histoire drôle, représentant de façon caricaturale la thématique à venir :

Moise2

Le peuple juif, avec Moïse à sa tête,  fuit l’Égypte des pharaons qui le tient depuis longtemps en esclavage. Dans cette fuite précipitée, sans relâche, il avance vers les rives de la Mer Rouge. Mais les troupes que le pharaon a envoyées à sa poursuite se rapprochent et le danger d’être rejoint et massacré devient imminent. Danger d’autant plus grand que désormais la Mer Rouge, obstacle infranchissable, retient ce peuple sur ses rives. Pour échapper à la barbarie des soldats qui ne sont plus qu’à quelques jours de marche, il n’y a d’autre salut que de traverser les eaux.

Moïse est perplexe, soucieux, inquiet. Comment faire?

Il fait appeler son « Chef du Génie » et lui demande de construire sous bref délai un pont pour rejoindre l’autre rivage. La réponse est terrible : ni le temps, ni les moyens. Impossible!

Il fait alors appeler son « Amiral en chef », et lui demande de réaliser au plus vite un pont de bateaux entre les deux rives. Même impossibilité.

La situation est catastrophique.

Dans un dernier sursaut d’espoir, Moïse fait venir son « Attaché de presse » qui lui parle ainsi :

Moïse, place-toi face à la mer, fier et majestueux comme tu sais l’être, et ouvre largement ton bras gauche. Puis ouvre largement ton bras droit. Les eaux s’écarteront de chaque côté et formeront ainsi un couloir salvateur dans lequel tu pourras en toute sécurité engager ton peuple vers le rivage opposé.

Et tu penses que ça va marcher? demande Moïse.

Je ne sais pas, répond l’Attaché de presse, mais, si c’est le cas, je te garantis deux pleines pages dans l’Ancien Testament.

Moïse - mer rouge

2 réflexions sur “Traversons la mer rouge

    • Souvenirs qui sans doute forment notre richesse, mais qui éclairent aussi le long chemin parcouru…
      Quoi de plus normal, après tout?

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