Perle triste sur grand écran… Hommage à Denys de la Patellière

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C’est le même homme, à droite et à gauche, les années font toujours la différence sur les photos. Au dedans la passion défie le temps. Celle que Denys de la Patellière a nourri toute sa vie pour le cinéma est restée intacte jusqu’à ce 21 juillet dernier, où le mot FIN est apparu « pour de vrai » comme disent les enfants, une ultime fois et en surimpression sur le dernier regard d’une existence de cinéaste. Il avait 92 ans.

Il n’était ni Hitchcock, ni Kurosawa, mais ses films fleuraient bon la vie des gens et donnaient bien du plaisir à ceux de ces années là qui allaient au cinéma comme on va à la fête. Et si la « Nouvelle vague » l’a abreuvé de mille critiques, se plaignant du manque de corps de ses scenarii, l’artisan qu’il était a démontré son talent dans des films bien faits, où il savait utiliser avec rigueur sa solide expérience de technicien, et dont souvent il confiait les dialogues à un Michel Audiard du meilleur cru. Langue truculente et tellement belle!

Quel metteur en scène fallait-il être, de surcroit, pour diriger des « monstres sacrés » tels que les Gabin, Brasseur, Ventura et autres De Funès.

Cinéaste au sens de l’esthétisme fort développé, il savait s’entourer de talentueux directeurs de la photographie pour produire des plans de grande qualité et souvent, en extérieur, des images de très belle facture.

C’est à lui que l’on doit le célébrissime « Taxi pour Tobrouk ». Qui n’a pas vu ce film de 1960 qui réunit, perdus au cœur du désert Libyen, quelques militaires français (Lino Ventura, Maurice Biraud, Charles Aznavour) et leur prisonnier allemand (Hardy Krüger), cherchant à sauver leur peau en jouant à cache-cache avec les troupes de l’Afrikakorps du général Rommel?

Et tant d’autres films qui ont fait mon bonheur jadis, et qui le font encore…

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Pour se souvenir de Denys de la Patellière, et lui rendre ce modeste hommage, partagerons-nous ensemble quelques instants d’un cinéma d’hier où l’humain avait toute la place qu’il mérite et dont certains cinéastes d’aujourd’hui n’auraient jamais dû le priver?

O tempora, o mores!

Rue des prairies (1959)

Drame de l’amour filial dans lequel Henri Neveux revenant de deux années de captivité se retrouve veuf avec trois enfants dont un nouveau-né dont rien ne permet de penser qu’il est le père, mais qu’il considère comme son fils. Si le petit dernier a quelques soucis scolaires, les deux aînés mènent leur vie, loin du foyer, et espèrent bien oublier le temps de la rue des Prairies : Odette abandonne son emploi de vendeuse pour celui de cover-girl et fréquente un homme plus âgé qu’elle et marié; Louis est devenu cycliste professionnel.

Dans cet extrait, Henri traîne au bistro avec les potes. On cause vélo…

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Les grandes familles (1958)

Tiré du roman de Maurice Druon qui obtint le « Goncourt » en 1958, ce film retrace l’affrontement de deux cousins Noël Schoudler (Jean Gabin) dirigeant de manière autocratique un puissant empire économique et Lucien Maublanc (Pierre Brasseur) viveur oisif et débauché. L’opposition de deux univers de valeurs avec pour toile de fond les inévitables intrigues économico-politiques des grandes fortunes.

Dans cet extrait, après un délectable échange de « mots doux » avec le cousin Maublanc, Noël Schoudler rentre chez lui et surprend les propos désagréables à son égard, que tient son fils, brillant mais trop naïf pour l’univers qui lui est offert. Le vieux lion ne peut s’empêcher d’intervenir…

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Le tonnerre de dieu (1965)

Brassac, vieux bougon misanthrope qui vit depuis toujours avec sa compagne Marie, habite un beau manoir où il s’occupe de ses chevaux. Il se prend un jour d’affection paternelle pour une jeune prostituée qu’il décide de sortir de sa condition. Il convainc Marie de l’accepter au château. La jeune femme va s’éprendre du voisin dont elle sera enceinte, situation qui provoque chez elle une horrible crainte des colères de Brassac. Mais celui-ci se réjouira de son nouveau statut de… grand-père.

Dans cet extrait il accompagne sa protégée pour sa sortie définitive des griffes de son souteneur :

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