Robe verte et chemise rouge

Dans quelques centaines d’années, quand les paléontologues et éthologues du troisième type regarderont ces vidéos pour essayer de comprendre les comportements des humains au cours des siècles qui les auront précédés, ils auront vite fait de déchiffrer les codes de la parade amoureuse des bipèdes mammifères qui peuplaient la terre entre le XVIIème et le XXème siècles.

Il ne leur échappera pas que la femelle amoureuse devait nécessairement porter une robe verte pour exprimer son désir et exhorter le mâle à la séduire. Ils comprendront également que, pour manifester ses sentiments, le mâle devait revêtir un pantalon noir et une chemise rouge avant d’entreprendre le chant de séduction.

Et, chercheurs éminents, ils déduiront de leurs fines observations que, la parade étant identique en Italie au XVIIème siècle et au Vénézuéla au XXème – les mélodies exceptées, compte tenu d’un lien étroit avec la géographie et la langue – cette procédure constituait, évidemment, un rituel préliminaire indispensable à toute formation du couple humain en ces époques… où, par bonheur, on vibrait encore de plaisir au son de la musique populaire.

Alors, puisque nous pouvons encore prétendre à ce bonheur…

courons mettre nos robes vertes et nos chemises rouges…!

« La carpinese » – Tarentelle italienne du XVIIème

(L’Arpeggiata de Christina Pluhar – Marco Beasley ténor)

Pigliate la paletta e vae pi’ ffoco
E va’ alla casa di lu ‘nnammurato
E passa duje ore ‘e juoco.
Si mamma se n’addona ‘e chiste juoco
Dille ca so’ state falelle de foco,
E vule di’ e llà, chello che vo’ la femmena fa!
Luce lu sole quanno è buono tiempo,
Luce lu pettu tujo, donna galante
Mpietto li tieni duje pugnali argiento.
A chi li tocchi bella, nci fa santo,
E ti li tocchi je ca so’ l’amante
E ‘mParaviso jamme certamente…
E vule di’ e llà, chello che vo’ la femmena fa!
Prends la pelle et ravive le feu,
va chez ton amoureux
passe deux heures dans les jeux.
Si ta mère se fâche pour ton jeu,
dis-lui que ton visage est rouge à cause du feu.
Dis-lui ce que tu veux,
toute femme fait ce qu’elle veut
Le soleil brille lorsqu’il fait beau,
tes seins resplendissent, femme galante,
ta poitrine abrite deux poignards en argent.
Celui qui les touche, ma belle, devient un saint.
Et je les touche, moi, qui suis l’amant.
Nous irons sans doute au Paradis.
Dis-lui ce que tu veux,
toute femme fait ce qu’elle veut

« El currucha » – Chant populaire vénézuélien composé par

Juan Bautista Plaza

J’aime, j’aime ma femme à peau noire
plus que les sandales que je porte aux pieds
J’aime, j’aime ma femme à peau noire
plus que la carafe quand la soif me prend
J’aime, j’aime ma femme à peau noire
plus que le hamac et ses rêves charmants
plus que mon fidèle alezan
et les mille trophées qu’il me fait gagner.

Lorsque ma femme danse le joropo
tous ses pas résonnent en moi
pointe et talon en cadence
rythme d’une interminable quirpa.
Ses hanches en mouvement
me font perdre la raison.
Ah ses hanches en cadence
me font perdre la raison.

Si dans les yeux je regarde ma femme noire
elle rougit plus qu’un paraguatà
dont la fleur illumine toute la forêt
et attire l’abeille qui fait miel.
Si quand elle danse je la frôle
grande chaleur vient à ma tête
elle est de feu, ma femme,
et son amour me brûle et me réduit en cendres.

Joropo = musique vénézuélienne
Quirpa = danse du Vénézuéla
Paraguatà = arbre rouge (sans doute un flamboyant)

5 réflexions sur “Robe verte et chemise rouge

  1. Puisque c’est ça, je m’en vais de ce pas revêtir ma chemise rouge en espérant que les robes vertes seront de sortie. La journée sera sensuelle !

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