Triste valse

Mon premier : Un film américain de 2002, signé Todd Haynes, « Far from heaven » (Loin du paradis), avec une formidable Julian Moore et un étonnant Dennis Quaid, très chaleureusement accueilli à l’époque, par la critique, les spectateurs et les jurys de nombreux festivals de cinéma :

Loin du paradis afficheDans l’Amérique provinciale des années 50 en prise avec son étroitesse d’esprit sur des sujets comme le racisme, le sexisme ou l’homosexualité, une épouse modèle de la meilleure société du Connecticut, Cathy Whitaker, ne se départit jamais de son sourire, quoi qu’il arrive. Même lorsque son couple exemplaire s’écroule, que ses amies lui tournent le dos, Cathy continue d’afficher son large sourire pour donner le change. Mais quand elle comprendra que l’amitié amoureuse qu’elle nourrit pour son jardinier noir, auprès de qui elle découvre une véritable humanité, la plonge dans la dure réalité qui l’entoure, Cathy devra inévitablement l’affronter. Douloureusement.

Dans la lignée des mélodrames de Douglas Sirk (« Tout ce que le ciel permet »), ce film, courageux de Todd Haynes, pose, avec sensibilité et subtilité, une critique acerbe de la mentalité américaine des « fifties », où l’hypocrisie ambiante conduit toujours plus à paraître qu’à être – tendance sans doute renforcée par le macchartysme  de l’époque.

Il donne à Julian Moore – blonde pour la circonstance – l’occasion d’exprimer une fois encore son immense sensibilité d’actrice qui aurait dû depuis longtemps contribuer à mettre entre ses mains l’Oscar qui les a tant de fois frôlées.

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Mon deuxième : Une chanson de Yasmine Levy, sortie en 2009, « Triste valse » :

Yasmin LevyChanteuse israélienne baignée de culture judéo-espagnole, Yasmin Lévy met la chaleur et la profondeur de son timbre vocal au service de mélodies chargées d’histoire et de soleil méditerranéens. La langue espagnole et la réelle qualité musicale des groupes qui l’accompagnent donnent aux ambiances proposées par son chant une densité palpable alimentée avec justesse par le choix d’instruments d’autres lieux et d’autres temps.

« Triste valse » c’est une lettre d’adieu écrite avec l’amertume que laissent vingt années d’une union factice, sans vérité. La lettre que l’on écrit quand, un jour, on comprend la vanité d’une jeunesse évaporée dans les nuages d’une illusion qu’on avait appelée « grand amour ».

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Mon tout : Une vidéo publiée en mai 2013 sur Youtube – et que je découvre à peine – dans laquelle Yasmine Levy chante « Triste valse » sur un montage, en filigrane noir et blanc, d’images de ce très beau film, « Loin du paradis » qui ne s’était pas du tout éloigné de ma mémoire.

Je ne sais si la chanson a été inspirée par le film, ni si leur association est le résultat d’une véritable production organisée, ou si l’on doit ce montage à un sensible et talentueux alchimiste amateur, comme la toile peut en proposer. Mais ce dont je suis sûr, c’est que la séquence est fort réussie et que cette composition est pleine d’une véritable émotion qui engage volontiers à remercier sincèrement tous ceux qui, de près ou de loin, ont permis qu’elle existe.

Une perle!

Es un triste vals
No es nada más
Lo que quedó de una gran historia de amor
Una canción en una grabación
Para que baile toda la gente
El fin de su amor…
C’est une triste valse
Rien de plus
Ce qui reste d’une grande histoire d’amour
Une chanson sur un enregistrement
Pour que chacun danse
La fin de son amour…

7 réflexions sur “Triste valse

  1. Comme je m’y attendais, un de mes amis m’a envoyé un mail, chargé de son humour caustique qui me fait toujours sourire, pour s’étonner qu’avec un titre pareil ce billet n’évoque pas la célèbre « Valse triste » de Sibélius.
    Alors, en réponse ouverte, la voici, mais dans une interprétation très originale, a cappella, par le groupe vocal Rajaton :

  2. Quel beau billet, une fois encore, qui nous transporte si loin, en cette valse triste ! Débranchant quelques instants d’une actu brûlante où un autre Valls triste se désespère de voir déferler une valse brune, je m’aère, Maître, entre vos lignes, et j’inonde mes oreilles de douceurs et de découvertes dont je vous soupçonne de détenir une richesse infinie 😉

    • Ami, je me réjouis de vous procurer un peu d’oxygène que vous aurez, à l’évidence, beaucoup de mal à trouver auprès des « chevaliers de la lune » qui rôdent dans votre sombre actualité.
      Toujours très généreux avec votre serviteur, vous lui attribuez des richesses auxquelles il ne peut prétendre. Ma richesse n’est jamais que celle des autres… et croyez qu’un tel aveu compte double quand c’est un misanthrope qui se confie.
      Merci de vos gentillesses.

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